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McDONELL, TERESA, dite Sainte-Thérèse, sœur de la charité, née le 9 février 1833 ou 1835 à St Andrews, Haut-Canada, fille d’Angus McDonell et de Margaret McDonald, d’origine écossaise ; décédée le 4 novembre 1917 à Saint-Boniface, Manitoba.

La mère de Teresa McDonell meurt en lui donnant naissance et c’est une tante qui prend soin de l’enfant jusqu’à l’âge de sa première communion. Teresa est alors placée chez les Sœurs de la charité de Bytown (Ottawa). Ses études secondaires terminées, la jeune fille confie à son père son grand désir de devenir religieuse. Déçu dans les rêves qu’il caressait pour elle, Angus McDonell s’écrie dans un mouvement de colère : « tu ne me reverras plus ». Il ne devait jamais revenir sur sa parole. Malgré la profonde blessure causée par cet être qu’elle chérit, Teresa demeure fidèle à l’appel de sa vocation. Le 31 janvier 1851, elle fait son entrée chez les Sœurs de la charité de Bytown et prononce ses vœux perpétuels le 19 mars 1853 ; elle s’appellera désormais sœur Sainte-Thérèse.

Deux ans plus tard, la supérieure de la communauté, Élisabeth Bruyère*, accepte de venir en aide aux sœurs grises qui sont établies à la Rivière-Rouge (Manitoba) depuis 1844 [V. Marie-Louise Valade*]. La mission a besoin de renforts et mère Bruyère offre, « à titre de prêt pour trois ans », deux de ses religieuses, dont sœur Sainte-Thérèse. Cette dernière arrive à Saint-Boniface au mois d’octobre 1855. Préposée à la pharmacie, elle enseigne aussi dans les classes qui ont été mises sur pied. Sa grande bonté et ses capacités remarquables dans le soin des malades, comme dans le domaine de l’éducation, lui gagnent les cœurs. Après les heures d’enseignement, elle parcourt, souvent à pied, les vastes prairies pour apporter soulagement et réconfort. Les habitants de la région lui vouent une confiance illimitée, d’autant plus qu’elle démontre des connaissances exceptionnelles en médecine. On l’appelle communément « la bonne mère des pauvres, la guérisseuse du Bon Dieu ».

Toutefois, les trois ans « de prêt » sont vite écoulés et la communauté d’Ottawa réclame le retour de sœur Sainte-Thérèse et de sa compagne. En dépit des protestations de plusieurs habitants de la colonie, le convoi qui ramène sœur Sainte-Thérèse se met en branle le 29 août 1859. Au matin de la deuxième journée de voyage, la caravane est subitement cernée par un groupe de Métis et d’autochtones, dirigé par Louis Riel* père. Selon l’annaliste de la communauté, on enjoint sœur Sainte-Thérèse « de monter dans la voiture où se trouve mademoiselle Céleste Lagimodière qui revient à Saint-Boniface avec la prisonnière ». Cet incident inattendu contraint les supérieures à céder malgré elles ; la « sœur docteur » ne quittera plus la Rivière-Rouge. Elle restera toujours attachée à la famille Riel, notamment à Louis* fils, qui verra en elle « un ange de dévotion et de charité ».

Sœur Sainte-Thérèse enseigne à Saint-Vital, Saint-Norbert et Saint-François-Xavier. En 1869, elle devient l’une des fondatrices de l’académie Sainte-Marie, destinée aux jeunes catholiques de langue anglaise d’Upper Fort Garry (Winnipeg). Souvent, elle cumule les rôles d’institutrice et de supérieure. Ainsi, de 1872 à 1877 et de 1888 à 1893, elle est supérieure du couvent de Saint-Norbert puis, de 1882 à 1888 et de 1897 à 1900, de celui de Saint-François-Xavier ; elle est aussi supérieure du couvent de Saint-Vital à quelques reprises.

Toujours active dans le domaine de la santé, cette infirmière-née met sur pied, en 1871, un hôpital temporaire dans le haut du lavoir des religieuses et de leurs protégés, embryon du futur Hôpital Général de Saint-Boniface, le premier hôpital catholique de l’Ouest. Dès la première année, ces locaux accueillent quelque 170 malades. En 1877, les sœurs grises, conscientes de l’exiguïté des lieux, font l’acquisition d’une maison de 30 pieds sur 25, où les patients sont transportés. Sœur Sainte-Thérèse sera administratrice de cet établissement jusqu’en 1880.

À deux reprises, sœur Sainte-Thérèse contracte un grave érysipèle en soignant ses malades. Confinée à l’infirmerie durant les 16 dernières années de sa vie, elle conserve sa gaieté habituelle et son esprit de service. Après s’être dévouée dans la même région durant 62 ans, elle meurt à Saint-Boniface le 4 novembre 1917.

Geneviève Rocan

Arch. des Sœurs de la Charité d’Ottawa, Chroniques de la maison mère, s.c.o., 1.— Arch. des Sœurs grises (Saint-Boniface, Manitoba), Annales, 16 : 21–32 ; Chroniques de la maison vicariale de Saint-Boniface, I–IX ; Dossier de Teresa McDonell.— Marie Bonin, « The Grey Nuns and the Red River settlement », Manitoba Hist. (Winnipeg), n° 11 (printemps 1986) : 12–14.— Estelle Mitchell, les Sœurs grises de Montréal à la Rivière-Rouge, 1844–1984 (Montréal, 1987).— Élisabeth de Moissac, « le Soin des malades à la Rivière-Rouge et le Premier Hôpital de Saint-Boniface », les Cloches de Saint-Boniface » 70 (1971) : 82–87, 140–148.— Louis Riel, les Écrits complets de Louis Riel, G. F. G. Stanley, édit. (5 vol., Edmonton, 1985).

Bibliographie générale

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Geneviève Rocan, « McDONELL, TERESA, Sainte-Thérèse », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 16 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mcdonell_teresa_14F.html.

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Auteur de l'article:   Geneviève Rocan
Titre de l'article:   McDONELL, TERESA, Sainte-Thérèse
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   16 septembre 2014