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Titre original :  Photograph Louis-Gustave d'Odet d'Orsonnens, Montreal, QC, 1864 William Notman (1826-1891) 1864, 19th century Silver salts on paper mounted on paper - Albumen process 8.5 x 5.6 cm Purchase from Associated Screen News Ltd. I-11488.1 © McCord Museum Keywords:  male (26812) , Photograph (77678) , portrait (53878)

Provenance : Lien

ODET D’ORSONNENS, LOUIS-GUSTAVE D’ (baptisé Louis-Gustave-Edmond), avocat, officier de milice et administrateur scolaire, né le 17 avril 1842 à L’Assomption, Bas-Canada, fils de Thomas-Edmond d’Odet* d’Orsonnens, médecin, et de Marie-Louise-Adeline Dorval ; le 18 avril 1870, il épousa à Montréal Marie-Louise-Adèle Desbarats, fille de George-Paschal Desbarats*, et ils eurent cinq enfants ; décédé le 7 mai 1905 à Lac-Mégantic, Québec.

Louis-Gustave d’Odet d’Orsonnens appartenait à une famille d’origine suisse dont l’ancêtre était Pierre-Louis d’Odet, seigneur d’Orsonnens, du canton de Fribourg. Protais d’Odet d’Orsonnens, le grand-père de Louis-Gustave, arriva au Canada en 1813 avec le régiment de De Meuron qui prit part aux opérations de la guerre de 1812–1814 contre les Américains. Il choisit de demeurer au pays après le licenciement de son régiment. Louis-Gustave devait suivre les traces de son grand-père. À la suite des études qu’il fit à Montréal, où s’était établi sa famille en 1845, il étudia le droit et fut admis au barreau le 3 septembre 1863, mais n’exerça pas vraiment la profession d’avocat.

Au milieu du xixe siècle, plusieurs événements donnèrent à la milice canadienne un regain de vie important. Comme l’Angleterre se trouvait en guerre avec la Russie en 1854, il ne restait à cette époque que très peu de soldats britanniques au pays, ce qui amena le gouvernement canadien à légiférer plusieurs fois afin de remédier à cette situation : d’abord en 1855, pour sanctionner l’existence d’une milice active respectable, formée de 7 batteries de campagne, de 5 compagnies d’artillerie et de 50 compagnies de carabiniers, puis en 1856, pour augmenter le nombre de ces unités, et de nouveau en 1859, en vue d’autoriser le regroupement des compagnies en bataillons. C’est dans ce contexte que Louis-Gustave d’Odet d’Orsonnens, qui n’avait alors que 17 ans, servit d’abord comme sergent, puis fut nommé enseigne le 17 novembre 1859 dans le 1er bataillon des Volunteer Militla Rifles du Canada, nouvellement formé à Montréal. Cette unité fut redésignée en 1860 le 1er bataillon (Prince of Wales) du régiment des Volunteer Rifles. Durant cette même année, d’Odet d’Orsonnens passa cependant à la cavalerie avec le 2nd Volunteer Militia Cavalry Troop, où il fut nommé porte-étendard. Promu lieutenant le 3 juin 1861, il quitta temporairement la milice l’année suivante pour joindre la marine et sans doute, comme on l’a écrit, poursuivre ses études.

En 1864 et 1865, durant la guerre de Sécession, les relations anglo-américaines se détériorèrent au point que le Canada dut se résoudre à renforcer la défense de ses frontières, ce qui provoqua une fois de plus un regain d’intérêt pour la milice. C’est ainsi qu’en juin 1865, d’Odet d’Orsonnens, devenu avocat, s’enrôla de nouveau, cette fois en qualité de lieutenant dans le 4e bataillon (Chasseurs canadiens). Il servit alors quelques mois à Niagara (Niagara-on-the-Lake, Ontario), un point de la frontière particulièrement menacé. L’année suivante, les féniens menaçant à leur tour d’envahir le Canada, d’Odet d’Orsonnens servit à Saint-Jean (Saint-Jean-sur-Richelieu, Québec), Lacolle et Hemmingford. Promu successivement capitaine (1867), major (1868) et Lieutenant-colonel (1869), il assuma diverses responsabilités, dont celles de major de brigade.

En 1883, le gouvernement, qui cherchait à rehausser le niveau d’instruction de ses unités de milice, approuva la création d’écoles permanentes additionnelles [V. Richard George Amherst Luard*]. Au nombre de celles-ci figuraient trois écoles d’infanterie, dont, une, appelée à répondre aux besoins particuliers des francophones, fut établie à Saint-Jean. C’est au lieutenant-colonel d’Odet d’Orsonnens, qui s’était porté volontaire, que le gouvernement fit appel pour mettre sur pied cette école. En compagnie des officiers appelés à commander les deux autres établissements, l’un situé à Fredericton [V. George Joseph Muansell], l’autre à Toronto [V. sir William Dillon Otter*], d’Odet d’Orsonnens fut envoyé en Angleterre au cours de l’été de 1883 pour y parfaire sa formation auprès des forces britanniques. L’école d’infanterie de Saint-Jean reçut ses premiers étudiants au mois d’avril 1884. Le sous-lieutenant Oscar-Charles-Casgrain Pelletier, qui se distingua durant la campagne du Nord-Ouest et la guerre des Boers, fut un des premiers officiers à fréquenter cet établissement. Conservant un excellent souvenir de son séjour à Saint-Jean, il écrivit dans ses mémoires publiés en 1940 : « Le commandant était le colonel Gustave d’Odet d’Orsonnens, [...] plein d’initiative, bon disciplinant [...] ; son choix comme commandant fut, j’ai lieu de croire, très judicieux. »

Tout en demeurant à la direction de l’école, d’Odet d’Orsonnens, nommé adjudant général adjoint, assuma à compter du 15 juin 1889 le commandement du district militaire n° 6 (Montréal). Il semble s’être acquitté de cette importante responsabilité à la satisfaction du plus grand nombre. Quelques documents rappellent pourtant qu’en 1892 les relations entre lui et l’adjudant général, le colonel Walker Powell*, ne furent pas des plus cordiales. Ayant présenté, comme on l’exigeait de lui, un rapport qui amena son supérieur immédiat à lui poser quelques questions auxquelles il négligea de répondre, d’Odet d’Orsonnens se retrouva momentanément dans une situation délicate pour un officier supérieur. Une lettre qu’il signa le 20 décembre de cette année-là mit toutefois un terme, semble-t-il, à cet incident susceptible d’assombrir son intéressante carrière militaire.

Le lieutenant-colonel d’Odet d’Orsonnens se fit connaître outre-frontières. En 1869, il séjourna en Suisse, probablement à l’invitation du président de la fédération helvétique, et participa aux manœuvres d’armée. Bien plus, le 16 juin 1874, Pie IX lui décerna le titre de comte. Le Bulletin de l’Union Allet, organe des zouaves pontificaux, en annonçant cette nouvelle à ses lecteurs, faisait remarquer : « en 1867, il fut un des premiers à réveiller parmi les Canadiens l’idée d’aller au secours de la papauté ». On affirma même par la suite que d’Odet d’Orsonnens avait été le premier à suggérer en 1867 la formation des zouaves pontificaux. Le titre de comte décerné à d’Odet d’Orsonnens était transmissible « à tous ses descendants, seulement dans la ligne de progéniture masculine » et ce, à certaines conditions. D’Odet d’Orsonnens eut pour héritier son fils Georges-Joseph-Gustave, qui mourut en 1908. Son titre échut alors à son fils Yvan, jésuite, qui le céda à son frère Henri, mort sans descendance en 1928.

Le tir et la chasse intéressèrent également d’Odet d’Orsonnens. Il fut vice-président de la Quebec Rifle Association et, après avoir quitté la milice le 15 juillet 1897, la chasse devint un de ses passe-temps favoris à Lac-Mégantic, où il s’était retiré. L’écriture semble l’avoir également attiré pour un temps, puisqu’en 1874 il publia à Montréal une brochure intitulée Considérations sur l’organisation militaire de la Confédération canadienne.

Le lieutenant-colonel Louis-Gustave d’Odet d’Orsonnens mourut à Lac-Mégantic le 7 mai 1905. Le lendemain de son décès, l’Événement de Québec publiait une courte notice nécrologique dans laquelle on lisait que le colonel d’Odet d’Orsonnens, âgé de 63 ans, avait succombé à une pneumonie, après une courte maladie, et qu’un service religieux aurait tout d’abord lieu à Lac-Mégantic, puis un autre à caractère militaire à Montréal et qu’enfin, il serait inhumé dans le caveau de la famille au cimetière Notre-Dame-des-Neiges. L’inhumation eut lieu le 10 mai 1905.

Jacques Castonguay

On conserve un magnifique portrait du lieutenant-colonel Louis-Gustave d’Odet d’Orsonnens. Benjamin Sulte* l’a publié dans son Histoire de la milice canadienne-française, 1760–1897 (Montréal, 1897). La distinction de son allure impressionne. Portant avantageusement la moustache alors à la mode chez les officiers britanniques, il projette l’image du gentilhomme fier, digne et noble dont l’histoire conserve aujourd’hui le souvenir. [j. c.]

AN, RG 9, I, C4, 8, 183 ; C6, 19–20 ; II, A1, 20 : 3179 ; 82 : 3081 ; 132 : 9548 ; 135 : 9825 ; 226 : A9094 ; 281 : 13925 ; 301 : 15972 ; A5, 3 : 219 ; B1, 196 : 79365 ; 491 : 42039 ; 492 : 44216 ; 579 : 290, 346 ; B3, 1–2 ; RG 38, 27 : 7846.— ANQ-M, CE1-51, 18 avril 1870, 10 mai 1905 ; CE5-14, 18 avril 1842.— Bulletin de l’Union Allet (Montréal), août 1874.— L’Événement, 8 mai 1905.— La Minerve, 4 sept. 1874.— F.-J. Audet, « Odet d’Orsonnens », BRH, 36 (1930) : 394s.— E. H. Bovay, le Canada et les Suisses, 1604–1974 (Fribourg, Suisse, 1976), 29–35.— Canadian men and women of the time (Morgan ; 1898), 278.— R. C. Fetherstonhaugh et G. R. Stevens, The Royal Canadian Regiment [...] (2 vol., Montréal et London, Ontario, 1936–1967 ; vol. 1 réimpr., Fredericton, 1981).— J.-Y. Gravel et al., le Québec et la Guerre, 1867–1960 (Montréal, 1974), 34.— O.-C. Pelletier, Mémoires, souvenirs de famille et récits (Québec, 1940), 186s.— P.-G. Roy, les Avocats de la région de Québec.

Bibliographie générale

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Jacques Castonguay, « ODET D’ORSONNENS, LOUIS-GUSTAVE D’ », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/odet_d_orsonnens_louis_gustave_d_13F.html.

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Auteur de l'article:   Jacques Castonguay
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Titre de la publication:   FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
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