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MELLISH, MARY (Archibald), éducatrice, née le 27 janvier 1849 à Pownal, Île-du-Prince-Édouard, fille de James Lewis Mellish et de Margaret Sophia Murray ; le 14 décembre 1874, elle épousa dans la même localité Abram Newcomb Archibald, et ils eurent un fils, Raymond Clare ; décédée le 9 janvier 1901 à New York.

Mary Mellish obtint son brevet d’enseignement en 1864, après avoir fait des études à Pownal et à la Normal School de Charlottetown. Ensuite, pendant cinq ans, elle enseigna par intermittence et travailla un temps comme gouvernante. En 1866–1867, elle fréquenta l’école de jeunes filles qui était associée au Mount Allison Wesleyan College de Sackville, au Nouveau-Brunswick [V. Humphrey Pickard*], et obtint un baccalauréat en arts libéraux. De retour à Sackville en 1869, elle enseigna les mathématiques et les sciences naturelles à l’école de jeunes filles, puis de 1871 à 1873, elle occupa, sous l’autorité du directeur James Robert Inch*, le poste de directrice des études – la plus haute fonction administrative accessible à une femme. En 1873, elle démissionna pour des raisons de santé ; sa carrière n’allait reprendre que 11 ans plus tard. En 1874, après un long séjour à Boston, elle retourna à l’Île-du-Prince-Édouard, où elle épousa Abram Newcomb Archibald. Ils passèrent la plus grande partie de leurs neuf années de mariage à Halifax, où Archibald dirigea une école, puis travailla pour la British American Book and Tract Society. À la fin de 1883, il mourut de la typhoïde. Mary Archibald se trouva alors dans l’obligation d’assurer sa propre subsistance et celle de leur fils de huit ans. L’année suivante, elle reprit l’enseignement dans une école rurale du comté de Colchester, en Nouvelle-Écosse, et en 1885, elle redevint directrice des études à Mount Allison.

Cette fois, elle ne tarda pas à s’imposer, tant dans l’établissement même que dans le milieu environnant. L’école de jeunes filles avait un nouveau directeur, nommé lui aussi en 1885, le ministre méthodiste Byron Crane Borden. Officiellement, il était son supérieur, mais dans les faits, ils formaient une équipe. Au cours de leurs 16 années de collaboration, l’école s’agrandit et diversifia sa mission de façon remarquable ; en 1886 par exemple, elle acquit le titre de « college » (jusque-là, elle n’avait été qu’une « academy »). Cependant, on n’y conférait toujours pas de grade universitaire, les étudiantes pouvant préparer une licence au Mount Allison College, sur le même campus. Selon un hommage rédigé à une date ultérieure, Mary Archibald était « tout à fait capable, par moments [...] d’employer la main de fer sous le gant de velours ». La suite de sa carrière témoigne de cette fermeté, tout comme de sa compétence de pédagogue. Elle joua un rôle déterminant dans la création, en 1891, d’un conservatoire de musique au collège de jeunes filles, et dans l’admission, en 1895, de représentants d’anciens élèves (et donc, pour la première fois, d’anciennes élèves) au conseil d’administration des établissements de Mount Allison. Elle-même fit partie du conseil durant les cinq années suivantes. Comme la prospérité de certaines régions industrialisées des provinces de l’Atlantique faisait croître le volume des candidates issues de la bourgeoisie urbaine, le nombre d’inscriptions au collège de jeunes filles augmentait. La stratégie générale que Mary Archibald suivait avec Borden visait à tirer parti de cette situation sans pour autant laisser l’institution devenir une simple école d’arts d’agrément. Certes, résister aux pressions contraires n’était pas facile, mais les efforts déployés en vue d’accroître le professionnalisme de l’enseignement de la musique et des beaux-arts, et d’offrir de nouveaux programmes, par exemple en économie domestique et en sciences sociales, portèrent fruit. La contribution de Mary Archibald à l’essor du collège fut reconnue en 1897 : on donna, à sa fonction, le titre d’adjointe du directeur.

Mary Mellish Archibald mourut d’une pneumonie au début de 1901 durant une visite à New York. Les chaleureux hommages qui suivirent cette disparition inattendue témoignaient de l’affection et du respect qu’elle inspirait à ses collègues et à la population estudiantine. Elle avait aussi milité au sein de la Woman’s Missionary Society de l’Église méthodiste du Canada et de l’Union chrétienne de tempérance des femmes du Canada. Elle qui avait réussi, une fois devenue veuve, à refaire sa vie, s’était efforcée – à l’intérieur des contraintes des classes sociales – de faire du collège de jeunes filles de Mount Allison un lieu où les femmes de la génération montante pourraient, à leur tour, modeler leur existence.

John G. Reid

Les papiers de Raymond Clare Archibald aux Mount Allison Univ. Arch. (Sackville, N.-B.) comprennent une vaste documentation sur Mary Mellish, surtout en relation avec la bibliothèque commémorative fondée en son nom par son fils. On peut trouver des détails biographiques dans « Mary Mellish Archibald », chronologie dactylographiée collée aux p. 91–94 d’un album des papiers de R. C. Archibald, 5501/10/1. Elle n’est pas signée, mais a presque certainement été dressée par son fils. On fait souvent référence au sujet dans le journal étudiant de Mount Allison, l’Argosy (Sackville), 18851901, et une notice nécrologique ainsi qu’un compte rendu de ses obsèques figurent dans l’Evening Mail (Halifax), 14 janv. 1901.

J. G. Reid, « The education of women at Mount Allison, 1854–1914 », Acadiensis (Fredericton), 12 (1982–1983), no 2 : 3–33 ; Mount Allison.

Bibliographie générale

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John G. Reid, « MELLISH, MARY », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 29 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mellish_mary_13F.html.

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Auteur de l'article:   John G. Reid
Titre de l'article:   MELLISH, MARY
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
Date de consultation:   29 août 2014