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LICHTENSTEIN, ELIZABETH (Johnston), auteure, née le 28 mai 1764 à Little Ogeechee, Géorgie, enfant unique de John G. Lightenstone et de Catherine Delegal ; le 21 novembre 1779, elle épousa à Savannah, Géorgie, William Martin Johnston, et ils eurent dix enfants, dont seulement trois survécurent à leur mère ; décédée le 24 septembre 1848 à Halifax.

Originaire de Kronstadt (URSS), le père d’Elizabeth Lichtenstein immigra en Géorgie au milieu du xviiie siècle et donna à son patronyme une forme anglaise, Lightenstone. Il servit le gouverneur sir James Wright à plusieurs titres et, durant la guerre d’Indépendance américaine, il fut guide et conseiller des Georgia Light Dragoons. Comme il était souvent absent de la maison, Elizabeth fut surtout élevée par sa mère et, après la mort de celle-ci, par une grand-tante ; toutes deux, semble-t-il, stimulèrent son intérêt pour la lecture et l’écriture. En 1776, son père s’embarqua pour la Nouvelle-Écosse, et Elizabeth, alors âgée de 12 ans, présenta au bureau des commissaires de Savannah une requête qu’avait rédigée son grand-père et dans laquelle elle réclamait la propriété des biens de son père, qui risquaient d’être confisqués en raison de ses activités loyalistes. Elle obtint gain de cause.

Elizabeth épousa en 1779 William Martin Johnston, capitaine dans les New York Volunteers, et s’installa avec lui à New York peu de temps après. Ils retournèrent par la suite à Savannah puis, au début de 1782, se rendirent à Charleston, en Caroline du Sud. Lorsqu’en décembre les Britanniques évacuèrent la ville, elle partit pour St Augustine, en Floride, avec ses enfants. Comme elle le nota plus tard, jamais elle ne fut en meilleure santé que durant ses 18 mois de séjour là-bas. Après la cession de la Floride à l’Espagne en 1784, toute la famille s’embarqua pour l’Écosse, où Johnston termina les études de médecine qu’il avait dû interrompre à cause de la guerre. En 1785, il commença à exercer à Kingston, en Jamaïque, où sa famille le rejoignit l’année suivante. Jusqu’en 1806, Elizabeth et les enfants retournèrent souvent en Grande-Bretagne pour des raisons de santé. Vers la fin de cette année-là, ils se rendirent en Nouvelle-Écosse où, à leur arrivée, ils apprirent que Johnston était mort d’hydropisie. Elizabeth dut rentrer en Jamaïque pour régler la succession de son mari, mais dès 1810 elle était de retour en Nouvelle-Écosse. Elle se fixa d’abord à Annapolis Royal, près de chez son père et de sa fille, Elizabeth Wildman, qui avait épousé Thomas Ritchie* en 1807. Par la suite, elle s’installa à Halifax.

Elizabeth mena une existence relativement calme en Nouvelle-Écosse. Même si elle faisait fréquemment la navette entre Halifax et Annapolis Royal pour visiter parents et amis, elle ne quitta la colonie qu’une seule fois, en 1824, pour aller se faire opérer de la cataracte en Angleterre. Douze ans plus tard, à l’âge de 72 ans, elle écrivit ses mémoires, en bonne partie à l’intention de ses petits-enfants. L’intérêt de Recollections of a Georgia loyalist tient à ce que l’auteure avait connu la vie errante des loyalistes et appartenait à une importante famille coloniale. Elle mourut à Halifax le 24 septembre 1848 et on l’inhuma au cimetière de Camp Hill.

Dans Recollections, Elizabeth Lichtenstein révèle une foi profonde, aux accents puritains. Elle était convaincue que tous les chagrins amers qu’elle avait connus étaient un châtiment pour ses péchés. Ses problèmes personnels et ceux de sa famille – la maladie surtout – occupent une grande place dans ses mémoires. Par contre, bien qu’elle fasse allusion aux épreuves que les loyalistes avaient subies à Savannah et cite l’hostilité dont son père fut victime comme exemple de « la violence qui marque les guerres civiles », elle s’intéresse peu à l’idéologie et aux événements militaires de la Révolution américaine. Apparemment, elle prenait pour acquis que la place des femmes était au foyer, et il est évident que, malgré son instruction et sa culture pour l’époque, sa maisonnée constituait le centre de sa vie.

Les enfants d’Elizabeth Lichtenstein s’allièrent par mariage à certaines des plus grandes familles de la Nouvelle-Écosse, dont les Ritchie, les Almon et les Pryor. Un de ses fils, James William Johnston*, devint chef du parti conservateur de la colonie et un autre, John, siégea à la chambre d’Assemblée.

Julie M. Morris et Wendy L. Thorpe

L’ouvrage d’Elizabeth Lichtenstein Johnston, Recollections of a Georgia loyalist, a été édité par Arthur Wentworth Hamilton Eaton* et publié à New York et à Londres en 1901.

Halifax County Court of Probate (Halifax), Estate papers, no 292 (Elizabeth Lichtenstein Johnston) (mfm aux PANS).— PRO, AO 12/4–5 ; 12/59 ; 12/99 ; 12/109 ; 12/125–128 (mfm aux APC) ;13, bundle 36 (mfm aux PANS).— Church Times (Halifax), 29 sept. 1848.— W. H. Siebert, « The legacy of the American revolution to the British West Indies and Bahamas [...] », Ohio State Univ., Bull. (Columbus), 17 (1913), no 27.

Bibliographie générale

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Julie M. Morris et Wendy L. Thorpe, « LICHTENSTEIN, ELIZABETH », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 28 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/lichtenstein_elizabeth_7F.html.

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Auteur de l'article:   Julie M. Morris et Wendy L. Thorpe
Titre de l'article:   LICHTENSTEIN, ELIZABETH
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1988
Année de la révision:   1988
Date de consultation:   28 juillet 2014