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Titre original :  George Keefer

Provenance : Lien

KEEFER (Kieffer), GEORGE, fermier, ébéniste, arpenteur, officier de milice, juge de paix et homme d’affaires, né le 8 novembre 1773 près de Newton, New Jersey, fils de George Kieffer et de Mary Cooke (Contre, Conck) ; le 6 février 1797, il épousa Catherine Lampman, et ils eurent neuf enfants, puis le 8 juin 1815 Jane Emory, née McBride, et de ce mariage naquirent sept enfants, ensuite le 2 juin 1836 Mary Swaize, et finalement le 14 novembre 1839 Esther Magdalen Secord ; décédé le 27 juin 1858 à Thorold, Haut-Canada.

Le père de George Keefer arriva au New Jersey vers 1750, à l’âge de dix ans, avec son beau-père, Frederick Saveraine, et sa mère, Ann Waldruff (veuve de Samuel Kieffer, huguenot originaire d’Alsace). La famille s’installa près de Paulins Kill, dans le comté de Sussex, et après quelques années elle exploitait deux fermes et une distillerie, et elle était suffisamment à l’aise pour posséder une esclave qui s’occupait des soins domestiques. George Kieffer épousa Mary Cooke, et ils eurent quatre enfants (George, Jacob, Samuel et Mary) avant que la Révolution américaine n’intervienne tragiquement dans leur vie. Kieffer se joignit aux Queen’s Rangers pour combattre les rebelles et mourut de la fièvre des années (probablement le typhus) en 1783. Après la guerre, Mary Kieffer se remaria et demeura temporairement propriétaire des biens de la famille, mais, à la majorité de son fils aîné, George, celui-ci vit son héritage menacé d’être confisqué en raison du loyalisme de son père.

En 1790, George Keefer, son frère Jacob et plusieurs autres jeunes gens du comté de Sussex qui connaissaient les mêmes difficultés partirent pour le Canada à la recherche de terres sur lesquelles ils pourraient recommencer à neuf. Les Keefer en trouvèrent près de l’endroit où se trouve aujourd’hui la ville de Thorold ; ils commencèrent à défricher, et, en 1793, amenèrent leur famille et un petit troupeau de bétail par voie de terre jusqu’à leur ferme rudimentaire. La famille connut de nouveau la prospérité grâce à une généreuse concession de terre. En 1797, George épousa Catherine Lampman, qui avait émigré également du New Jersey, et les enfants naquirent au rythme d’environ un tous les 18 mois. En plus d’exploiter sa ferme, Keefer travailla comme ébéniste et fut nommé vers 1807 arpenteur provincial adjoint.

Keefer demeura un fervent loyaliste durant la guerre de 1812, se joignant, au début des hostilités, au 2e régiment de milice de Lincoln à titre d’enseigne. En 1813, sa maison fut réquisitionnée comme hôpital par les forces d’occupation américaines, et sa femme mourut de la fièvre des armées. Sa fille de 16 ans, Elizabeth, prit en charge les autres enfants, tout en assumant la tâche d’infirmière auprès des envahisseurs (l’un d’eux revint plus tard pour l’épouser). Keefer fut promu capitaine au début de 1814 ; sa compagnie fut en service le long de la frontière du Niagara tout l’été, prenant part en juillet à la bataille de Lundy’s Lane et, en octobre, à l’engagement de la rivière Chippewa (rivière Welland). Il conserva son grade de capitaine dans le 2e régiment de milice de Lincoln jusqu’au moment où il démissionna, en 1828, en raison de son âge avancé et de son manque d’intérêt.

Après la guerre, Keefer ouvrit un magasin, construisit un moulin à farine près du ruisseau Twelve Mile et épousa Jane Emory, veuve et mère de cinq enfants. L’avenir dut leur sembler prometteur, car ils eurent sept autres enfants. En 1817, Keefer, qui était devenu juge de paix en 1814, et 12 de ses voisins répondirent avec un vif plaisir au questionnaire de Robert Gourlay* sur l’état de la colonisation dans le canton de Thorold. La terre, selon leurs déclarations, pouvait produire de 15 à 30 boisseaux par acre d’excellent blé d’hiver ; les récoltes de fourrage, d’avoine, de sarrasin et d’orge étaient bonnes également. Ce canton prospère avait, d’après les réponses au questionnaire, une population de 830 habitants et possédait un moulin à farine, quatre scieries, un moulin à huile de lin et plusieurs boutiques et tavernes.

Keefer et John DeCow prodiguèrent à leur ami William Hamilton Merritt*, propriétaire d’un moulin, tous les encouragements possibles lorsqu’il proposa de stabiliser l’approvisionnement en eau du ruisseau Twelve Mile en le reliant à la rivière Chippewa, projet qui se transforma bientôt en celui, plus important, de construire un canal entre les lacs Érié et Ontario. À partir de 1818, Keefer, DeCow et Merritt firent les premiers levés de terrain, adressèrent une pétition à l’Assemblée du Haut-Canada pour obtenir qu’une société soit constituée légalement en compagnie chargée du creusage et de la gestion du canal, et organisèrent des réunions régionales afin de rallier la population à leur projet. Merritt avait besoin d’hommes comme Keefer, dont l’influence auprès des propriétaires des terres situées le long du tracé proposé pour le canal (Keefer possédait 30 acres des terres visées par ce projet) faciliterait les négociations pour le transfert des titres de propriété. Keefer acheta 25 actions dans la Welland Canal Company, qui obtint sa charte en janvier 1824 ; l’été suivant, après que le receveur général John Henry Dunn eut refusé le poste, il fut élu premier président de la société. Merritt se rendit bientôt compte cependant que, s’il voulait recueillir assez de capitaux au Canada et à l’étranger pour terminer le canal, il aurait besoin de quelqu’un jouissant d’un plus grand prestige que Keefer à la tête de la compagnie. On offrit à nouveau le poste à Dunn, mais celui-ci n’accepta pas immédiatement. La tâche d’adjuger les premiers contrats de construction et de présider la cérémonie du premier coup de bêche, le 30 novembre 1824, échut donc à Keefer. Toutefois, en raison de l’envergure de plus en plus grande du projet et de ses besoins financiers, la participation des notables locaux comme Keefer fut rapidement reléguée dans l’ombre. Remplacé par Dunn l’année suivante, Keefer fut relégué au second plan, jouant un rôle financier peu important pour venir en aide à Merritt et à Dunn et assistant régulièrement aux réunions du conseil d’administration qui se tenaient à travers le district de Niagara, mais rarement à celles qui eurent lieu à York (Toronto).

Keefer utilisa néanmoins à son profit la Welland Canal Company. Ayant obtenu de la compagnie une concession de terre gratuite en face de ce qui deviendrait l’écluse 34, il y construisit un moulin en 1827 et attendit que le canal soit terminé, profession de foi audacieuse qui fut pendant un certain temps l’objet de la risée des gens de l’endroit. Finalement, le canal fut construit, fournissant à la fin des travaux, en 1829, l’énergie hydraulique nécessaire pour faire fonctionner le moulin et servant également de voie de communication.

Keefer était un patriarche entreprenant, d’humeur égale et très respecté qui se consacra à la tâche redoutable de subvenir aux besoins d’une famille sans cesse grandissante. Son dernier enfant vint au monde lorsqu’il avait 52 ans, et il était âgé de 60 ans lorsqu’il perdit sa deuxième femme en 1833. Étant donné que plusieurs jeunes enfants demeuraient encore à la maison, il se remaria deux fois. En vieillissant, il eut la satisfaction de voir sa famille bien éduquée et solidement établie dans la société canadienne, soit comme ingénieurs, médecins, fonctionnaires ou avocats. Le canal Welland avait exercé un attrait puissant sur les fils de Keefer, et la construction, la réparation et la reconstruction du canal leur procurèrent des avantages exceptionnels, tant sur le plan de la formation technique que de l’emploi : trois de ses fils (George, Samuel* et Thomas Coltrin*) y apprirent ou y exercèrent leur métier d’ingénieur civil. Sous le patronage de Merritt, qui n’oublia jamais l’appui que Keefer lui avait donné au début, ils accédèrent à des postes éminents comme ingénieurs, profession qui commençait à prendre de l’importance au Canada. Un autre de ses fils, Jacob*, construisit l’un des plus gros moulins à farine du Canada sur le bord du canal à Thorold en 1845–1847.

Comme la plupart de ses contemporains, George Keefer dut supporter les contrecoups d’événements sur lesquels il n’avait pas de prise. La guerre fit de lui un réfugié et un soldat, elle détruisit son patrimoine et emporta son père, sa première femme et un de ses fils. Mais il prospéra en temps de paix, et sa famille devint florissante. Keefer et ses voisins habitant les bords du ruisseau Twelve Mile avaient eu de plus la perspicacité et la détermination, sinon les moyens, d’améliorer le monde autour d’eux grâce à un projet ambitieux, le canal Welland.

H. V. Nelles

AO, MS 74 ; MS 191.— APC, Coll. nationale des cartes et plans, H12/410-Welland Canal-1818 ; MG 24, E1 ; I33 ; K2, 15 : 291–293 (transcriptions) ; RG 9, I, B1, 3, 14 ; B7, 22, 25 ; RG 68, General index, 1651–1841 : 24.— Arthur papers (Sanderson), 3 : 32, 325.— « Grants of crown lands in U.C. », AO Report, 1929 : 88.— St. Catharines Journal (St Catharines, Ontario), 1er juill. 1858.— Chadwick, Ontarian families, 2 : 90–98.— Cyclopædia of Canadian biog. (Rose et Charlesworth), 1 : 226–228.— Morgan, Sketches of celebrated Canadians, 648–650.— H. G. J. Aitken, The Welland Canal Company : a study in Canadian enterprise (Cambridge, Mass., 1954).— The history of the county of Welland, Ontario [...] ([Welland], 1887 ; réimpr. avec introd. de John Burtniak, Belleville, Ontario, 1972), 361, 363, 531.— M. W. Keefer, George Keefer (London, Ontario, 1931).— Robert Keefer, Memoirs of the Keefer family (Norwood, Ontario, 1935).— T. C. Keefer, The old Welland Canal and the man who made it (Ottawa, 1911), 9.— T. C. Keefer, Philosophy of railroads and other essays, introd. de H. V. Nelles, édit. (Toronto et Buffalo, N.Y., 1972), vii–lxiii.

Bibliographie générale

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H. V. Nelles, « KEEFER, GEORGE », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 18 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/keefer_george_8F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
Date de consultation:   18 avril 2014