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MAKHEABICHTICHIOU (Makhatewebichtichi), parfois présenté en tant que chef montagnais, probablement né dans les environs de Trois-Rivières, mort en 1640 ou 1641.

Le père Paul Le Jeune mentionne Makheabichtichiou en 1637. Une fille, Agathe Khisipikiouam fut baptisée à la mission de Saint-Joseph (Sillery) d’après le registre des baptêmes des années 1638–1641, et le père Le, Jeune signale la mort de son fils aîné dans la Relation de 1640–1641.

Makheabichtichiou, raconte-t-on, était fort et brave, bon guerrier à la langue bien pendue. Sans être capitaine ou chef de sa tribu, on le tenait d’habitude pour chef de sa bande. En conséquence, il remplissait souvent les fonctions de capitaine ou chef, ce qui lui valut officieusement ce titre. Au cours de l’année 1637, ayant établi un camp près de Québec, il chercha à s’attirer le bon vouloir du gouverneur Huault de Montmagny en faisant valoir ses relations avec les missionnaires jésuites. De fait, avant de quitter Trois-Rivières, il avait sollicité du père Jacques Buteux une lettre pour le père Le Jeune demandant de l’admettre à la résidence des Jésuites à Québec.

Makheabichtichiou réalisa son désir. Le gouverneur lui souhaita une chaleureuse bienvenue, mais lui fit comprendre que seuls les Indiens instruits dans la foi chrétienne pouvaient compter sur une étroite amitié. Makheabichtichiou manifesta par la suite un intérêt plus qu’ordinaire envers la doctrine chrétienne. Il fréquentait la résidence des Jésuites même le-soir afin, disait-il, de ne pas gêner les nombreux Français qui, le jour, allaient consulter les missionnaires. Au cours de 1637, Makheabichtichiou eut de nombreux entretiens avec le père Le Jeune au sujet du christianisme. Il prêchait parfois à ses compatriotes indiens, mais il lui arrivait de manifester de la colère à l’égard du père Le Jeune. La Relation de 1637–1638, due au père Le Jeune, fait entendre que Makheabichtichiou avait maintes fois protesté de sa croyance dans le christianisme, mais qu’il ne pouvait se résigner à abandonner la polygamie. Makheabichtichiou était mal vu des Indiens de Sillery. Aussi alla-t-il s’installer avec ses deux femmes sur le territoire des Abénaquis. Là, durant l’hiver de 1640–1641, il mourut de mort violente, vraisemblablement tué par un Indien en état d’ivresse appartenant à cette tribu qui vivait « près de la mer ».

Thomas Grassmann

JR(Thwaites), XI :149–165, 167–183, 225 ; XIV : 133, 265 ; XX : 209–211, 309, note 10 ; XXI : 10, 67, 69.

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Thomas Grassmann, « MAKHEABICHTICHIOU », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/makheabichtichiou_1F.html.

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Auteur de l'article:   Thomas Grassmann
Titre de l'article:   MAKHEABICHTICHIOU
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   1966
Date de consultation:   2 septembre 2014