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JONES, THOMAS ROSENELL (Rosenelle), homme d’affaires et homme politique, né le 12 septembre 1825 à Saint-Jean, Nouveau-Brunswick, fils de John Jones et d’Eliza Rosenell ; décédé le 10 avril 1901 au même endroit.

Descendant de colons de la période préloyaliste et loyaliste, Thomas Rosenell Jones fit toutes ses études à Saint-Jean ; il les termina à l’âge de 13 ans à l’école commerciale tenue par Thomas Addison et son fils. Il eut un emploi de commis vers 1840, puis, au bout de quelques années, il alla à Fredericton, où, durant environ trois ans et demi, il participa à la gestion de la succursale de l’entreprise de bottes et chaussures de Stephen Kent Foster.

De retour dans sa ville natale en 1849, Jones ouvrit un magasin de détail où il vendait des vêtements et de l’ameublement. Moins de 20 ans après, il était l’un des principaux grossistes et manufacturiers de marchandises sèches de la région. Au début des années 1870, il transporta son entreprise de la rue King à la rue Canterbury. C’est là que Jones établit une manufacture de plus de 100 employés où l’on confectionnait des vêtements, surtout des chemises, « pour le marché rural » ; la production était écoulée dans l’ensemble des Maritimes. Dès la fin des années 1870, l’établissement de la T. R. Jones and Company était l’un des plus vastes de Saint-Jean. Jones participa aussi à plusieurs autres entreprises commerciales : par exemple, il fut vice-président de la Coldbrook Rolling Mills Company, devint propriétaire de navires et fit le commerce du bois. Il se retira du commerce des marchandises sèches en 1881 et se lança dans le courtage immobilier, les banques et le courtage de commerce.

Au début des années 1860, il était devenu évident qu’une restructuration majeure des réseaux de transport continental et transatlantique était imminente, et Jones avait compris que la prospérité future d’une ville dépendrait de son intégration à un réseau. À titre de conseiller municipal de Saint-Jean de 1860 à 1868, il appuya fermement les investissements de la municipalité dans le Western Extension, dont il était l’un des administrateurs. Dès 1871, ce chemin de fer desservait une bonne partie du côté ouest du front de mer.

De 1872 à 1877, en tant que membre du Bureau de commerce de Saint-Jean, Jones continua de faire valoir la nécessité d’intégrer la ville aux réseaux de transport. Il figura parmi ceux qui prônaient une plus grande autorité du milieu des affaires sur les installations de transport de Saint-Jean. En 1873 par exemple, il affirma qu’« on ne pourrait pas faire grand-chose, sinon rien du tout » en vue de l’aménagement du port tant que ce serait le conseil municipal qui l’administrerait. La ville avait particulièrement besoin d’un chemin de fer qui longerait le front de mer du côté est du port. Conscients que la municipalité ne pourrait pas assumer à elle seule un tel fardeau financier, Jones et les autres membres du bureau pressèrent le gouvernement fédéral de prolonger le chemin de fer Intercolonial. Dès la fin des années 1870, c’était chose faite. Les deux presqu’îles de Saint-Jean avaient désormais un chemin de fer, mais aucun pont ferroviaire ne les reliait. Or, il ne faisait aucun doute que, sans pont, les chemins de fer qui desservaient le port étaient inefficaces.

À l’automne de 1880, à l’occasion de la signature du contrat de construction du chemin de fer canadien du Pacifique, les hommes d’affaires de Saint-Jean s’intéressèrent au rôle que jouerait la ville dans le réseau national de transport. Encore une fois, ils soulignèrent que les chemins de fer n’étaient pas reliés. Au début de 1881, Jones se rendit à Ottawa afin d’obtenir des fonds pour construire une ligne. En mars, il figura parmi les fondateurs de la Saint John Bridge and Railway Extension Company, créée dans ce but, mais lui-même et ses collègues ne parvinrent pas à rassembler le capital nécessaire. Cependant, ils purent entreprendre les travaux grâce à un emprunt obtenu du gouvernement fédéral en 1883 avec l’aide de sir Samuel Leonard Tilley*, ministre des Finances et député de la ville de Saint-Jean aux Communes. En 1885, la ligne ferroviaire et le pont enjambant les chutes Reversing étaient achevés.

Jones convainquit aussi le gouvernement fédéral de verser des fonds ou des subventions pour effectuer dans le sud du Nouveau-Brunswick d’autres travaux d’aménagement du front de mer ou de construction ferroviaire, particulièrement, à la fin des années 1880, la construction de la « Short Line » reliant Montréal et Saint-Jean. Ses contemporains reconnaissaient qu’il avait été l’un des premiers dans la province à entrevoir les avantages qu’il y aurait à relier directement, par chemin de fer, les villes du centre du Canada et des Maritimes. Grâce à lui, Saint-Jean serait intégré au réseau national de transport dès l’aube du xxe siècle. Après sa mort, le Bureau de commerce déclara que c’était en partie grâce à lui que Saint-Jean était devenu le port hivernal du Canada.

Par ailleurs, Jones siégea au Conseil législatif du Nouveau-Brunswick de 1869 jusqu’à l’abolition de l’organisme en 1892 et fut président du Conseil exécutif de la province de février à juin 1871 dans le gouvernement de George Luther Hatheway*. Dans les années où il fut membre du Bureau de commerce, il le représenta trois fois à la Chambre de commerce de la Puissance. En outre, il était franc-maçon et appartenait à la St George’s Society.

Le 27 février 1851, Thomas Rosenell Jones avait épousé à Portland (Saint-Jean) Mary Jane Downey, fille de Charles Downey. Le couple eut six garçons et cinq filles. Indice sans doute révélateur du mouvement d’émigration que Saint-Jean connut à l’époque des enfants de Jones, seulement deux de ses fils firent carrière dans cette ville qu’il avait contribué à placer sur la carte du réseau canadien de transport.

Elizabeth W. McGahan

APNB, RS71, 1901, T. R. Jones.— St Luke’s Anglican Church (Saint-Jean, N.-B.), Reg. of marriages.— Daily Telegraph (Saint-Jean), 11 avril 1901.— Saint John Globe, 11 avril 1901.— St. John Daily Sun (Saint-Jean), 28 févr., 11, 16 avril 1901.— Biog. rev. of N.B. (Jack), 42.— Canadian album (Cochrane et Hopkins), 4 : 242.— Canadian biog. dict.— E. W. McGahan, « The port in the city : Saint John, N.B. (1887–1911), and the process of integration » (thèse de {{ph.d}}., Univ. of N.B., Fredericton, 1979), 762 ; The port of Saint John (1 vol. paru, Saint-Jean, 1982–  ).— G. W. Schuyler, Saint John, two hundred years proud (Burlington, Ontario, 1984), 203.— St. John and its business : a history of St. John (Saint-Jean, 1875), 64.

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Elizabeth W. McGahan, « JONES, THOMAS ROSENELL », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/jones_thomas_rosenell_13F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
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