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MONDELET (Mondelait, dit Bellefleur, Mondelé, Monthelet), DOMINIQUE, soldat, notaire, chirurgien et propriétaire foncier, né vers 1734 dans la paroisse Saint-Sulpice, à Paris, fils de Didier Mondelet et d’Anne Méneveau ; le 23 avril 1759, il épousa à Québec Marie-Françoise Hains, fille de Joseph Hains, menuisier d’origine anglaise, et ils eurent 13 enfants ; décédé le 6 janvier 1802 à Saint-Marc, Bas-Canada.

Dominique Mondelet arrive en Nouvelle-France en 1757, après avoir servi trois ans dans la marine royale. L’année suivante, il déclare être sergent dans le régiment de la Reine et sellier de profession. Il participe probablement à la bataille de Carillon (près de Ticonderoga, New York), le 8 juillet 1758, ainsi qu’au siège de Québec en 1759. Durant l’hiver de 1759–1760, il suit son régiment, lequel établit ses quartiers dans la région de Chambly. Homme d’initiative, il profite des temps troublés pour s’arroger le titre de notaire et de chirurgien. Dès 1762, il signe ses premiers actes comme notaire à Saint-Charles-sur-Richelieu et il prodigue des soins aux malades de la région, ayant probablement acquis sa formation médicale lorsqu’il servait dans l’armée. Quoi qu’il en soit, il exerça la profession de chirurgien jusqu’à sa mort.

Disposant de moyens financiers respectables, comme en témoignent les billets d’ordonnance totalisant 1 287# qu’il possède en 1763, et la créance de 100# qu’il détient, deux ans plus tard, sur la succession de Pierre Pelletier, Mondelet n’hésite pas à se lancer dans des transactions immobilières. De 1765 à 1769, il acquiert au moins quatre terres juxtaposées, dotées de grands espaces cultivables, en bordure de la rivière Richelieu, dans les seigneuries de Saint-François-le-Neuf et de Cournoyer, pour le prix de 2 300#. Au début de l’année 1770, quelques nuages se profilent sur son itinéraire. Une partie de ses biens sont saisis et vendus aux enchères pour dettes impayées ; parmi eux, deux maisons, dont une d’envergure, construite en bois, un magasin, une étable et divers bâtiments. Ces ennuis ne semblent pas troubler outre mesure les plans de Mondelet en vue d’agrandir son domaine sur les deux rives du Richelieu. Par le biais d’achats, de concessions ou d’échanges effectués surtout de 1772 à 1775, il s’implante dans les seigneuries de Rouville et de Saint-Hyacinthe, puis augmente le nombre de ses propriétés dans la seigneurie de Cournoyer. Le 30 mars 1781, il effectue sa plus importante transaction lorsque Jean Jenison, seigneur de Saint-François-le-Neuf, lui concède 14 terres situées entre le Richelieu, la rivière des Hurons et la rivière Salvail. Par la suite, il profite des criées du dimanche, aux portes de l’église de la paroisse Saint-Charles, pour acquérir des terres contiguës aux siennes.

Absorbé par ses occupations de notaire et de chirurgien, Mondelet ne peut à lui seul mettre en valeur toutes ses propriétés. Ainsi, a-t-il parfois recours à des fermiers ou à des métayers. Soucieux de ses intérêts, il leur demande beaucoup, dont l’entretien des fossés et des clôtures, l’élimination des chardons et d’autres mauvaises herbes, puis l’épandage du fumier immédiatement après les récoltes.

Bien que les affaires de Mondelet semblent prospères, un événement compromettant vient semer l’inquiétude parmi les siens. En effet, les juges John Fraser et René-Ovide Hertel* de Rouville, chargés par le gouverneur Haldimand d’enquêter sur l’exercice de la profession de notaire, recommandent de démettre Mondelet en août 1781 ; ils lui reprochent, entre autres, d’avoir pratiqué sans commission officielle et d’avoir fréquemment transgressé les règles de la procédure notariale. Peu de temps avant que cette recommandation ne soit déposée, Mondelet avait vainement pressé le gouverneur de lui accorder une commission de notaire pour les villages de Saint-Charles-sur-Richelieu, de Saint-Antoine-sur-Richelieu, de Belœil et de Saint-Hyacinthe. Le placet qu’il adresse à Haldimand, le 2 mars 1782, et dans lequel il le supplie de lui conserver son emploi, ne connaît pas plus de succès. Il semble s’être résigné à son sort puisque après cette date son minutier ne contient que deux actes, l’un rédigé en 1784 et l’autre l’année suivante.

Au début des années 1790, Mondelet quitte sa résidence de Saint-Charles-sur-Richelieu afin d’emménager sur la rive gauche, à Saint-Marc. À cet égard, il vend, surtout de 1794 à 1798, plusieurs de ses terres dans la région de Saint-Charles-sur-Richelieu. Sans doute faisait-il le commerce du blé, puisqu’il exige souvent cette céréale en paiement, soit immédiatement ou sous la forme d’une rente viagère. Il perçoit également près de 8 000# de ces multiples transactions.

En qualité de chirurgien, de notaire et de propriétaire foncier, Mondelet avait gagné la confiance de la population dans la région du Richelieu. C’est pourquoi les habitants de Saint-Marc le désignèrent, le 27 novembre 1793, pour défendre leurs intérêts lors de la saisie d’une terre. Il fut également choisi, en 1796, pour siéger à l’assemblée des tenanciers, laquelle devait délibérer sur la construction d’une église dans la paroisse Saint-Marc-de-Cournoyer (Saint-Marc). À son décès, quatre curés participeront à son service funèbre en présence « d’un grand concours de peuples ».

Par son travail et son intelligence, Dominique Mondelet s’était taillé une place enviable au sein de la petite société de la vallée du Richelieu. Son fils Jean-Marie* suivra ses pas et deviendra notaire, en plus d’occuper le poste de député à la chambre d’Assemblée et celui de coroner du district de Montréal. Ses petits-fils, Charles-Elzéar* et Dominique, seront nommés juges et joueront un rôle important sur la scène politique au xixe siècle.

Gilles Janson

Le minutier de Dominique Mondelet, 1762–1785, est déposé aux ANQ-M, sous la cote CN1-295.

ANQ-M, CE1-46, 8 janv. 1802 ; CN1-100, 17 juin 1764, 12 févr. 1765 ; CN1-150, 5 oct. 1765, 30 avril 1767, 30 mars 1781 ; CN1-189, 24 juin 1772 ; CN1-217, 19 févr. 1789, 19 juin 1790 ; CN1-254, 21 avril 1775 ; CN1-255, 27 nov. 1793 ; CN1-295, 29 sept., 22 oct. 1794, 7 févr., 8 juin, 13 nov. 1795, 10 janv., 1er juill., 3 oct. 1796, 15 mars, 25 juill., 23 sept. 1797, 23 févr., 9 mars 1798, 20 août, 1er nov. 1799, 11 févr. 1800, 22 févr., 6 juill. 1802 ; P1000-48-1020.— ANQ-Q, CE1-1, 23 avril 1759.— BL, Add. {{mss}} 21734 : 154 ; 21879 : 59 (copies aux APC).— « Cahier des témoignages de liberté au mariage commancé le 15 avril 1757 », ANQ Rapport, 1951–1953 : 43s., 53s.— « État général des billets d’ordonnances » (Panet), ANQ Rapport, 1924–1925 : 286.— La Gazette de Québec, 9 mars 1769, 1er févr. 1770, 2 juill. 1772.— Abbott, Hist. of medicine, 35.— M.-J. et G. Ahern, Notes pour l’hist. de la médecine, 418s.— Gérard Malchelosse, La famille Mondelet (Montréal, 1946).— F.-J. Audet, « Les Mondelet », Cahiers des Dix, 3 (1938) : 191–216.— É.-Z. Massicotte, « Les médecins, chirurgiens et apothicaires de Montréal, de 1701 à 1760 », BRH, 27 (1921) : 80.

Bibliographie générale

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Gilles Janson, « MONDELET, DOMINIQUE (mort en 1802) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mondelet_dominique_1802_5F.html.

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Auteur de l'article:   Gilles Janson
Titre de l'article:   MONDELET, DOMINIQUE (mort en 1802)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   30 octobre 2014