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McKAY, WILLIAM, trafiquant de fourrures, officier de milice et fonctionnaire, né en 1772, probablement dans la vallée de la Mohawk, New York, fils de Donald McKay et d’Elspeth (Elspy) Kennedy ; décédé le 18 août 1832 à Montréal et inhumé au cimetière du Mont-Royal.

Le père de William McKay combattit comme sous-officier à Québec en 1759 et reçut une concession foncière dans la vallée de la Mohawk après la guerre de Sept Ans. La famille McKay était loyaliste et elle finit par s’installer dans ce qui allait devenir le comté de Glengarry, dans le Haut-Canada. Vers 1790, McKay entra au service de la North West Company et ce fut probablement vers cette époque que son frère Alexander* y entra lui aussi. William fit d’abord la traite des fourrures le long de la rivière Menominee, dans le haut de la vallée du Mississippi, puis à Portage-la-Prairie (Manitoba) et dans la région du lac Winnipeg. La compagnie reconnut ses compétences en l’accueillant au nombre de ses associés en 1796. Au cours des 11 années qui suivirent, McKay acquit une solide connaissance des terres, des nations indiennes et des voies de transport du Nord-Ouest. Lorsqu’il prit sa retraite en 1807, il occupait une place importante parmi les associés de la compagnie et, la même année, il fut admis au prestigieux Beaver Club de Montréal.

Pendant qu’il vivait dans le Nord-Ouest, McKay avait épousé à la façon du pays Josette Latour, mais elle demeura probablement dans cette région lorsqu’il se retira puisqu’elle épousa par la suite, toujours à la façon du pays, John Haldane*, trafiquant de la North West Company. Quant à McKay, il se maria le 15 octobre 1808, à Montréal, avec Eliza Davidson, fille de feu Arthur Davidson*, juge distingué de la ville. Le couple eut deux fils, dont un mourut en bas âge.

Lorsque la guerre de 1812 éclata, McKay fut, selon ses propres termes, « l’un des premiers hommes au Canada à se porter à sa défense ». À la fin de juin, il franchit en huit jours seulement la distance qui séparait Montréal de l’île St Joseph (Ontario) pour transmettre des instructions secrètes du major général Isaac Brock* au capitaine Charles Roberts*, commandant du poste britannique de l’île. Ces instructions autorisaient Roberts à décider de lui-même s’il fallait attaquer les Américains de Michillimakinac (Mackinac Island, Michigan), qui ignoraient encore que la guerre avait été déclarée. Ce fut en partie grâce à la rapidité et à la discrétion avec laquelle McKay avait accompli sa mission que les Britanniques et les Indiens purent prendre la garnison par surprise et la forcer à se rendre [V. Robert Dickson]. De retour à Montréal, McKay se joignit au Corps of Canadian Voyageurs et, en novembre 1812, il combattit à Lacolle. Au printemps de 1813, il fut nommé capitaine dans le 5e bataillon de la milice d’élite incorporée du Bas-Canada.

Aux yeux de McKay et d’autres trafiquants de fourrures établis à Montréal, il était essentiel de préserver l’hégémonie britannique dans le Nord-Ouest. La guerre de 1812 représentait pour eux une occasion d’agrandir leur territoire de traite ou d’y renforcer leur position, surtout dans le haut Mississippi, et d’éliminer ainsi la concurrence américaine. Aussi McKay mit-il à profit sa connaissance et son expérience du transport dans le Nord-Ouest pour acheminer du matériel et des vivres aux garnisons britanniques et aux « alliés indiens de Sa Majesté ».

Dès le début du printemps de 1814, en raison de son dévouement et de sa détermination, McKay avait été nommé à la tête des Michigan Fencibles, unité provinciale levée à Michillimakinac le printemps précédent et composée principalement de « Canadiens au service des trafiquants ». Selon le lieutenant-colonel Robert McDouall*, commandant du poste, cette affectation était judicieuse car McKay était « très populaire auprès [des Michigan Fencibles] et de tous les Canadiens ». En avril, McKay reçut le grade honoraire de major. Dans les derniers jours de juin, McDouall apprit que les Américains occupaient le poste stratégique de Prairie du Chien (Wisconsin), ce qui menaçait la supériorité militaire des Britanniques et les intérêts des trafiquants de fourrures canadiens dans le Nord-Ouest. Promu lieutenant-colonel à l’échelon local et appuyé par un groupe bien résolu, formé de Michigan Fencibles, de voyageurs et de quelque 136 Indiens, McKay fut donc chargé d’aller reprendre Prairie du Chien.

En chemin, à la baie des Puants (baie Green), McKay rallia des miliciens locaux ainsi que d’autres voyageurs et Indiens. Lorsqu’il arriva à destination, il avait sous ses ordres 650 hommes : « Cent vingt, notait-il, étaient des Michigan Fencibles, des volontaires canadiens et des fonctionnaires du département des Affaires indiennes, les autres, des Indiens qui se révélèrent parfaitement inutiles. » Après avoir passé deux jours à préparer un siège, McKay fit rougir des boulets afin de mettre le feu au fort. Se voyant menacés d’une attaque sérieuse, les Américains capitulèrent. La victoire du 19 juillet (la reddition officielle eut lieu le lendemain) transporta McKay de joie ; le fort fut rebaptisé en son honneur. Les 21 et 22 juillet, les Indiens qu’il venait à peine de dénigrer remportèrent une écrasante victoire contre une colonne américaine de renfort, aux rapides de la rivière Rock. McKay émit l’avis que c’était « peut-être l’un des plus brillants combats livrés par des Indiens seuls depuis le début de la guerre ». Ces deux victoires, conjuguées à celle des Britanniques qui défendirent avec succès Michillimakinac en août, rétablirent la supériorité britannique dans le Nord-Ouest et la maintinrent jusqu’à la fin du printemps de 1815.

Dès l’automne de 1814, McKay avait recommencé à mener de Montréal à Michillimakinac des canots de provisions et de présents pour les Indiens. Le 25 décembre, il fut nommé surintendant adjoint et agent du département des Affaires indiennes à Michillimakinac. Au printemps de 1815, l’annonce officielle de la conclusion de la paix entre la Grande-Bretagne et les États-Unis parvint dans le Nord-Ouest. Comme le traité de Gand exigeait « la restauration mutuelle de tous les forts », les victoires remportées dans la région par les Britanniques, les Canadiens et les Indiens n’avaient plus guère de sens. À titre de surintendant adjoint, McKay eut la douloureuse tâche d’aviser les tribus indiennes d’entretenir des relations harmonieuses avec les Américains. Durant les années 1817 et 1818, il tint une série de conseils avec les Indiens au nouveau poste britannique de l’île Drummond (Michigan) et tenta d’appliquer la politique impériale d’après-guerre, qui consistait à faire passer les « alliés indiens de Sa Majesté » du rang de guerriers à celui de pupilles. On avait commencé à mettre sur pied des réserves dans le Haut et le Bas-Canada, et McKay, qui travailla à l’île Drummond comme surintendant des Affaires indiennes de 1820 à 1828, veilla directement aux premières étapes du développement de cet ensemble de territoires réservés aux Indiens. Demeuré sentimentalement attaché aux Michigan Fencibles, il tenta périodiquement d’obtenir des concessions foncières pour eux après leur licenciement.

William McKay fut nommé surintendant des Affaires indiennes du district de Montréal en 1830 et le demeura jusqu’à ce qu’il meure du choléra à Montréal pendant l’épidémie de 1832. Tout au long de son existence, et surtout durant la guerre de 1812, il se dépensa avec enthousiasme pour la défense du gouvernement britannique comme pour la protection et le maintien de la prospérité du Canada.

Robert S. Allen

AO, MS 74, package 5, nos 6, 16.— APC, MG 19, F29 ; MG 30, D1, 21 : 143–152 ; RG 8, I (C sér.), 685 ; 1171.— Musée McCord, William McKay papers ; War of 1812, Folder 10, military service of William McKay.— Docs. relating to NWC (Wallace).— Select British docs. of War of 1812 (Wood).Officers of British forces in Canada (Irving).— R. Campbell, Hist. of Scotch Presbyterian Church.— A. R. Gilpin, The War of 1812 in the old northwest (Toronto et East Lansing, Mich., 1958).— Elizabeth Vincent, Fort St. Joseph (Canada, Direction des parcs et lieux hist. nationaux, Travail inédit, no 335, Ottawa, 1978).— Allen, « British Indian Dept. », Lieux hist. canadiens, no 14 ; « Canadians on the upper Mississippi : the capture and occupation of Prairie du Chien during the War of 1812 », Military Collector & Historian (Washington), 31 (1979) : 118–123.— Douglas Brymner, « Capture of Fort M’Kay, Prairie du Chien, in 1814 », Wis., State Hist. Soc., Coll., 11 (1888) : 254–270.— B. L. Dunnigan, « The Michigan Fencibles », Mich. Hist. (Lansing), 57 (1973) : 277–295.

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Robert S. Allen, « McKAY, WILLIAM », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 18 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mckay_william_6F.html.

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Auteur de l'article:   Robert S. Allen
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   18 décembre 2014