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MacDONNELL, sir RICHARD GRAVES, administrateur colonial, né le 3 septembre 1814 à Dublin, fils aîné du révérend Richard MacDonnell, principal du Trinity College de Dublin, et de Jane Graves ; en 1847, il épousa Blanche Anne Skurray, de Brighton, Angleterre ; décédé le 5 février 1881 à Hyères, France, et inhumé dans le cimetière Kensal Green, à Londres.

Richard Graves MacDonnell reçut une éducation sévère au sein d’une famille irlandaise protestante et fréquenta le Trinity College où il obtint un baccalauréat ès arts en 1835, une maîtrise ès arts l’année suivante, un baccalauréat en droit en 1845 et un doctorat en droit en 1862. Inscrit au barreau irlandais en 1838 et admis au barreau anglais à Lincoln’s Inn en 1841, sa carrière d’avocat l’amena, au mois de juillet 1843, en qualité de juge en chef, dans la colonie de Gambie, en Afrique occidentale. En octobre 1847, il devint gouverneur des colonies britanniques situées sur le fleuve Gambie où il se livra à sa passion pour l’exploration et où il organisa des campagnes de répression contre les tribus autochtones rebelles. Transféré aux Antilles en 1852, à titre de lieutenant-gouverneur de l’île Sainte-Lucie, il fut plutôt envoyé, en janvier 1853, comme administrateur à l’île Saint-Vincent où il se heurta pour la première fois à l’esprit de clocher farouche d’une assemblée coloniale. Avec la réputation d’être direct et intolérant, il devint gouverneur de l’Australie-Méridionale en juin 1855, à une époque où l’on agitait la question d’une nouvelle constitution qui donnerait à la colonie un gouvernement local autonome. Ne demandant qu’à dire sa façon de penser, il rédigea ses propres propositions constitutionnelles et déclara que les Australiens du Sud n’étaient pas prêts à recevoir le gouvernement responsable, conviction que n’ébranla pas l’expérience ultérieure du fonctionnement de ce type de gouvernement dans la colonie. Il se lança dans un débat public sur des questions religieuses et défendit une politique personnelle en préconisant la fédération en Australie, même après que le gouverneur eut censément renoncé à ce droit constitutionnel. Cela lui valut deux ans de loisir forcé en Grande-Bretagne, sir Dominick Daly* lui succédant en mars 1862.

Ni le mépris sardonique de MacDonnell pour la dégénérescence des hommes politiques coloniaux, ni sa détermination obstinée d’exercer de véritables pouvoirs de gouverneur ne s’étaient atténués quand il reçut une nomination de lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse en mai 1864, sur la recommandation de son prédécesseur, le comte de Mulgrave [Phipps]. Bien qu’il ait été envoyé pour encourager l’union des colonies Maritimes, projet qu’il approuvait chaleureusement comme remède au provincialisme mesquin, MacDonnell arriva à une époque où le gouvernement de la province du Canada proposait une fédération plus étendue. Il critiqua le partage des pouvoirs proposé entre les autorités fédérale et provinciales, le maintien des gouvernements provinciaux enclins à la corruption et la dévalorisation du poste de lieutenant-gouverneur. À la conférence de Québec, en octobre 1864, il déclara carrément à John Alexander Macdonald* : « Vous ne ferez pas un maire de moi, je puis vous l’affirmer. » Puisqu’il jugeait franchement les propositions canadiennes prématurées et mal conçues, MacDonnell se trouva devant un certain dilemme quand le ministère des Colonies décida par la suite d’approuver la confédération. Cependant son embarras fut de courte durée parce qu’il utilisa un moyen détourné pour empêcher l’hostilité des habitants de la Nouvelle-Écosse à la confédération de compromettre la nouvelle politique impériale. Avant comme après les élections de 1865 au Nouveau-Brunswick, où fut élue une majorité de députés adversaires de la confédération, il voulut renvoyer à plus tard l’appel aux électeurs de la Nouvelle-Écosse et le vote sur la confédération à la législature, car le résultat de ces deux scrutins aurait sûrement été défavorable à la confédération. Délibérément, il usa d’un expédient ; au printemps de 1865, il proposa au premier ministre Charles Tupper* que le gouvernement présentât à l’Assemblée une pieuse résolution en faveur de l’union des Maritimes, qui permettrait à la population de s’exprimer sans que cela ne tirât à conséquence. Malgré les explications du lieutenant-gouverneur, le raisonnement sous-tendant ce renouveau inattendu du projet d’union des Maritimes, désormais abandonné, fut mal interprété à Londres, et la confiance de la métropole envers son représentant, inévitablement ébranlée. La position de MacDonnell était devenue manifestement intenable, et il prédit que l’appui du gouvernement britannique à la confédération précipiterait son « départ de ce malheureux « cul-de-sac » dans lequel [il] s’était fourré ». À son grand soulagement, le ministère des Colonies le promut gouverneur de Hong Kong en octobre 1865.

Dans ce climat plus sympathique, MacDonnell trouva un conseil accommodant qui lui laissa la liberté d’entreprendre un programme ambitieux de réformes administratives et sociales jusqu’à ce que sa mauvaise santé le forçât, en 1872, à se retirer de la fonction publique. Sa nomination à titre de compagnon de l’ordre du Bain parut dans un journal officiel en 1852 ; il en fut fait chevalier en 1856. On le créa chevalier commandeur de l’ordre de Saint-Michel et Saint-Georges en 1871.

Administrateur de carrière possédant des talents médiocres dissimulés par une habileté innée, MacDonnell avait les défauts de ses qualités : à son énergie tenace et à sa confiance en soi naturelle correspondaient son arrogance dédaigneuse et son ton aigre. Son successeur immédiat au poste de lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse, sir William Fenwick Williams, le qualifia de « gouverneur McPotato » et sir Charles Hastings Doyle, commandant des forces britanniques en Amérique du Nord, déclara qu’il était « au fond un charlatan ». Dénigré par d’autres contemporains comme un snob de classe moyenne, MacDonnell, avec son tempérament de proconsul, convenait mieux aux colonies de la couronne qu’aux établissements autonomes mûrs où l’on attendait de lui qu’il s’inclinât passivement même devant ces hommes politiques dont il méprisait la petitesse d’esprit et les tractations malhonnêtes.

Peter Burroughs

Les lettres et adresses de Richard Graves MacDonnell ont été publiées dans deux ouvrages : Thomas Binney et al., The church of the future, as depicted in the Adelaide correspondence, examined and estimated [...] (Hobart Town et Launceston, Tasmanie, [1859]), et [Augustus Short] et al., Christian union : if not, why not ? As discussed by the lord bishop of Adelaide, his excellency the governor, the Rev. T. Binney and others (Londres, 1859). MacDonnell publia également « Australia » dans Lectures delivered before the Dublin Young Men’s Christian Association, in connexion with the United Churches of England and Ireland, during the year 1863 (Dublin, 1864), 329–396, et « Our relations with the Ashantees » dans Royal Colonial Institute, Proc. (Londres), 5 (1873–1874) : 71–102.

PANS, RG 1, 108–109 ; RG 2, sect. 2, 3–5.— PRO, CO 217/234–237.— UNBL, MG H 12a.— F. E. O. [Cole] Monck, My Canadian leaves, an account of a visit to Canada in 1864–1865 (Londres, 1891).— Solicitors’ Journal and Reporter (Londres), 25 (1880–1881) : 300.— Illustrated London News, 5 mars 1881.— Times (Londres), 8 févr. 1881.— ADB.— DNB.— Notman et Taylor, Portraits of British Americans, I : 197–216.— J. K. Chapman, The career of Arthur Hamilton Gordon, first Lord Stanmore, 1829–1912 (Toronto, 1964).— Creighton, Road to confederation.— G. B. Endacott, A history of Hong Kong (Londres, 1958).— W. M. Whitelaw, The Maritimes and Canada before confederation (Toronto, 1934 ; réimpr., 1966).

Bibliographie générale

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Peter Burroughs, « MacDONNELL, sir RICHARD GRAVES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/macdonnell_richard_graves_11F.html.

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Auteur de l'article:   Peter Burroughs
Titre de l'article:   MacDONNELL, sir RICHARD GRAVES
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   24 juillet 2014