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KING, JAMES, officier de marine et explorateur, né en 1750 à Clitheroe, Lancashire, Angleterre, décédé à la fin d’octobre ou au début de novembre 1784 à Nice (France).

James King, second fils du vicaire de Clitheroe, s’engagea dans la marine royale en 1762. Il servit à la station de Terre-Neuve, sous les ordres du capitaine Hugh Palliser, et en Méditerranée ; il fut promu lieutenant en 1771. Ensuite, il étudia les sciences, d’abord à Paris en 1774 puis à Oxford. Nommé lieutenant en second sur le Resolution en 1776, il participa au dernier voyage de Cook dans l’océan Pacifique, étant spécialement chargé des observations astronomiques. Il prit le commandement du navire d’escorte Discovery, lorsque Charles Clerke mourut en août 1779, et il fut fait capitaine de vaisseau après le retour de l’expédition en Angleterre.

Au cours de ce périple, King rédigea un journal étonnamment complet et détaillé, dans lequel la narration des faits s’accompagne de réflexions personnelles. Source précieuse de renseignements parles observations précises qu’il contient en matière de navigation, d’astronomie, de météorologie, etc., le journal constitue également l’un des plus fidèles comptes rendus au jour le jour du fameux voyage de Cook et, notamment, des explorations de 1778 et 1779, alors que l’expédition chercha en vain le passage du Nord-Ouest en suivant le littoral des territoires qui sont devenus la Colombie-Britannique et l’Alaska et en empruntant le détroit de Béring. Ce document montre que King était mieux renseigné que tous ses collègues officiers, à l’exception de Cook lui-même, sur la géographie de la côte nord-ouest de l’Amérique du Nord, qui était l’objet de vives controverses, et sur les récits des explorations précédemment effectuées par les navigateurs russes. Il n’est donc pas surprenant qu’au retour de l’expédition, King (qui fut élu, fellow de la Royal Society de Londres en 1782) ait été chargé de rédiger le troisième volume du récit officiel de ce voyage – volume dont le style cependant se ressent beaucoup du travail complaisant de l’éditeur John Douglas. Dans cet ouvrage, on découvre l’inquiétude de King devant la précipitation avec laquelle Cook avait parcouru le littoral de la côte ouest, au nord de la baie de Nootka (Colombie-Britannique). Il proposa une autre expédition afin de « faire le tracé de la côte avec une grande précision depuis le 56° de latitude jusqu’au 50°, secteur dont [ils avaient] été éloignés par des vents contraires hors de vue de la terre » ; il ajoutait qu’il serait possible de couvrir les dépenses en faisant la traite des peaux de loutre marine avec les Indiens. En rapportant que les hommes de Cook avaient vendu des fourrures de cette sorte à Canton (République populaire de Chine), à un prix dépassant $100 l’unité pour celles de meilleure qualité, King confirma officiellement la rumeur voulant que le commerce des fourrures avec la Chine fût rentable et il aida sans doute à réunir les fonds nécessaires aux expéditions privées qui commençaient à se diriger vers la côte nord-ouest [V. James Hanna ; John Kendrick].

King ne vécut pas longtemps après la parution, en juin 1784, du volume intitulé A voyage to the Pacific ocean [...]. Après avoir été affecté aux Antilles, il servit dans la flotte de la Manche, puis il se rendit au sud de la France pour raison de santé à la fin de l’été de 1784 et mourut de la tuberculose à Nice. Personnage quelque peu insolite dans le monde des officiers de marine, King s’intéressait aux sciences et à la politique, et il était un ami de la famille d’Edmund Burke et de l’homme politique réformiste John Cartwright. Parmi les hommages que lui rendirent ses amis et ses collègues, le plus impressionnant fut peut-être celui de James Trevenen, l’un des officiers de Cook. Ayant rencontré William Wilberforce, homme politique et philanthrope britannique, en 1785, Trevenen se déclara « très frappé de la ressemblance [qui existait] entre celui-ci et le capitaine King (dont [il] révère le nom) », les deux hommes possédant selon lui « la même vivacité dans [les] manières, la même aisance dans [le] comportement, la même douceur, la même bienveillance et le même pouvoir de persuasion ».

Glyndwr Williams

Les journaux de James King pour 1776–1779 se trouvent au PRO, Adm. 55/116 ; 55/122 ; des extraits sont publiés dans Journals of Captain James Cook (Beaglehole), III : 549–569, 582–591, 603–632, 650–654, 659–678, 1 361–1 455. Le journal de King couvrant les années 1779–1780, « Journal of the proceedings of his may sloop Discovery from Kamchakta to Cape of Good Hope [...] », a été découvert récemment (1973) aux archives de Hydrographer of the Navy, Ministry of Defence (Taunton, Angl.), et coté OD279. Des lettres concernant les droits d’auteur de King sur le troisième volume de James Cook et James King, A voyage to the Pacific Ocean [...] (3 vol. et atlas, Londres, 1784), sont à la BL, Egerton mss 2 180. On peut trouver des informations supplémentaires dans The correspondence of Edmund Burke, T. W. Copeland et al., édit. (10 vol., Cambridge, Angl., et Chicago, 1958–1978), III ; V ; dans The Banks letters ; a calendar of the manuscript correspondence of Sir Joseph Banks [...], W. R. Dawson, édit. (Londres, 1958), 486s. ; et dans le DNB.  [g. w.]

Bibliographie générale

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Glyndwr Williams, « KING, JAMES (1750-1784) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 18 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/king_james_1750_1784_4F.html.

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Auteur de l'article:   Glyndwr Williams
Titre de l'article:   KING, JAMES (1750-1784)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   18 décembre 2014