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MACDONELL (McDonald), GEORGE RICHARD JOHN, soldat, baptisé le 15 août 1780 à St John’s, Terre-Neuve, fils de John McDonald (Leek), qui commandait le fort Townshend à Terre-Neuve en 1780, décédé le 16 mai 1870 à Wardour Castle, Wiltshire, Angleterre.

George Richard John Macdonell, connu sous le nom de Red George Macdonell, reçut une commission d’enseigne dans le 55e régiment d’infanterie de l’armée britannique le 15 septembre 1796. Il fut promu lieutenant le 4 mai 1798, puis il passa au 8e régiment d’infanterie le 4 septembre 1805 où il remplit un poste de capitaine devenu vacant. Il se peut qu’il ait fait du service actif en Europe avant que ne commence sa carrière en Amérique du Nord en 1808 ; cette année-là, le 8e régiment fut stationné en Nouvelle-Écosse et ultérieurement dans les deux Canadas.

En décembre 1811, les colons du comté de Glengarry, venus au Canada en 1804 comme unité militaire réformée avec l’évêque Alexander Macdonell*, s’alarmèrent devant l’hostilité grandissante entre l’Angleterre et les États-Unis. Certains suggérèrent qu’on les reconstitue en unité de combat. Sir George Prevost* y consentit et choisit un membre de leur clan, Red George Macdonell, pour faire office d’agent de recrutement du nouveau régiment, le Glengarry Light Infantry Fencibles. On lui octroya le grade honoraire de major dans le nouveau corps de milice en février 1812, mais l’enrôlement fut si lent que l’ambitieux Macdonell n’obtint pas d’avancement avant le 8 février 1813.

En qualité de nouveau lieutenant-colonel, il prit ensuite le commandement du fort Wellington à Prescott et, le 22 février 1813, outrepassant l’ordre reçu de se livrer à une démonstration de force, il attaqua Ogdensburg, New York. Son assaut à travers les glaces avec une troupe composée de réguliers et de miliciens fut couronné de succès et mit un terme à l’occupation d’Ogdensburg par des troupes américaines pour la durée de la guerre. Son expédition contribua à maintenir la liaison entre le Bas et le Haut-Canada par le Saint-Laurent, mais n’empêcha pas les Américains de se livrer au harcèlement le long du Saint-Laurent comme le prétendra plus tard Macdonell.

Une fois remis des blessures subies à Ogdensburg, Macdonell prit le commandement du 1er bataillon d’infanterie légère à Kingston. Quand les forces américaines sous le commandement de Wade Hampton commencèrent à avancer en direction de Montréal, Prevost donna l’ordre à Macdonell et à ses miliciens de gagner le Bas-Canada. À la bataille de Châteauguay, le 26 octobre 1813, Macdonell, sous les ordres du lieutenant-colonel Charles d’Irumberry* de Salaberry, commanda adroitement les réservistes. Malgré des pertes peu élevées de part et d’autre, Hampton battit en retraite et refusa par la suite de prendre part aux attaques projetées contre Montréal. Cette victoire entrava donc le seul effort concerté susceptible de couper la voie de ravitaillement par le Saint-Laurent entre Montréal et le Haut-Canada et obligea les Américains à capituler.

Macdonell était bien conscient de la vulnérabilité du Saint-Laurent comme seule voie de ravitaillement et, en novembre 1814, à la fin de la guerre, il chercha une route de rechange le long de la rivière et des lacs Rideau. Le plan qu’il conçut, un canal avec barrages temporaires et charpentes de bois grossier, était bien différent des minutieux travaux de génie exécutés une décennie plus tard sous la direction du colonel John By*.

Le relevé hydrographique de la rivière et des lacs Rideau fut entrepris par Macdonell dans l’exercice de ses fonctions d’officier supérieur chargé d’inspecter la milice. Dès qu’il eut pris charge de ce nouveau poste, en juin 1814, Macdonell assuma aussi le commandement du district de Cornwall. Jusqu’à l’automne de 1815, il eut la responsabilité de l’entraînement et du commandement de la milice de Stormont et de Glengarry de même que de la protection du transport sur le Saint-Laurent dans cette région. Il quitta Cornwall pour le fort George (Niagara), York (Toronto) et Kingston où il fit l’inspection et l’entraînement de la milice jusqu’à ce qu’on lui accorde un congé, le 3 octobre 1816.

Macdonell retourna en Angleterre en 1816 et y épousa l’honorable Laura Arundel en 1820. Lorsque le 8e régiment fut appelé en service actif en 1821, Macdonell passa à un poste vacant en demi-solde dans le 79e régiment. Il ne semble pas avoir réussi à trouver une charge dont le prestige correspondît à ses aspirations ou qui fût digne de la position sociale de sa femme. Quoiqu’il fût créé compagnon de l’ordre du Bain en 1817 et qu’on lui décernât une médaille en reconnaissance de ses services à la bataille de Châteauguay, Macdonell n’en fut pas satisfait pour autant. Tout au long du demi-siècle qui suivit la guerre, Macdonell se considéra la victime d’une injustice ; il chercha à faire reconnaître ses états de service par le public et harcela le ministre de la Guerre de demandes de récompenses. Dans un article paru dans le Colburn’s United Service Magazine en 1848 et dont l’anonymat était à peine voilé, Macdonell prétendit que « l’empire transatlantique » de l’Angleterre avait été sauvé en 1813 grâce à « ses efforts personnels ». Il écrivit au comte Grey en 1850 qu’Ogdensburg « avait eu cent fois plus d’importance politique » que la victoire de Nelson à Trafalgar. De plus, il accusa le duc d’York et Allan McLean*, orateur (président) de l’Assemblée du Haut-Canada de 1812 à 1820, de lui avoir refusé une médaille pour sa conduite à Ogdensburg sous prétexte qu’il était de religion catholique.

L’idée des travaux de défense du canal Rideau « m’était venue à moi exclusivement, au début de 1813 », revendiqua Macdonell en 1817 ; il soutint que sir George Prévost lui avait promis une récompense de 2 000 guinées s’il pouvait démontrer le caractère pratique de son plan. Il ne reçut jamais la récompense promise parce que le ministère des Colonies prétendit en 1818 qu’il existait des plans militaires du canal antérieurs au sien. Le ministère des Colonies refusa également de reconnaître ses prétentions faiblement étayées selon lesquelles il aurait été à l’origine des tactiques victorieuses de sir Isaac Brock* dans ses campagnes au début de la guerre. Il est malheureux que cet officier énergique qui avait su se montrer si clairvoyant sur le champ de bataille ait par la suite perdu tout sens de la mesure.

Carol M. Whitfield

APC, RG 8, I (C series), Index entries to G. R. J. Macdonell.— PRO, CO 42/177, 42/180 ; WO 1/563, Macdonell to Grey, 8 avril–4 juin 1850 ; WO 17/1514–1515, 1519–1520.— Philalethes [G. R. J. Macdonell], The last war in Canada, Colburn’s United Service Magazine and Naval and Military Journal (Londres), 1848, 1re partie : 425–441.— G.-B., WO, Army list, 1795–1871.— J. M. Hitsman, Safeguarding Canada, 1763–1871 (Toronto, 1968).— George Raudzens, « Red George » Macdonell, military saviour of Upper Canada ? OH, LXII (1970) : 199–212.

Bibliographie générale

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Carol M. Whitfield, « MACDONELL, GEORGE RICHARD JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/macdonell_george_richard_john_9F.html.

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Titre de l'article:   MACDONELL, GEORGE RICHARD JOHN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   30 juillet 2014