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OLABARATZ (Laubaras), JEAN D’, officier de marine, né le 20 octobre 1727 à Saint-Jean-de-Luz, France, fils de Joannis-Galand d’Olabaratz* et de Catherine Despiaube ; vers 1779, il épousa Marguerite-Angélique Collas, et ils n’eurent pas d’enfants ; décédé le 1er février 1808 dans sa ville natale.

On possède peu de renseignements sur l’enfance de Jean d’Olabaratz, mais tout porte à croire qu’il fut orienté vers une carrière navale dès son jeune âge. À cette époque, son père possédait son propre navire, et il ne fait aucun doute qu’il embarqua son fils avec lui, à plus d’une reprise, lors de ses voyages. D’Olabaratz père semble avoir exercé une influence capitale sur son fils car, tout au long de l’apprentissage de ce dernier, on les retrouve souvent sur le même pont.

À l’âge de 18 ans, Jean d’Olabaratz entra au service de la Marine. Il occupa la fonction d’officier surnuméraire au port de Bayonne, en France, puis celle d’enseigne de port. De 1746 à 1749, il seconda son père sur la frégate Bristol et sur la corvette du roi Catherine ; il fut ensuite promu au grade de lieutenant de frégate lors d’un voyage à Louisbourg, île Royale (île du Cap-Breton), à bord de l’Intrépide, et revint finalement en France. En 1750, le ministre de la Marine, Rouillé, nomma son père capitaine de port à Louisbourg ; Jean y exerça la fonction d’enseigne de port pour laquelle il recevra son brevet en 1752.

En 1755, d’Olabaratz obtint la permission du gouverneur de l’île Royale de s’embarquer sur le Héros, navire de guerre qui rentrait en France après une brève mission en mer. Une fois à terre, il occupa un poste d’enseigne de port à Brest. En 1756, malgré son désir de servir en France, il se vit confier le commandement de la frégate Aigle qu’il conduisit avec habileté jusqu’à Louisbourg en octobre de la même année.

En 1757, d’Olabaratz quitta Rochefort, en France, à bord de l’Aigle à destination de Québec, en compagnie de l’Outarde. Les deux bâtiments capturèrent deux navires marchands britanniques durant la traversée pour ensuite se perdre de vue aux approches de Terre-Neuve. D’Olabaratz pénétra dans le golfe du Saint-Laurent par le détroit de Belle-Isle mais, à la suite de mauvaises indications, il échoua près du Gros Mécatina. Informé de ce naufrage, l’intendant Bigot* dépêcha la Légère sur les lieux, qui arriva en même temps que le Bien-Aimé, soit deux mois après le sinistre. Malheureusement, pendant la nuit suivante, les deux bâtiments percutèrent l’un contre l’autre à la suite d’une tempête soudaine, et leur perte fut totale.

D’Olabaratz réquisitionna alors le Roi du Nord, senau de pêcheurs français venus traquer le loup marin. Il chargea le matériel sauvé des naufrages précédents et fit voile vers Québec. Comble de malchance, son nouveau bateau se révéla inapte au voyage et sa coque, complètement pourrie, creva aux abords de l’île Saint-Barnabé. Les naufragés réussirent à atteindre la rive. D’Olabaratz arriva donc à Québec avec quelques mois de retard.

Tôt en 1758, le gouvernement de la colonie confia à d’Olabaratz la tâche délicate d’assurer la défense navale du lac Champlain. Ce dernier supervisa alors la construction de trois chébecs avec le constructeur de navires Pierre Levasseur, fils de René-Nicolas Levasseur*. Après leur lancement, le Muskelonge, la Brochette et l’Esturgeon furent placés sous le commandement de d’Olabaratz, lui-même sous les ordres de François-Charles de Bourlamaque*. Sa mission consistait à patrouiller les eaux du lac Champlain et à retarder au maximum l’avance des troupes britanniques. À plusieurs reprises, il faillit combattre les navires ennemis, mais chaque fois il leur échappait avec habileté. Le 12 octobre 1759, il se trouva coincé près de ce qui est aujourd’hui Plattsburgh, dans la colonie de New York ; après avoir tenu conseil avec ses officiers sur le Muskelonge, il saborda sa flottille et rentra à Montréal à la faveur de la nuit. Cet incident, qui a été attribué erronément au père de d’Olabaratz [V. Joannis-Galand d’Olabaratz], suscita le mécontentement des autorités coloniales. Après que François de Lévis* lui eut refusé le commandement d’une goélette, d’Olabaratz s’embarqua comme passager sur un navire en partance pour la mère patrie. Il eut de nouveau le malheur de naufrager un peu en aval de Québec, mais il trouva rapidement un autre bâtiment sur lequel il poursuivit son voyage. Une fois en mer, ce dernier fut pris en chasse par un navire britannique, qui ne tarda pas à le capturer. D’Olabaratz fut emmené en Angleterre où il fut détenu pendant un certain temps.

Au cours des années qui suivirent sa campagne au Canada, d’Olabaratz occupa différents postes sur les navires du roi. Il servit notamment sur la flûte Salomon, sur la frégate Hareror et sur la gabarre la Porteuse. Il fut nommé lieutenant de vaisseau en 1775 et capitaine en mars 1779. Il commanda alors la flûte Ménagère pour ensuite terminer sa carrière sur le Fier. En 1786, il se retira avec le grade de brigadier des armées navales.

De toutes les mésaventures de Jean d’Olabaratz au Canada, la perte de la flottille du lac Champlain demeure la plus étrange. Jamais celui-ci n’expliqua les motifs de son geste et aucune cour martiale ne fut convoquée pour le forcer à se justifier. Ces navires étaient les seuls que le gouvernement de la colonie ait jamais mis en chantier pour défendre ses postes de la rivière Richelieu et, au moment où ils s’avéraient le plus indispensable, ils sombrèrent sans même faire tonner leurs canons.

Marc Théorêt

Dans la biographie de Joannis-Galand d’Olabaratz parue dans le vol. 4 du DBC, les incidents du lac Champlain, tels qu’ils sont rapportés ci-dessus, lui ont été attribués alors qu’ils auraient dû être imputés à son fils.  [m. t.]

AN, Marine, B4, 91 ; C1, 171 : f.1034 ; C6, 239 : ff.1–43 ; C7, 239 : (dossier d’Olabaratz).— Coll. des manuscrits de Lévis (Casgrain), 5.— Harrison Bird, Navies in the mountains : the battles on the waters of Lake Champlain and Lake George, 1609–1814 (New York, 1962), 100.

Bibliographie générale

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Marc Théorêt, « OLABARATZ, JEAN D’ », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/olabaratz_jean_d_5F.html.

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Auteur de l'article:   Marc Théorêt
Titre de l'article:   OLABARATZ, JEAN D’
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   23 octobre 2014