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MULVEY, STEWART, instituteur, rédacteur en chef, officier de milice, fonctionnaire et homme politique, né en mai 1834 à Sligo (république d’Irlande), fils de Henry Mulvey et de Barbara McGee ; en 1856, il épousa Rebecca A. Gilmore, et ils eurent cinq ou six enfants, puis en 1900, une prénommée Jenny H., veuve de J. W. Rich ; décédé le 26 mai 1908 à Vancouver.

Dès l’âge de 16 ans, Stewart Mulvey enseignait à la fois dans le réseau des écoles nationales d’Irlande et dans les écoles de la Church Educational Society. En 1856, au cours d’une visite en Irlande, Egerton Ryerson*, surintendant de l’Éducation dans le Haut-Canada, fut impressionné par ce jeune instituteur et l’invita dans la province. La même année, Mulvey eut un poste à la Central School de Hamilton, mais par la suite, il s’installa dans le comté de Haldimand, où il enseigna, dirigea le journal local, mit sur pied la Haldimand County Teachers’ Association, dont il fut président, et servit comme lieutenant dans le 37th (Haldimand) Battalion of Rifles. En 1870, il reçut une commission d’enseigne dans le corps expéditionnaire qui partait pour la colonie de la Rivière-Rouge (Manitoba) sous le commandement du colonel Garnet Joseph Wolseley*. Le 14 mai, il se mit en route avec la N° 4 Company du lst (Ontario) Battalion of Rifles.

Le 18 septembre 1870, peu après son arrivée à Winnipeg, Mulvey forma avec neuf autres personnes la première loge orangiste du Nord-Ouest ; elle portait le numéro 1307. Dès l’hiver, les candidats étaient tellement nombreux que la loge devait tenir deux séances d’initiation par semaine. Plus d’une centaine de membres participèrent à la procession que Mulvey, maître de la loge depuis peu, mena à Armstrong’s Point (Winnipeg) le 12 juillet 1871, jour commémoratif de la bataille de la Boyne. Mulvey était un ultra-protestant, et l’ordre d’Orange avait une importance capitale dans sa vie. Le 21 mars 1872, il devint, par élection, le premier grand maître de la loge, dignité qu’il allait conserver durant 14 ans. Il joua un rôle prépondérant dans l’ordre tout au long de son séjour à Winnipeg ; beaucoup le considéraient comme le père de l’orangisme dans l’Ouest.

Après le licenciement des troupes de Wolseley en juin 1871, Mulvey était devenu rédacteur en chef du Manitoba Liberal de Winnipeg, lancé le 11 juillet. Virulent à l’endroit du chef métis Louis Riel*, le journal le fut aussi, par la suite, envers le premier lieutenant-gouverneur de la province, Adams George Archibald*. Mulvey en voulait à Archibald de tenter d’apaiser Riel et ses collègues, et il se servait du Manitoba Liberal pour propager le « loyalisme » et monter l’opinion contre les Métis. La presse protestante de l’Ontario s’empressait de reproduire ses écrits. Quand on apprit qu’Archibald avait présenté sa démission, Mulvey et John Christian Schultz*, chef du « parti canadien », menèrent, le 24 avril 1872, une manifestation où l’on brûla en effigie Riel et le lieutenant-gouverneur. Le comportement de Mulvey aggrava le climat de tension au Manitoba durant tout le mandat d’Archibald. Quand le Manitoba Liberal cessa de paraître, en 1873, Mulvey fut nommé percepteur au département du Revenu intérieur. Il conserva ce poste jusqu’en 1882. Trois ans plus tard, au cours de la rébellion du Nord-Ouest, il fut major du 95th Battalion (Manitoba Grenadiers).

Mulvey fit œuvre très utile à Winnipeg dans le secteur de l’éducation. En juillet 1871, il était devenu, par élection, l’un des trois administrateurs scolaires qui avaient le mandat d’établir le réseau d’écoles publiques de la ville. Il participa à la rédaction de la première loi scolaire de la province ; ensuite, pendant 30 ans, on le consulta tant sur les modifications à apporter à cette loi que sur les nouvelles lois. Il fut durant des années secrétaire-trésorier du conseil scolaire de Winnipeg et fit partie pendant 11 ans du bureau d’Éducation de Manitoba. On baptisa en son honneur une rue et une école de Winnipeg ; l’école se trouvait, fort à propos, avenue Wolseley. En outre, Mulvey fut échevin de Winnipeg de 1883 à 1888. Deux échevins seulement, dont lui, survécurent à la victoire remportée en 1884 par les candidats d’un groupe de citoyens.

Fervent conservateur pendant ses premières années à Winnipeg et chaleureux partisan de sir John Alexander Macdonald*, premier ministre du pays, Mulvey s’était présenté sans succès dans la circonscription fédérale de Selkirk en 1882. Par la suite, cependant, il eut de plus en plus tendance à appuyer la campagne que menaient les libéraux contre le monopole de la Compagnie du chemin de fer canadien du Pacifique. En 1889, il se déclara indépendant ; néanmoins, il soutenait D’Alton McCarthy* et l’Equal Rights Association ; ultérieurement, il appuya le gouvernement libéral provincial de Thomas Greenway dans ses efforts pour abolir le double système d’écoles publiques. Élu député indépendant de Morris à l’Assemblée législative en 1896, il fut battu en 1899. Il quitta alors la politique.

Homme aux opinions tranchées, Stewart Mulvey était aimable et courtois dans ses rapports personnels, et on lui reconnaissait une scrupuleuse intégrité. Il était populaire dans la ville pour laquelle il avait tant fait et, quand il se retira à North Vancouver en 1907, on tint un banquet public en son honneur. Décédé à Vancouver, il fut inhumé à Winnipeg.

John Kendle

PAM, MG 3, D1 ; MG 12, A ; E ; MG 14, B48 ; C15 ; C66.— Manitoba Free Press, nov. 1872–1908.— Alexander Begg et W. R. Nursey, Ten years in Winnipeg : a narration of the principal events in the history of the city of Winnipeg from the year A.D. 1870 to the year A.D. 1879, inclusive (Winnipeg, 1879).— George Bryce, Hist. of Manitoba ; Early days in Winnipeg (Winnipeg, 1894).— C. J. Houston et W. J. Smyth, The sash Canada wore : a historical geography of the Orange order in Canada (Toronto, 1980).— N. E. A. Ronaghan, « The Archibald administration in Manitoba – 1870–1872 » (thèse de ph.d., Univ. of Manitoba, Winnipeg, 1986).

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John Kendle, « MULVEY, STEWART », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mulvey_stewart_13F.html.

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Auteur de l'article:   John Kendle
Titre de l'article:   MULVEY, STEWART
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
Date de consultation:   20 décembre 2014