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MacGREGOR, JAMES GORDON, professeur, né le 31 mars 1852 à Halifax, fils du révérend Peter Gordon MacGregor et de Caroline McColl, et petit-fils du révérend James Drummond MacGregor* ; en 1888, il épousa Marion Miller Taylor, d’Édimbourg, et ils eurent un fils et une fille ; décédé le 21 mai 1913 à Édimbourg.

James Gordon MacGregor fit ses études à Halifax, d’abord à la Free Church Academy, puis à la Dalhousie University, où il obtint une licence ès arts en 1871 et une maîtrise ès arts en 1874. La même année, grâce à une bourse, il s’incrivit à la University of Edinburgh. Il se spécialisa en philosophie naturelle (physique) dans cette université, puis à Leipzig, en Allemagne, et à la University of London, où il obtint un doctorat ès sciences en 1876. De retour à Dalhousie en 1877, il y devint maître de conférences en physique, puis, en 1879, à l’âge de 27 ans, titulaire de la chaire George Munro.

MacGregor était brillant, énergique, nerveux, impatient. Il ne souffrait guère la niaiserie. Aux réunions du conseil universitaire, lorsqu’un collègue se butait à un règlement, il lui disait avec un sourire : « Consultez l’annuaire [de l’université]. » Le travail était son élément. Malgré une faiblesse cardiaque dont il souffrait depuis sa jeunesse, il se dépensait sans compter, en classe et en laboratoire. Il ne prenait pas facilement des congés. Il en prit un, pourtant, pour aller escalader le mont Washington, dans le New Hampshire, avec le professeur William John Alexander. La plus grande part de son énergie débordante allait à sa science et à ses étudiants.

MacGregor était un chercheur-né, doué d’un esprit singulièrement alerte. Son laboratoire était mal équipé, mais, grâce à des appareils fabriqués pour la plupart sur place, il produisit une cinquantaine de communications, surtout sur la cinématique et la dynamique. Il obtint ainsi le titre de membre fondateur de la Société royale du Canada et de membre de la Royal Society of London. D’après lui, la physique était, après la littérature, la matière la plus essentielle à la formation générale, car elle plaçait l’étudiant devant les fondements de la science. Dans les années 1880, il réussit à faire élargir et assouplir le vieux programme de Dalhousie, où dominaient les humanités et les mathématiques.

Ayant bien assez souvent fabriqué son propre équipement de laboratoire, MacGregor déclarait que l’échec était la meilleure école de la réussite. Peut-être est-ce cette difficulté d’avoir un laboratoire bien équipé qui l’amena tôt à conclure que le seul moyen, pour la Nouvelle-Écosse, de placer ses jeunes gens et jeunes femmes sur un pied d’égalité avec ceux de McGill et de Toronto était de rassembler en une seule université bien pourvue plusieurs collèges qui, selon lui, étaient faibles et pauvrement dotés. Il fut à l’avant-garde de toutes les initiatives dans ce sens, pressant le King’s College de se joindre à la Dalhousie University en 1884 et en 1885, et exprimant son enthousiasme devant un effort semblable en 1901. Il passait ses étés au laboratoire du professeur Peter Guthrie Tait, à la University of Edinburgh.

En 1901, MacGregor succéda à Tait à la chaire de philosophie naturelle d’Édimbourg. Il n’avait pu résister à cette offre : le salaire était meilleur, l’équipement était bon et on lui garantissait une pension. Par la suite, il précisa que c’était l’absence de pension à Dalhousie, lacune corrigée en 1906, qui l’avait convaincu de partir. En effet, il était attaché à ses collègues de Dalhousie et les quitta à contrecœur. En septembre 1901, de Londres, avant de monter à Édimbourg, il écrivit au professeur Archibald McKellar MacMechan* : « Il y a des choses qu’on ne se dit pas face à face entre hommes. Mais maintenant que[?] l’océan nous sépare, j’éprouve le besoin de vous dire combien je regrette que cet engagement à Édimbourg nous sépare et combien notre amitié a compté pour moi durant les années que nous avons passées ensemble [...] Ne vous laissez pas décourager par les pessimistes. Il y aura certainement des jours meilleurs. »

MacGregor avait la mentalité d’un radical : il détestait les règles presque par principe. La frime et les fariboles – y compris la discipline étriquée des universités – le hérissaient. À Dalhousie, lorsque des écarts de conduite étaient portés à l’attention du conseil universitaire, il prenait souvent le parti des étudiants. Selon lui, il fallait leur donner du champ pour qu’ils puissent « faire les fous », quitte à leur faire payer les pots cassés. Les manières turbulentes des étudiants d’Édimbourg mettaient sa sympathie à rude épreuve.

À Édimbourg, il eut du mal à faire accepter le principe selon lequel tous les étudiants de physique devaient faire du laboratoire. Ce n’était pas encore la norme en Écosse. MacGregor, lui, jugeait cette expérience essentielle. Il s’attela à la tâche, et obtint l’autorité et les fonds nécessaires. Rien ne fut facile. Le laboratoire, lorsqu’il fut enfin prêt, pouvait recevoir 40 étudiants, et il y avait 250 candidats.

Ce qui manquait à MacGregor là-bas, c’était la liberté et la souplesse qu’il avait connues à Dalhousie. En 1904, lorsqu’un de ses anciens étudiants, Arthur Stanley Mackenzie*, las d’enseigner la physique au Bryn Mawr College en Pennsylvanie, envisagea de retourner à Dalhousie, où on lui offrait un poste, MacGregor lui écrivit avec une pointe d’envie : « J’ai souvent la nostalgie de [Dalhousie] – liberté totale d’organiser ses cours, de faire des améliorations, de concevoir de nouveaux projets – de vieux amis à fréquenter, un bon groupe d’étudiants, etc. [...] Jusqu’à maintenant [ici], la routine a mangé tout mon temps et j’entrevois peu d’améliorations sauf si le nouveau laboratoire me permet d’avoir un autre assistant, ce qui est improbable [...] Dalhousie me manque pour cette raison et d’autres aussi [...] Et puis, après tout, nous n’avons qu’une vie à vivre, et il importe que les relations quotidiennes soient marquées par l’harmonie et non par les contrariétés. » Évoluer sur une grande scène, laissait entendre MacGregor, n’est pas toujours plus agréable qu’évoluer sur une petite.

Au matin du 21 mai 1913, James Gordon MacGregor eut un malaise pendant qu’il était en train de s’habiller. Il appela son fils, mais mourut presque immédiatement. Il avait 61 ans.

P. B. Waite

Les publications de James Gordon MacGregor comprennent An elementary treatise on kinematics and dynamics (Londres et New York, 1887) et de nombreux autres rapports scientifiques, répertoriés pour la plupart dans Science and technology biblio. (Richardson et MacDonald).

On n’a pas encore découvert de papiers MacGregor, mais il existe de la correspondance de lui dans les papiers A. McK. MacMechan et A. S. Mackenzie aux Dalhousie Univ. Arch. (Halifax). On trouve des notices nécrologiques sur MacGregor dans le Scotsman d’Édimbourg et dans le Daily Echo, le Halifax Herald et le Morning Chronicle de Halifax, en date du 22 et du 23 mai 1913.

Dalhousie Univ. Arch., A. McK. MacMechan papers, boîte 3, MacGregor à MacMechan, 9 sept. 1901 ; A. S. Mackenzie papers, boîte 1, MacGregor à Mackenzie, 3 août 1904.— Dalhousie Gazette (Halifax), sept. 1912, sept. 1913.— Canadian men and women of the time (Morgan ; 1898 et 1912).— Standard dict. of Canadian biog. (Roberts et Tunnell).— Wallace, Macmillan dict.

Bibliographie générale

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P. B. Waite, « MacGREGOR, JAMES GORDON », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/macgregor_james_gordon_14F.html.

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Auteur de l'article:   P. B. Waite
Titre de l'article:   MacGREGOR, JAMES GORDON
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   24 octobre 2014