DCB/DBC Mobile beta
+

MOREL DE LA DURANTAYE, OLIVIER, écuyer, capitaine, commandant, conseiller, seigneur ; né à Notre-Dame-de-Grâce, près de Nantes, le 17 février 1640, fils de Thomas Morel, sieur de La Durantaye, et de demoiselle Alliette Du Houssaye, mort le 28 septembre 1716.

Morel de La Durantaye arrive au Canada en juin 1665 comme capitaine au régiment de Carignan, même si sa commission ne date que du 10 décembre 1665. Il travaille avec sa compagnie à l’érection du fort Sainte-Anne et, en septembre 1666, il participe à l’expédition de Prouville* de Tracy contre les Agniers. Il retourne en France en 1668 et, le 25 mars 1669, il s’engage à lever une compagnie de 50 hommes ; en août 1670, il est de retour en Canada. Le 14 septembre suivant, il épouse, à Québec, Françoise Duquet, veuve du chirurgien Jean Madry*, qui avait quelque fortune et qui était propriétaire de l’arrière-fief de Grandpré dans la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges. Il aura dix enfants, tous baptisés à Québec de 1671 à 1685.

De 1670 à 1683, Morel de La Durantaye est attaché à la garnison de Québec où il commande une des six compagnies des troupes de la marine. La traite est aussi une de ses occupations puisqu’il possède pendant huit ans un emplacement pour les fourrures à Montréal.

Le 29 octobre 1672, il obtient de Talon* la seigneurie de La Durantaye, dont la grandeur sera augmentée en 1693 et 1696 ; le 15 juillet 1674, Buade* de Frontenac lui concède la seigneurie de Kamouraska qu’il vendra en 1680 à Charles Aubert de La Chesnaye, après avoir essayé vainement d’y faire la pêche.

Le 10 octobre 1682, Morel de La Durantaye participe à une assemblée des notables religieux et laïcs, tenue à Québec par Le Febvre* de La Barre pour discuter de la meilleure politique à suivre face au péril iroquois. Au printemps suivant, à la demande du gouverneur et accompagné de Louis-Henri de Baugy, il se rend dans la région des Grands Lacs et des Illinois réprimer les abus des coureurs de bois qui faisaient la traite sans congés. Il doit également inviter les Indiens de cette région à venir trafiquer leurs fourrures à Montréal et rencontrer le nouveau gouverneur, finalement, il reçoit. l’ordre d’enquêter sur les activités de Cavelier* de La Salle, ce dernier devant perdre l’autorité qu’il exerce sur les forts de cet endroit. En juillet 1683, Morel de La Durantaye prend possession du commandement de Michillimakinac, poste qu’il occupera jusqu’en 1690 et, en août de la même année, Baugy remplace Henri Tonty, comme commandant du fort Saint-Louis.

Le 19 juillet 1684, Morel de La Durantaye quitte le fort, à la tête d’un détachement de 500 hommes ralliés péniblement à l’aide de Greysolon Dulhut et de Nicolas Perrot, pour prendre part à l’expédition de La Barre contre les Iroquois. La rencontre est censée se faire au Niagara. En route, un messager lui annonce la conclusion de la paix peu avantageuse, signée à l’anse de La Famine. Le 6 juin 1686, il est chargé de fonder un poste à Détroit et un autre au « portage de Taronto ». Ce dernier, qui portera le nom de fort Rouillé (Toronto), ne pourra être établi avant 1750. Le 7 juin 1687, sur instruction de Brisay de Denonville, il se rend au sud du lac Érié « pour réitérer la prise de possession des dits postes », faite d’abord par La Salle. Le 10 juillet suivant, accompagné de Dulhut et d’Henri Tonty, il rejoint l’armée de Denonville au sud du lac Ontario, a la tête d’un contingent de 160 Français, 400 alliés et 60 prisonniers. Quelques jours plus tard, il participe à l’incendie et à la destruction des villages tsonnontouans.

En 1690, il persuade 400 ou 500 Indiens d’aller faire la traite à Montréal, et réunit 100 canots à cette fin, d’après Bochart de Champigny. La même année, il est relevé de ses fonctions de commandant de Michillimakinac et remplacé par La Porte de Louvigny, pour avoir été trop favorable aux Jésuites, semble-t-il. Il obtient, l’année suivante, la permission de faire la traite dans l’Ouest et signe une convention avec Jean Fafard. En 1694, il est de nouveau à la tête d’une compagnie, chargé de débarrasser les environs de Montréal des Iroquois ; il est alors promu capitaine en pied. Louis XIV lui accorde une gratification de 1 500ª en 1700 et, le 18 mai 1701, une pension de 600# avec permission de quitter le service.

En 1702, François de Beauharnois* recommande sa nomination au Conseil souverain. Il y est nommé le 16 juin 1703 ; sa commission est reçue le 29 octobre et il est installé le 26 novembre 1703. Déjà, faute de juges, il y avait siégé le 8 octobre. Tard à l’automne de 1704, il passe en France. Comme il n’est pas encore de retour en 1706, sa femme demande la séparation de biens, parce que l’on saisit ses propres biens pour payer les dettes de son mari. La séparation lui sera accordée en 1713. Morel revient siéger au conseil en 1708 et, sauf pour deux absences à l’hiver de 1710 et de 1711, il siégera jusqu’au 31 août 1716, alors qu’il présidera la séance et signera le procès-verbal.

Morel de La Durantaye mourut le 28 septembre 1716, après avoir donné à son fils, Joseph-François, la moitié de sa seigneurie de La Durantaye. Il est inhumé le 30, dans l’église de Saint-Philippe, aujourd’hui Saint-Vallier.

Les gouverneurs, les intendants et les Jésuites avaient parlé de lui en termes très élogieux. On vantait sa diplomatie avec les Indiens, son honnêteté, sa loyauté envers le roi.

Bernard Weilbrenner

AQ, Seigneuries, Notre-Dame-des-Anges.— Jug. et délib., passim.— Mémoire de la dépense faite par le sieur de La Durantaye aux Outaouais, [...], BRH, XXX (1924) : 49.— P.-G. Roy, lnv. coll. pièces jud. et not., I : 112, 197 ; Inv. concessions, I : 22.— Le Jeune, Dictionnaire, II, 22–26.— É.-Z. Massicotte et Régis Roy, Armorial du Canada français (Montréal, 1918), 82.— Antoine d’Eschambault, La vie aventureuse de Daniel Greysolon, sieur Dulhut, RHAF, V (1951–52) :334–337.— P.-G. Roy, Olivier Morel de La Durantaye, capitaine au régiment de Carignan, BRH, XXVIII (1922) : 97–107, 129–136.

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Bernard Weilbrenner, « MOREL DE LA DURANTAYE, OLIVIER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/morel_de_la_durantaye_olivier_2F.html.

Information à utiliser pour d'autres types de référence bibliographique

Permalien: http://www.biographi.ca/fr/bio/morel_de_la_durantaye_olivier_2F.html
Auteur de l'article:   Bernard Weilbrenner
Titre de l'article:   MOREL DE LA DURANTAYE, OLIVIER
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1969
Année de la révision:   1969
Date de consultation:   20 décembre 2014