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McLEOD, JOHN M., trafiquant de fourrures et explorateur, né en 1795 dans la paroisse de Lochs, île de Lewis, Écosse, fils de Kenneth MacLeod, serviteur ; circa 1816–1842.

John M. McLeod arriva à Montréal en mars 1816 pour remplir un engagement de six ans au service de la North West Company. D’abord commis dans un poste situé sur les bords du fleuve Churchill, il fut probablement celui qui en juin 1821 accueillit George Simpson*, gouverneur de la Hudson’s Bay Company, aux rapides Grand (Manitoba) et lui apprit la fusion de leurs deux compagnies. Après avoir joint les rangs de la Hudson’s Bay Company, McLeod devint commis à Île-à-la-Crosse (Saskatchewan). Dans les documents de l’entreprise, on l’appelle souvent « John McLeod junior », pour le distinguer du chef de poste John McLeod. Muté en 1822 dans le district de l’Athabasca, il accompagna Simpson, à l’automne, d’York Factory (Manitoba) jusqu’au fort Chipewyan (Fort Chipewyan, Alberta). Le gouverneur jugea qu’il était un « jeune homme convenable ». Il ajouta par contre : « [ce n’est] pas un type aussi brillant que je le croyais ; il est irréfléchi et a besoin d’être tenu à distance, ce qui est fait ». À peine étaient-ils parvenus au fort Chipewyan, à la fin de décembre, que Simpson dut contre toute attente se résoudre à l’affecter au district du fleuve Mackenzie, où on avait besoin de ses services. En janvier, il le recommanda au chef de poste Alexander Roderick McLeod : « [voilà un] jeune homme plein de promesses [...] et je serai bien surpris s’il ne se révèle pas une acquisition précieuse pour votre personnel ».

Arrivé dans le district en mars 1823, McLeod allait y demeurer 12 ans et se montrer excellent dans les « voyages de découverte ». Selon les instructions de Simpson, le personnel du district devait étendre son territoire de traite vers l’ouest et entrer en contact avec les tribus indiennes pour stopper la fourniture de pelleteries aux Russes dans le nord de la côte du Pacifique. Durant les étés de 1823 et de 1824, McLeod explora neuf chaînes de montagnes adjacentes à la rivière Nahanni-du-Sud (Territoires du Nord-Ouest). Il rencontra les Nahanis et convint d’un rendez-vous avec eux ; on le louangea pour les « efforts infatigables » qu’il avait consacrés à cette initiative. Jusqu’en 1832 il travailla surtout au fort Simpson ; souvent seul à le gérer, il avait l’entière confiance de l’agent principal Edward Smith, qui s’absentait souvent. À l’été de 1831, il partit chercher la source de l’embranchement ouest de la rivière aux Liards (rivière Dease, Colombie-Britannique), repérer un emplacement possible pour un poste et reconnaître la source de tout cours d’eau qui descendait jusqu’à la côte. Durant cette expédition, qui fut couronnée de succès, il parcourut environ 500 milles et fit la connaissance de cinq tribus indiennes.

Au cours du même été, Simpson décida de muter McLeod aux postes du roi, dans le département de Montréal, en raison de ses « solides habitudes en affaires et [de sa] conduite correcte ». McLeod obéit à contrecœur et partit avec le convoi printanier de 1832. Simpson le décrivit alors en ces termes dans son fameux « Character book » : « homme actif, de bonne conduite et assez instruit. Parle cri, comprend un peu le chipewyan, est un excellent trafiquant et a récemment été affecté à des explorations ardues. » Edward Smith et Alexander Roderick McLeod intercédèrent en sa faveur et convainquirent Simpson de le renvoyer « là où pour le moment il [pouvait] être plus utile que partout ailleurs ».

De retour dans le district du fleuve Mackenzie à l’été de 1833, McLeod reçut la mission de réinstaller le fort Halkett à un nouvel endroit (près de la rivière Coal, Colombie-Britannique), sur l’affluent ouest de la rivière aux Liards. En 1834, année où il devint chef de poste, ‘il entreprit à partir de là une expédition plus difficile : il remonta l’affluent ouest jusqu’au lac Dease, un trajet de 311 milles en « territoire jusque-là inconnu ». Du lac Dease, il se rendit au fleuve Stikine ; il trouva là des preuves que les Indiens de la côte s’adonnaient à la traite. Cependant, Simpson avait résolu de mettre fin à l’exploration de cette région parce qu’elle était trop onéreuse et trop lente. Il ordonna de plus de réduire l’effectif du district. Posté à Rivière-au-Liard (Fort Liard, Territoires du Nord-Ouest) en 1835, McLeod ne s’attendait pas à être muté, mais en juin il partit pour le district de la Colombie.

En 1836, John McLoughlin*, agent principal au fort Vancouver (Vancouver, Washington), désigna McLeod pour mener une expédition de traite vers le sud-ouest, dans la région de la rivière Snake, et lui confia la délicate mission d’y rencontrer des trafiquants américains afin de leur vendre des approvisionnements de la Hudson’s Bay Company. Ceux-ci l’accueillirent « froidement », mais McLeod atteignit « tous les objectifs » que McLoughlin avait en tête, particulièrement le maintien de l’emprise de la Hudson’s Bay Company sur la traite ; on l’envoya donc au rendez-vous des Américains, près de la rivière Green (Wyoming), en 1837. L’année suivante, il s’embarqua sur le Cadboro, schooner de la Hudson’s Bay Company, pour aller à la recherche des trappeurs de la compagnie qui s’étaient perdus près de la vallée du Sacramento (Californie) ; aidé par des Russes à la baie Bodega ainsi que par des fonctionnaires mexicains, il finit par les retrouver. À la baie Bodega, il s’entretint officieusement avec le directeur général de la Russian American Company, Ivan Antonovitch Kupreianov, des affaires de leurs deux entreprises.

John M. McLeod ne détenait pas de poste permanent dans le district de la Colombie et partit en congé en 1840. L’année suivante, il prit un autre congé ; en 1842, à l’âge de 47 ans, il quitta la Hudson’s Bay Company et retourna apparemment en Grande-Bretagne. Pendant les 26 années où il fut trafiquant de fourrures, il se distingua surtout par le zèle et le succès avec lesquels il explora le territoire adjacent à la rivière aux Liards et à ses affluents. C’est en son honneur qu’on a baptisé le mont McLeod, à l’ouest du lac Dease.

S. M. Johnson

PAM, HBCA, B.39/b/6 : 44, 62 ; B.85/a/4 ; B.85/a/6 : fos 1–10 ; B.200/a/2 : fos 1–12 ; B .200/a/5 : fos 62–75 ; B.200/a/14 : fos 2–17 ; B.200/b/7 : 1–2, 13–15, 21, 26–27, 49 ; B.200/d/51 : fo 45 ; B.200/e/1 : fo 6 ; B.200/e/3 : fos 2–3 ; B.200/e/5 : fo 1 ; B.200/e/10 : fo 3 ; B.200/e/11 : 1–3 ; B.200/e/17 : fos 6–7 ; B.239/g/1 : f° 63 ; B.239/g/2 : fo 8 ; B.239/g/3 : fo 11 ; B.239/g/69 : f° 28 ; B.239/k ; B.239/x/5a : fo 732 ; D.4/2 : fos 19–20 ; D.4/20 : fos 15–16 ; D.4/21 : fo 50 ; D.4/98 : fo 39 ; D.4/117 : fo 55 ; D.4/127 : fos 50, 81 ; F.5/3, no 55.— Canadian North-West (Oliver), 1 : 660 ; 2 : 799, 816.— HBRS, 1 (Rich) ; 3 (Fleming) ; 4 (Rich) ; 6 (Rich) ; 30 (Williams).— Morton, Hist. of Canadian west (1939).— R. M. Patterson, « The Nahany lands ; J. M. McLeod’s exploration in 1823 and 1824 of the South Nahanni River country », Beaver, outfit 292 (été 1961) : 40–47.

Bibliographie générale

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S. M. Johnson, « MCLEOD, JOHN M », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mcleod_john_m_7F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1988
Année de la révision:   1988
Date de consultation:   22 octobre 2014