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LYON DE SAINT-FERRÉOL, JEAN, prêtre, directeur du séminaire des Missions étrangères de Paris, supérieur du séminaire de Québec, curé de Québec et grand vicaire, né dans le diocèse de Sisteron, en France, en 1692, décédé en France après 1744.

Jean Lyon de Saint-Ferréol fit sa théologie au séminaire de Saint-Sulpice à Paris et, apparemment, y demeurait encore lorsqu’il s’agrégea au séminaire des Missions étrangères en 1726. Il fut aussitôt élu l’un des directeurs du séminaire de Paris et nommé supérieur du séminaire de Québec. Les directeurs des Missions étrangères sentirent tout de même qu’il y avait quelque risque à choisir un sujet que personne ne connaissait au Canada et qui ignorait tout des usages du pays. Aussi, pour rassurer leurs collègues de Québec, s’appliquèrent-ils, dans leur lettre du 31 mai 1726, à tracer un portrait des plus élogieux de M. de Saint-Ferréol. « Il est dans la force de l’âge, ayant trente-quatre ans, soulignaient-ils, d’un esprit mûr, né sage, de mœurs pures, d’une saine doctrine, docteur de Sorbonne, homme de condition, plein de piété et de détachement de toutes les choses du monde [...] Nous lui avons donné notre nomination en bonne forme et ce sera à vous de le présenter à Mgr votre évêque ; il y a tout sujet de croire que lui et vous en serez contents dans la suite. »

Contrairement à l’attente des directeurs de Paris, le supérieur fut fort mal accueilli lorsqu’il se présenta au séminaire de Québec le 28 août 1726. Il faut dire que depuis quelques années le clergé d’origine canadienne se plaignait, non sans raison, d’être systématiquement écarté des charges importantes, tant par Mgr de Saint-Vallier [La Croix*] que par les autorités métropolitaines [V. Jean-Baptiste Gaultier* de Varennes]. La nomination de l’abbé Lyon de Saint-Ferréol fut naturellement interprétée comme une nouvelle preuve de la politique discriminatoire dont les Canadiens étaient victimes. D’ailleurs, le nouveau supérieur commit quelques maladresses dont celle de se lier d’amitié avec l’abbé Clément Robert*, visiteur du séminaire de Saint-Sulpice, qui prônait ouvertement la fusion des séminaires de Québec et de Montréal. Il n’en fallut pas davantage pour qu’on accusât le supérieur de favoriser les projets des sulpiciens. Heureusement, cette crise fut de courte durée et Jean Lyon de Saint-Ferréol, à force de patience et de douceur, réussit à se faire accepter. Dès l’année suivante, le séminaire de Paris remarquait avec satisfaction que « les petits troubles » survenus à Québec étaient en voie de disparition. Les directeurs recommandaient cependant au supérieur et à ses assistants de « gouverner le Séminaire de Québec sur l’ancien pied, sans y rien changer quant à présent, ménageant toujours les ecclésiastiques canadiens et s’en servant autant qu’on le pourra ». En 1730 les mêmes officiers écrivaient que le bon ordre qu’ils voyaient régner au séminaire, l’application aux études et le renouvellement de la piété chez les séminaristes et les écoliers, « tout cela joint ensemble, disaient-ils, est un très grand sujet de consolation pour vous et pour nous ».

Pourtant les préventions contre M. de Saint-Ferréol n’étaient pas tout à fait disparues, notamment chez certains membres du chapitre. On le vit bien lorsque Mgr Dosquet*, qui d’ailleurs ne cachait pas ses préférences pour le clergé français, proposa en 1731 d’accorder au supérieur du séminaire la dignité de théologal. Les chanoines, en majorité des Canadiens, s’y opposèrent et l’évêque dut renoncer à son dessein. Cette malveillance tenace affligea sensiblement l’abbé de Saint-Ferréol, au point qu’il songea, un moment, à s’en aller comme simple missionnaire, quelque part en Acadie. Au reste, à lire les lettres que lui écrivait l’abbé Henri-Jean Tremblay, Lyon de Saint-Ferréol était un assez piètre administrateur. Les directeurs des Missions étrangères en arrivèrent donc à la conclusion qu’il valait mieux lui trouver un remplaçant. En 1734, quoique Mgr Dosquet l’eût choisi pour grand vicaire, ils le nommèrent à la cure de Québec et désignèrent François-Elzéar Vallier pour être supérieur du séminaire à sa place. M. de Saint-Ferréol parut d’abord se résigner à son sort ; mais au printemps suivant, il s’embarquait pour la France avec l’intention bien arrêtée de ne jamais plus remettre les pieds au Canada. Le 6 mai 1737, en effet, Jean Lyon de Saint-Ferréol, devenu chanoine trésorier du « Royal et Vénérable Chapitre Sainte-Marthe de Tarascon », adressait au séminaire sa démission de la cure de Québec. L’ancien supérieur vivait encore en 1744, à Aix-en-Provence, où il exerçait depuis 1739 les fonctions de grand vicaire. On ignore le lieu et la date de sa mort.

Noël Baillargeon

AAQ, 12 A, Registres d’insinuations B.— AN, Col., C11A, 53, f.371.— ASQ, Documents Faribault, 184 ; Lettres, M, 48ss ; Paroisse de Québec, 5, 6 ; Polygraphie, XXII : 46 ; Séminaire, V : 51 ; Séminaire, VIII : 7.— Gosselin, LÉglise du Canada jusquà la conquête, II, passim.

Bibliographie générale

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Noël Baillargeon, « LYON DE SAINT-FERRÉOL, JEAN », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/lyon_de_saint_ferreol_jean_3F.html.

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Auteur de l'article:   Noël Baillargeon
Titre de l'article:   LYON DE SAINT-FERRÉOL, JEAN
Titre de la publication:   FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 3
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   23 avril 2014