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MITCHELL, DAVID, médecin, fonctionnaire, trafiquant de fourrures et juge de paix, né vers 1750 en Écosse, fils d’Andrew Mitchell, fabricant de Livingston, et d’Elizabeth Anderson ; décédé le 7 août 1832 à Penetanguishene, Haut-Canada.

On ne sait rien de sûr en ce qui concerne la jeunesse de David Mitchell en Écosse, quoiqu’on trouve dans les registres de l’University of Edinburgh de l’année 1770–1771 un étudiant en médecine portant ce nom. En 1771, Mitchell prit le bateau comme simple matelot pour se rendre dans les Treize Colonies, où il rejoignit son oncle, médecin qui faisait partie de l’état-major de l’armée à New York. Quand son oncle fut muté dans les Antilles en 1772, on confia à Mitchell la direction de l’hôpital de New York. En 1774, il fut nommé aide-chirurgien dans le 8th Foot et, plus tard cette année-là, il accompagna un détachement de ce régiment à Michillimakinac (Mackinaw City, Michigan). Il était le seul médecin qualifié dans ce poste de traite fortifié et dans cette vaste région sauvage de l’Ouest, dont Michillimakinac était le centre de la traite des fourrures.

En 1779, le lieutenant-gouverneur Patrick Sinclair* succéda à Arent Schuyler Depeyster à la direction du poste, et Mitchell fut l’une des rares personnes avec qui Sinclair, un compatriote écossais, s’entendit. Cette amitié permit à Mitchell d’obtenir de nouvelles responsabilités. Quand Sinclair démit John Askin* de ses fonctions de sous-commissaire le 2 juin 1780, Mitchell se vit confier ce poste qu’il conserva pendant plusieurs années. Toujours en 1780, Sinclair, qui craignait une attaque des Américains contre le poste mal fortifié de Michillimakinac, décida de transférer le fort et tous les habitants dans l’île Mackinac, non loin de là ; les liens étroits qui unissaient Mitchell au lieutenant-gouverneur lui valurent alors plusieurs lopins de terre de qualité dans l’île.

Pendant ce temps, le bruit courait que le 8th Foot allait être retiré du fort Michillimakinac. En juillet 1776, Mitchell avait épousé une sang-mêlé, Elizabeth Bertrand, qui était une jeune fille pleine d’entrain. Contrairement à de nombreux Blancs qui laissèrent leur famille indienne dans les régions reculées, il était profondément attaché à sa femme et ne voulait pas l’abandonner. Le jour de Noël 1780, il demanda la permission de démissionner dès que le régiment partirait. Cette permission finit par lui être accordée, et il quitta son poste en 1783. Cependant, comme le nouveau régiment n’avait pas de médecin, il continua de servir dans l’île pendant plusieurs années.

En 1781, le sloop Welcome avait transporté dans l’île Mackinac les poutres qui devaient servir à la construction de l’habitation de Mitchell, une grande maison à toit en croupe située rue Market. L’arrivée massive d’hommes en vue de la construction du nouveau fort allait lui fournir l’occasion d’augmenter ses revenus. Il recevait une allocation pour soigner les Indiens ainsi que les Canadiens embauchés pour les travaux. Afin de pouvoir subvenir à ses besoins lorsqu’il démissionnerait, Mitchell commença aussi à faire un peu de traite. Grâce aux parents de sa femme, il entra rapidement en contact avec les autochtones, et son commerce prospéra. À l’époque où il quitta l’armée, il avait monté une assez grosse entreprise. Il faisait surtout affaire avec des Indiens qui vivaient sur la rive est du lac Michigan, depuis L’Arbre Croche (Cross Village) jusqu’à la baie Traverse (baie Grand Traverse). En 1790, il importait déjà des marchandises de Montréal et était considéré comme l’un des principaux trafiquants du poste. Franc-maçon, il avait contribué à la fondation de la St John’s Lodge No. 15, qui fut constituée juridiquement en 1782. Il s’intéressa aussi aux affaires municipales et fut juge de paix et maître de poste.

En juillet 1796, au moment où la garnison britannique rendit l’île Mackinac aux Américains, conformément au traité Jay, Mitchell était si solidement établi qu’il ne voulut pas aller s’installer dans le nouveau poste de l’île St Joseph (Ontario), non loin de là. Il resta à l’île Mackinac et lorsque ses fils David et Daniel eurent atteint leur majorité il les associa à son réseau commercial qui était en pleine expansion. Il maintint des relations étroites avec les trafiquants de l’île St Joseph et importa des quantités considérables de marchandises de Montréal. En 1808 et 1809, les Mitchell travaillèrent en société avec la Michilimackinac Company, dans laquelle un certain nombre d’entreprises montréalaises avaient des intérêts [V. John Ogilvy*].

Mitchell se rendait parfois à Montréal pour affaires. Ainsi, en 1806, il avait assisté au mariage de son fils David avec Maria Gregory, fille de John Gregory*. À l’invitation de ses amis de Montréal qui étaient dans le commerce des fourrures, lui et David Mitchell fils devinrent membres du prestigieux Beaver Club le 26 janvier 1807. Ils y allèrent de temps en temps, jusqu’à la mort de David fils en 1809. La demeure de Mitchell à l’île Mackinac était l’un des principaux endroits où se rencontraient les 25 familles qui constituaient la « haute société » de cette région éloignée. Quand le révérend David Bacon se rendit dans l’île en 1802 pour tenter vainement d’y ouvrir une mission protestante, sa femme passa beaucoup de temps chez les Mitchell à essayer d’apprendre la langue des Outaouais. Toutefois, elle fut déçue de voir que les Mitchell occupaient leur temps à des parties de cartes pour les dames et les messieurs deux fois par semaine, ainsi qu’à des bals, des dîners et des thés. Comme ils faisaient partie de l’élite, les Mitchell se préoccupaient de l’éducation de leurs enfants. Le docteur avait une bibliothèque imposante, et ils envoyèrent leurs fils étudier à Montréal, et leurs filles, en Europe.

En 1811, une guerre entre l’Angleterre et les États-Unis semblait probable. Mitchell se rendit à l’île St Joseph et, le 7 décembre, il s’enrôla de nouveau dans l’armée britannique comme auxiliaire médical. Sa fille Jessie habitait l’île avec son mari, le riche trafiquant Lewis Crawford. Ce dernier travaillait activement à recruter des Indiens qui soutiendraient les Britanniques, et Mitchell fournit une partie des approvisionnements qu’on leur distribuait. Quand la guerre fut déclarée, Mitchell accompagna les troupes britanniques et indiennes, commandées par le capitaine Charles Roberts*, qui surprirent et firent prisonniers les membres de la garnison du fort Michillimakinac lors du premier engagement de la guerre, le 17 juillet 1812. Mitchell était rentré chez lui d’une façon on ne peut plus spectaculaire.

Tout au long de la guerre, Mitchell continua de servir comme auxiliaire médical dans l’île Mackinac. Il participa quelquefois à des assemblées avec les Indiens et, pendant l’hiver de 1813–1814, il accompagna l’expédition de Robert Dickson dans ce qui est aujourd’hui le Wisconsin. Quand les Américains attaquèrent sans succès l’île Mackinac à l’été de 1814, Elizabeth Mitchell s’occupa de recruter des alliés pour les Britanniques chez ses parents outaouais de L’Arbre Croche. En témoignage de reconnaissance, les autorités lui accordèrent une allocation annuelle de £50 pendant deux ans. Les Sauteux la tenait aussi en grande estime. En novembre 1814, ils lui offrirent le titre de propriété de l’île Round, leur cimetière traditionnel situé à un demi-mille au sud-est de l’île Mackinac.

Le traité de Gand, qui mit fin à la guerre, plaça le docteur Mitchell devant un grave dilemme : l’île Mackinac était rendue aux États-Unis, et il en était venu à détester les Américains. Homme de décision, il prit le parti de suivre les troupes britanniques quand elles allèrent s’installer dans l’île Drummond, en juillet 1815, pour y construire un nouveau poste. Il obtint d’être nommé aide-chirurgien au département des Affaires indiennes. Ne voulant pas laisser leurs vastes propriétés sans protection, Elizabeth Mitchell resta dans l’île Mackinac pour gérer leur grande ferme, où l’on cultivait du foin, ainsi que leurs entreprises de pêche et leur commerce de fourrures.

La tension monta durant les mois qui suivirent la fin de la guerre. Les Indiens, qui n’avaient jamais subi de défaite, étaient indignés que les hostilités prennent fin. L’influence qu’Elizabeth Mitchell exerçait sur eux contrariait profondément William Henry Puthuff, agent des Affaires indiennes des États-Unis récemment nommé dans l’île Mackinac. Le 9 septembre 1815, il afficha sur la porte de l’église un avis qui interdisait à Mme Mitchell de conférer avec les Indiens. Mais « ces pauvres gens induits en erreur » continuèrent de se rendre chez elle, et Puthuff menaça de l’arrêter. Un court mais vif échange de lettres et de récriminations s’ensuivit entre les commandants des îles Drummond et Mackinac. Comme elle risquait d’être envoyée à Detroit pour y passer en jugement, Elizabeth Mitchell prit la fuite dans un petit canot à la faveur de la nuit, afin d’aller rejoindre son mari.

Les sentiments hostiles entre Américains et Britanniques s’apaisèrent et, en 1816 ou 1817, Elizabeth Mitchell regagna Mackinac. Au cours des dix années suivantes, elle passa la plus grande partie de son temps dans l’île, où sa maison demeurait le centre de la vie mondaine, tandis que le docteur restait dans l’île Drummond. Ils exploitèrent des magasins de détail aux deux endroits, et les allées et venues de Mme Mitchell et de leurs fils fournirent de nombreuses occasions de faire du commerce et, de temps à autre, de la contrebande. Quand leur fils William atteignit sa majorité, il devint citoyen américain et s’associa au commerce de fourrures de sa mère. Daniel, George et Andrew demeuraient dans l’île Drummond avec leur père. Le réseau commercial de la famille était lucratif : les registres d’impôt de Mackinac pour 1823 montrent que Mitchell venait au troisième rang parmi les contribuables les plus taxés de l’île.

À l’île Drummond, le docteur Mitchell, qui se faisait vieux, continua d’assister à des assemblées avec les Indiens et de les soigner. Il fut aussi juge de paix. Le 20 février 1820, il présida un double mariage : son fils George épousait Harriet Ussher, et sa petite-fille Elizabeth Ann Hamilton, le capitaine Thomas Gummersall Anderson*. À peu près à cette époque, Mitchell fut dépeint comme un homme « grand et maigre, aux traits grossiers et irréguliers, couronné d’une masse ébouriffée de cheveux grisonnants ». Elizabeth allait le voir de temps en temps et elle mourut dans l’île Drummond le 26 février 1827. Le 18 avril, c’est le cœur triste que son fils Andrew ramena son corps à Mackinac pour qu’il y soit enterré.

L’année suivante, la garnison britannique se vit contrainte de quitter le poste parce qu’il fut établi que l’île Drummond se trouvait à l’intérieur des frontières de la jeune république. Par conséquent, David Mitchell, qui avait presque 80 ans, dut déménager une fois de plus ; en 1828, il alla s’installer à Penetanguishene. Avec ses fils Andrew et George, il construisit l’une des premières maisons de l’endroit. Il fut emporté par le choléra, selon ce que rapporte la tradition familiale, et mourut le 7 août 1832. On l’enterra dans sa ferme à Penetanguishene.

David Arthur Armour

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Bibliographie générale

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David Arthur Armour, « MITCHELL, DAVID », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mitchell_david_6F.html.

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Auteur de l'article:   David Arthur Armour
Titre de l'article:   MITCHELL, DAVID
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   22 octobre 2014