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O’BEIRNE, EUGENE FRANCIS (connu sous le nom de Mr O’B), aventurier et instituteur, né vers 1809–1811 à Newton Forbes, comté de Longford (République d’Irlande), sixième fils de John O’Beirne, fermier, et de sa femme Claire ; décédé après 1864.

Eugene Francis O’ Beirne fit ses études au St Patrick’s College, à Maynooth, comté de Kildare, vers 1826–1830, mais fut renvoyé avant la réception de son diplôme et son élévation à la prêtrise. En 1834, il s’inscrivit au Trinity College, à Dublin, mais il consacra beaucoup de temps à rédiger deux pamphlets s’attaquant au St Patrick’s College. De 1836 à 1839, il parcourut l’Angleterre, donnant des conférences anticatholiques et s’en prenant encore à son ancienne institution. En 1842, il fut admis au St John’s College, à Cambridge, et, l’année suivante, passa au Clare College. Il n’obtint aucun diplôme. Après ces années, et jusqu’à ce qu’il vînt au Canada, on connaît peu de chose de sa vie. On n’a ni confirmé ni infirmé les détails qu’il fournit plus tard au vicomte Milton [Wentworth-Fitzwilliam*] et à Walter Butler Cheadle*. Il est certain qu’il arriva en Louisiane à la fin des années 1850 et qu’après la déclaration de la guerre de Sécession, il se dirigea vers le nord. Au Minnesota, en 1861, il échoua dans sa tentative d’être ordonné prêtre dans l’Église épiscopalienne ou d’obtenir un poste dans l’enseignement. En septembre de la même année, il arriva dans la colonie de la Rivière-Rouge, caressant de vagues projets de fondation d’une école privée.

Cependant, en 1862, O’Beirne se joignit à l’une des bandes d’ « Overlanders » en route pour les champs aurifères de Cariboo [V. Thomas McMicking]. Son habitude de se plaindre, son intempérance et son abus de l’hospitalité étaient devenus notoires, et les « Overlanders », qui les subirent à leur tour, refusèrent de l’amener au-delà du fort Carleton. La Hudson’s Bay Company lui facilita le transport vers l’Ouest, et il passa l’hiver de 1862–1863 avec les pionniers Thomas Woolsey et John Chantler McDougall*, missionnaires méthodistes, dans la vallée de la rivière Saskatchewan-Nord, à l’est d’Edmonton. McDougall conduisit O’Beirne au fort Edmonton en mars 1863.

Quand le vicomte Milton et le docteur Cheadle, deux jeunes voyageurs anglais à l’esprit aventureux en route par voie de terre pour le Pacifique, arrivèrent à Edmonton, en mai 1863, O’Beirne vivait dans une cabane de mineurs au bord de la rivière. Il insista fortement pour les accompagner dans la traversée des montagnes. Bien que la raison le leur déconseillât, ils acceptèrent. La troupe, avec chevaux et guides indigènes, quitta le fort Edmonton au début de juin 1863, traversant des régions couvertes de forêts et de marécages et franchissant d’innombrables cours d’eau périlleux dans les montagnes. Trois mois plus tard, ils atteignirent Kamloops en haillons et à moitié morts de faim. O’Beirne s’était révélé un compagnon de voyage sans initiative, irascible et peu disposé à coopérer, bien qu’on puisse trouver une excuse partielle à sa conduite dans les déficiences de son caractère et de son physique et le fait qu’il était deux fois plus âgé que ses deux compagnons.

À Kamloops, Milton et Cheadle lui fournirent des provisions et prirent des dispositions pour qu’il se rende seul à Victoria. Dans une édition ultérieure de leur ouvrage, The north-west passage by land (dont la première édition date de 1865), ils racontèrent qu’O’Beirne avait atteint Victoria, puis s’était rendu à San Francisco d’où il s’était embarqué pour Melbourne, en Australie, où il arriva en janvier 1864. Selon des Australiens qui, plus tard, firent part à Milton et Cheadle des pérégrinations d’O’Beirne, ce dernier entreprit une carrière de précepteur. C’est à ce moment qu’on perd sa trace, et il n’existe aucune mention de sa mort dans les registres officiels australiens. Le gouvernement canadien perpétua sa mémoire, en 1918, en donnant son nom à un sommet dans le col de la Tête-Jaune.

Un être si étrange amena des lecteurs de The north-west passage by land à penser que « Mr. O’B » avait été imaginé par les auteurs pour ajouter du piquant à leur récit. En vérité, il fut un personnage réel, que les jeunes auteurs compréhensifs décrivirent avec un peu plus d’indulgence que ne le firent Joseph James Hargrave* (qui rencontra O’Beirne à la colonie de la Rivière-Rouge) et John Chantler McDougall.

Lewis H. Thomas

Pour connaître plus en détail les origines, l’éducation et la carrière d’O’Beirne jusqu’en 1861, consulter les APC, Tweed papers (MG 30, D159), qui comprennent un exemplaire d’une étude de Thomas Tweed intitulée « Eugene Francis O’Beirne ». Cette étude non publiée fut lue lors de la réunion annuelle de la Société historique du Canada, en 1968.  [l. h. t.]

E. F. O’Beirne, An impartial view of the internal economy and discipline at Maynooth College [...] (1re, et 2e éd., Dublin, 1835).— W. B. Cheadle, Cheadle’s journal of trip across Canada, 1862–1863, A. G. Doughty et Gustave Lanctot, édit. (Ottawa, 1931 ; réimpr., Edmonton, 1971), passim.— J. J. Hargrave, Red River (Montréal, 1871), 199–201, 216–219, 221–229.— [William Wentworth-Fitzwilliam] vicomte Milton, et W. B. Cheadle, The north-west passage by land ; being the narrative of an expedition from the Atlantic to the Pacific [...] by one of the northern passes in the Rocky Mountains (8e éd., Londres, 1875), passim.— J. [C.] McDougall, Forest, lake and prairie ; twenty years of frontier life in western Canada, 1842–62 (Toronto, 1895), 250s. ; Saddle, sled and snowshoe ; pioneering on the Saskatchewan in the sixties (Toronto, 1896), 17s., 43–50.— M. S. Wade, The Over-landers of ‘62, John Hosie, édit. (Victoria, 1931), 49s.

Bibliographie générale

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Lewis H. Thomas, « O’BEIRNE, EUGENE FRANCIS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/o_beirne_eugene_francis_9F.html.

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Auteur de l'article:   Lewis H. Thomas
Titre de l'article:   O’BEIRNE, EUGENE FRANCIS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   21 avril 2014