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NORO (Le Porc-épic), chef de la tribu des Renards, délégué à la conférence de paix de Montréal en 1701.

En réponse à l’invitation du gouverneur de Callière les Renards des prairies de l’Ouest envoyèrent une délégation à la conférence tenue à Montréal à l’été de 1701. Les pourparlers avaient pour but de négocier les conditions d’un traité de paix entre les Iroquois et les Indiens alliés des Français. La délégation des Renards était sous la conduite cérémonieuse de Miskouensa qui, la figure peinte en rouge, salua le gouverneur de façon fort courtoise en brandissant « une vieille teignasse fort poudrée, et très-mal peignée » à défaut de chapeau. Mais, à toute fin pratique, c’était Noro le vrai négociateur de son peuple. L’Histoire de Le Roy de La Potherie est la seule source qui mentionne le nom de Noro.

Noro présenta deux requêtes au nom de sa tribu. En premier lieu il demanda que la tribu des Sauteux, alliée de la France, offrît réparation pour le meurtre d’un des siens. Ouabangué, le chef des Sauteux, répondit que l’acte avait été commis pour venger la mort d’un Sauteux tué par les Renards. Noro repoussa avec véhémence l’accusation portée contre sa tribu et déclara que, au moment du meurtre, lui-même était à faire la guerre aux Sioux. Il mentionna en passant qu’il avait tué 40 Sioux de sa propre main. Le chef des Sauteux admit alors que, comme la flèche fatale n’était pas une flèche fabriquée par les Renards, Noro avait peut-être raison d’insinuer qu’un Sauteux était à blâmer pour le meurtre de l’homme de sa tribu. Les deux tribus partagèrent ensuite un repas en signe de réconciliation, et plus tard Noro accepta un présent pour effacer le souvenir du membre de sa tribu qui avait été tué. Pour clore le débat, il fuma le calumet de paix « afin, dit on, d’avaller la vengeance qu’il auroit pû en tirer ».

Noro offrit un lot de pelleteries au gouverneur de Callière et présenta en même temps une requête des Renards demandant l’envoi d’un missionnaire jésuite, d’un forgeron pour réparer leurs haches et leurs armes à feu, et le retour de Nicolas Perrot car, comme le dit Noro, « Perrot est notre Pere, il à découvert notre terre, il nous à donné de l’esprit, & nous à ensuite abandonnez ». Le gouverneur accepta leur pétition mais ne fit que de vagues promesses en retour. L’agent Perrot, qui remplissait aussi les fonctions d’interprète, ne fut jamais renvoyé chez les Renards.

Peter N. Moogk

AN, Col., C11A, 19, 78–86.— Indian tribes (Blair), II : 225.— Charlevoix, History (Shea), V : 151.— La Potherie, Histoire (1722), IV : 214–216, 255.— L. P. Phelps, The Fox Indians during the French regime, Wis. State Hist. Soc. Proc. 1907, 142–188.

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Peter N. Moogk, « NORO », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 17 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/noro_2F.html.

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Auteur de l'article:   Peter N. Moogk
Titre de l'article:   NORO
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1969
Année de la révision:   1969
Date de consultation:   17 décembre 2014