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LEGARDEUR DE REPENTIGNY, LOUIS, officier dans les troupes de la Marine, né à Montréal le 5 août 1721, fils de Jean-Baptiste-René Legardeur de Repentigny et de Marie-Catherine Juchereau de Saint-Denis, décédé à Paris le 11 octobre 1786.

Louis Legardeur de Repentigny commença de servir dans l’armée à l’âge de 13 ans et reçut un brevet d’enseigne en second dans les troupes de la Marine en 1741. À ce titre, il demeura dans la région du fort Saint-Frédéric (près de Crown Point, New York) où on l’employa pour diverses tournées de reconnaissances et de découvertes sur la frontière. En 1745, il participa à l’expédition de Saratoga (Schuylerville, New York). Promu enseigne en pied en 1748, lieutenant en 1751 et capitaine en 1759, il prit part à presque toutes les campagnes qui se déroulèrent au Canada pendant cette période. Il servit principalement dans la région de Michillimakinac (Mackinaw City, Michigan), prenant le commandement du fort Saint-Joseph (Niles, Michigan) en 1750, puis du fort qu’il érigea sur sa seigneurie de Sault-Sainte-Marie en 1752, commandement qu’il conserva jusqu’en 1758 ou 1759. Entre-temps, Repentigny reçut des commissions particulières et servit en Acadie en 1746 et 1747 à la tête d’un détachement de 30 Canadiens [V. Jean-Baptiste-Nicolas-Roch de Ramezay] ; il participa, en 1757, à la bataille du fort George (appelé également fort William Henry, aujourd’hui Lake George, New York) et à celle de Carillon (Ticonderoga, New York) en 1758. L’année suivante, et pendant toute la campagne de Québec, il commanda la réserve de l’armée. Le 31 juillet, au passage de la rivière Montmorency, il repoussa un débarquement britannique commandé par le général Wolfe*. Il participa à la bataille des plaines d’Abraham puis se replia en direction de Pointe-aux-Trembles (Neuville), où il commandait en novembre 1759. Commandant les milices de la colonie, Repentigny se distingua à la bataille de Sainte-Foy, le 28 avril 1760. Avec sa troupe, il joua un rôle déterminant en arrêtant le centre ennemi et en le repoussant à deux reprises. « Cette brigade fut la seule, écrivit le gouverneur Vaudreuil [Rigaud], à qui l’ennemi ne fit pas perdre un pouce de terrain. »Il participa ensuite à la retraite vers Montréal ; puis, refusant la domination des Britanniques, il rentra en France après la capitulation. Il se dit ruiné car il avait laissé au Canada 278 000# en biens immobiliers. En 1762, à la tète d’un détachement de 200 hommes envoyé renforcer l’expédition du chevalier Charles-Henri-Louis d’Arsac de Ternay, Repentigny se mit en route pour Terre-Neuve mais il fut pris par le vaisseau britannique le Dragon. Cette même année, il fut créé chevalier de Saint-Louis.

Bien que Repentigny se soit plaint, comme tous les anciens officiers des troupes de la Marine, de se voir préférer ceux des troupes régulières, il continua de servir dans les forces coloniales. En 1769, il commanda à l’île de Ré le dépôt des recrues des colonies et fut promu lieutenant-colonel l’année suivante ; en 1773, à titre de colonel, il se chargea du commandement du régiment de l’Amérique et de celui de la Guadeloupe quatre ans plus tard, recevant de plus, contre son gré, la charge du régiment de la Martinique, en juin 1780. Repentigny fut nommé gouverneur du Sénégal en 1783 et chargé de reprendre possession de cette colonie, rendue à la France par le traité de Versailles, avec comme principale tâche la protection du commerce de la gomme. Des difficultés survenues avec des négociants amenèrent son rappel dès octobre 1785. Malade, il quitta l’île de Gorée le 24 avril 1786 sur la Bayonnaise et ne regagna la France que pour y mourir.

Repentigny, qui avait à son actif 16 campagnes, 12 combats et 2 sièges, fut diversement apprécié par ses chefs. En 1759, le chevalier de LÉvis loua ses talents et son zèle. Le comte de Genlis écrit, en 1774 : « sert le roi depuis 35 ans et adonné dans toutes les occasions des preuves de son zèle et de son exactitude ». À la Guadeloupe, en revanche, on lui reprocha de manquer de fermeté, de discernement et d’impartialité, et le bon du roi le nommant au Sénégal précise : « cet officier, peu propre au commandement d’un corps, a l’intégrité et le désintéressement en partage ».

Repentigny avait épousé à Québec, le 20 avril 1750, Marie-Madeleine, fille de Gaspard-Joseph Chaussegros* de Léry ; de ce mariage naquit au moins un fils, Louis-Gaspard, né à Québec le 10 juillet 1753, mort lieutenant de vaisseau et capitaine de port à la Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) le 2 juillet 1808.

Étienne Taillemite

AN, Col., C11A, 105, f.12 ; D2C, 7, f.152 ; 101, ff.153, 225 ; 204, f.2 ; 205, f.1 ; E, 72 (dossier Legardeur de Repentigny).— Coll. des manuscrits de Lévis (Casgrain), II : 257.— Æ. Fauteux, Les chevaliers de Saint-Louis, 191.— Le Jeune, Dictionnaire, II : 520.— Tanguay, Dictionnaire, V :293.— Léonce Jore, Un Canadien gouverneur du Sénégal, Louis Le Gardeur de Repentigny (1721–1786), RHAF, XV (1961–1962) : 64–89, 256–276, 396–418.— P.-G. Roy, La famille LeGardeur de Repentigny, BRH, LIII (1947) : 238.

Bibliographie générale

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Étienne Taillemite, « LEGARDEUR DE REPENTIGNY, LOUIS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/legardeur_de_repentigny_louis_4F.html.

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Auteur de l'article:   Étienne Taillemite
Titre de l'article:   LEGARDEUR DE REPENTIGNY, LOUIS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   1 septembre 2014