DCB/DBC Mobile beta
+

LOGAN, ALEXANDER, homme d’affaires, spéculateur foncier et homme politique, né le 5 novembre 1841 au fort Douglas (Winnipeg), fils de Robert Logan* et de Sarah Ingham, veuve ; en 1864, il épousa Maria Lane, et ils eurent huit enfants ; décédé le 23 juin 1894 à Winnipeg.

Tant en raison de sa naissance que de son mariage, Alexander Logan occupait une place privilégiée dans l’élite commerciale et sociale de Winnipeg. C’est sur des terrains qui appartenaient à son père, marchand et fonctionnaire en vue, que s’érigea le quartier des affaires de la ville naissante. Par son mariage, en 1864, Logan se lia avec les riches familles Bannatyne et McDermot [V. Andrew Graham Ballenden Bannatyne* ; Andrew McDermot*]. Alex ou « Sandy », comme on l’appelait aussi, avait fait ses études à la St John’s Collegiate School de Winnipeg. Il avait commencé à travailler à 16 ans sur la propriété et au magasin de son père ; à 24 ans, il héritait du domaine « princier » de son père, situé sur la pointe Douglas. Pendant le boom économique des années 1870 et 1880, il subdivisa le domaine et devint millionnaire grâce à la spéculation foncière.

La fortune et les intérêts immobiliers de Logan contribuèrent fortement à sa carrière dans la politique municipale. Il fit partie du conseil municipal de Winnipeg en qualité d’échevin de 1874 à 1878, puis de maire en 1879, 1880, 1882 et 1884. Ce fut l’une des périodes où la croissance de la ville fut le plus rapide, et parmi les projets qui allaient favoriser l’essor et la prospérité de Winnipeg, il n’y en eut guère auquel il ne participa point directement.

La question ferroviaire domina les six premières années de la carrière politique de Logan. Au début des années 1870, les Winnipegois s’inquiétaient de savoir quel trajet le chemin de fer transcontinental allait emprunter. Finalement, en avril 1879, le ministre fédéral des Travaux publics, Charles Tupper*, leur fit clairement comprendre que la ligne principale ne passerait pas par leur ville. Sans attendre, Logan passa à l’action. Dans le but d’éviter au gouvernement fédéral d’avoir à débourser pour la construction du pont Louise, sur la rivière Rouge, il fit adopter un règlement qui prévoyait la levée des fonds nécessaires. En outre, la municipalité s’engagea à verser une généreuse prime en espèces, à « exempt[er] pour toujours de la taxation » toutes les propriétés que le chemin de fer « posséd[ait] déjà ou posséd[erait] désormais » dans la ville et à donner un terrain pour la construction d’une gare de voyageurs. La décision finale, à savoir que la ligne principale du chemin de fer canadien du Pacifique passerait par Winnipeg, semblait garantir que la ville deviendrait la plaque tournante de l’activité commerciale du Nord-Ouest. À de rares exceptions près, les actes de Logan en 1879 et 1880 ne suscitèrent que des louanges de la part des citoyens. Il était au faîte de sa popularité.

Logan remporta sa troisième élection à la mairie en décembre 1881 sur la foi d’un programme de réforme municipale. Sa réputation d’« insurpassable promoteur » s’accrut beaucoup durant son mandat de 1882. Avec ses conseillers, il travailla à attirer des immigrants afin de faire de Winnipeg le « port du Nord-Ouest ». En partie grâce à la campagne municipale de publicité, et à celles des gouvernements fédéral et provincial, la ville connut une expansion spectaculaire : en 1882 seulement, la population passa de 9 000 à 14 000 habitants. Logan n’était pas à la mairie en 1883. S’il s’était retiré de la politique municipale à ce moment, sa réputation serait demeurée intacte. De 1881 au printemps de 1883, l’immobilier à Winnipeg connut une prospérité soudaine : de 1880 à 1882, l’évaluation municipale des terrains et immeubles passa de 4 millions de dollars à 30 millions. Puis, à la fin de cette période faste, un grand nombre des transactions immobilières de Logan tournèrent mal. Les citoyens comprirent que les dépenses engagées pour le chemin de fer du Pacifique et pour les « améliorations permanentes de la ville » échappaient à tout contrôle et, en mai 1883, un groupe appelé Property Owners’ Association se forma en vue de « protéger les citoyens contre les débours inutiles ou somptuaires en matières municipales ». En prévision des élections de 1884, l’association désigna une liste de candidats au conseil municipal et appuya la candidature de Logan à la mairie.

Logan remporta la victoire haut la main. Son premier geste, en janvier 1884, fut de nommer des « vérificateurs spéciaux » qui examineraient la situation financière de la ville. Prêt en juin, leur rapport critiquait les conseils antérieurs, dont celui de Logan, et le conseil de 1884. Logan offrit de se présenter à la mairie en 1885 mais la Property Owners’ Association refusa d’en faire son candidat. Son honnêteté n’était pas en cause, mais bien des membres de l’organisme doutaient de son jugement et de sa fermeté, remettaient en question ses talents d’administrateur et la confiance aveugle qu’il accordait aux autres ; tout ce qui, en somme, l’avait empêché de mettre un frein à la dette municipale.

Alexander Logan termina son quatrième mandat à la mairie en décembre 1884. Dès lors, il se contenta de gérer son domaine et de s’occuper de ses placements immobiliers. Il n’avait été ni un homme remarquable ni un maire exceptionnel. Son principal titre de gloire était sa popularité personnelle. Son ardeur de publiciste avait amené ses concitoyens à tirer une grande fierté du progrès de Winnipeg. C’est cet aspect de sa carrière qui mérite d’être retenu.

Alan F. J. Artibise et Henry Huber

PAM, MG 2, C23.— Begg et Nursey, Ten years in Winnipeg.— Winnipeg City Council, By-laws of the city of Winnipeg from the date of its incorporation in 1874 to the 8th May, 1899 [...] (Winnipeg, 1900).— Daily Free Press (Winnipeg), 1872–1894.— Winnipeg Daily Times, 1879–1885.— A. F. J. Artibise, Winnipeg : a social history of urban growth, 1874–1914 (Montréal et Londres, 1975).— R. R. Rostecki, « The growth of Winnipeg, 1870–1886 » (thèse de {{m.a}}., Univ. of Manitoba, Winnipeg, 1980).— W. T. Thompson, The city of Winnipeg, the capital of Manitoba and the commercial, railway & financial metropolis of the northwest : past and present development and future prospects (Winnipeg, 1886).— C. R. Tuttle, A history of the corporation of Winnipeg giving an account of the present civic crisis with some suggestions as to what course should now be adopted (Winnipeg, 1883).— A. F. [J.] Artibise, « Mayor Alexander Logan of Winnipeg », Beaver, outfit 304 (printemps 1974) : 4–12.

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Alan F. J. Artibise et Henry Huber, « LOGAN, ALEXANDER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/logan_alexander_12F.html.

Information à utiliser pour d'autres types de référence bibliographique

Permalien: http://www.biographi.ca/fr/bio/logan_alexander_12F.html
Auteur de l'article:   Alan F. J. Artibise et Henry Huber
Titre de l'article:   LOGAN, ALEXANDER
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   23 juillet 2014