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ORKNEY, JAMES, horloger, marchand, orfèvre et seigneur, né en 1760 en Écosse ; le 3 juillet 1790, il épousa à Québec selon le rite presbytérien Jane Hanna, fille de James G. Hanna*, et ils eurent huit enfants ; décédé le 24 janvier 1832 à Québec.

Il n’est pas possible d’établir avec certitude si James Orkney a reçu sa formation d’horloger dans sa patrie d’origine ou s’il l’a acquise à Québec ; néanmoins, ses liens avec James G. Hanna, lui-même horloger, peuvent laisser supposer qu’il a pu à tout le moins parfaire sa formation auprès de ce dernier. Quoi qu’il en soit, une réclame qu’Orkney fait paraître dans la Gazette de Québec du 26 juillet 1787 constitue le premier témoignage de sa présence et de son activité au Canada ; il invite alors le grand public à visiter son commerce, situé devant le bureau de poste, où il offre en vente des horloges, des montres en or ou en argent ainsi qu’une grande variété de bijoux.

En 1790, Orkney a pignon sur rue au 13 de la rue de la Montagne. Deux ans plus tard, il a un compagnon du nom de François Lécuyer. Celui-ci est-il chez Orkney pour l’aider dans la fabrication de pièces d’horlogerie ? On peut le supposer. Il est intéressant de noter qu’à ce moment le voisin immédiat d’Orkney est l’orfèvre Louis Robitaille et que Laurent Amiot* et Michel Forton*, également orfèvres, habitent juste un peu plus loin dans la même rue. Ce voisinage n’est sans doute pas étranger au fait qu’Orkney se soit intéressé à l’orfèvrerie, lui qui, par son métier d’horloger, connaissait déjà le travail des métaux.

Mais Orkney est d’abord un marchand, et sa boutique offre une grande variété d’articles. On peut s’y procurer tout aussi bien de l’argenterie de table (principalement des ustensiles) en argent massif ou en métal plaqué, que des alliances, des broches, des sceaux à cacheter ou des montres, qu’il nettoie ou répare à l’occasion. Il vend aussi des crayons à mine de plomb, des sacs à main ainsi que du verre taillé. En un mot, Orkney tient une boutique où il est possible de trouver à peu près n’importe quel objet de luxe mais aussi des objets d’utilité courante. Bien sûr, tout comme Hanna, il importe des mouvements d’horloge de parquet qu’il intègre dans des meubles fabriqués au pays. Il se rend en Angleterre à deux reprises, probablement pour son commerce ; le 21 mai 1812, il revient de Liverpool et quatre ans plus tard, il débarque à Québec, venant cette fois de Londres.

Orkney effectue un certain nombre de transactions tout à fait étrangères à son commerce. Ainsi, le 21 janvier 1802, il acquiert de Marie-Avine de Montigny, veuve de Pierre Trottier Desrivières, la moitié d’un terrain situé rue Mont-Carmel, de même que l’usufruit de l’autre moitié ; il revendra le tout le 9 août 1806 à Malcolm Fraser*. Le 25 août 1808, il loue pour une durée de cinq ans au lieutenant-colonel Edward Baynes une maison en pierre de deux étages, rue des Carrières, ainsi que ses dépendances. Le 25 juin 1813, il achète de l’orfèvre Joseph Sasseville un terrain à Sainte-Anne-de-la-Pocatière (La Pocatière).

Sur le plan social, Orkney participe à la vie de la communauté. En 1791, avec d’autres marchands de Québec, il appose sa signature au bas d’une pétition dans laquelle ceux-ci se prononcent contre le projet de loi concernant les tuteurs et les curateurs. De même, il souscrit à maintes reprises à la Société du feu de Québec. On retrouve aussi occasionnellement son nom au bas des lettres de reconnaissance ou de bienvenue adressées à des gouverneurs ou à des visiteurs de marque. En 1795, il présente avec six autres orfèvres une requête afin d’être exempté d’une loi réglementant les feux de forge [V. Michel Forton]. Deux ans plus tard, en juillet 1797, il est juré au procès de David McLane*, accusé de haute trahison. Enfin, en octobre 1802, il signe avec les autres presbytériens de Québec une requête afin d’obtenir un terrain dans la capitale pour y édifier une église.

Le 1er janvier 1818, Orkney fait part au grand public de sa décision de liquider tout son fonds de commerce ; il possède encore quantité d’articles des plus variés et, notamment, pas moins de 25 horloges de parquet. Retiré des affaires, il se porte acquéreur en 1823 de la modeste seigneurie de l’Île-aux-Ruaux, près de l’île d’Orléans ; il engage même un journalier pendant un peu plus de neuf mois afin d’y effectuer divers travaux. Le 24 janvier 1832, Orkney meurt à Québec. Sa femme étant décédée en août 1817, il laisse la totalité de ses biens à son fils Alexander, qui demeurait avec lui.

On retrouve aujourd’hui dans quelques collections particulières et dans certains musées des pièces fabriquées par l’horloger James Orkney. Le Musée du Québec et le Royal Ontario Museum, notamment, possèdent de très belles horloges de parquet qui viennent de son atelier. Malheureusement, on connaît très mal sa production en matière d’orfèvrerie. Signalons cependant que le Musée du Québec conserve une œuvre rare, qui porte le poinçon d’Orkney – IO dans un rectangle – et celui de Joseph Sasseville. Cette pièce d’orfèvrerie témoigne du fait que les deux artistes ont travaillé en association.

René Villeneuve

ANQ-M, CN1-121 ; CN1-134, 9 mai 1817 ; P-35/10, N-O-32, 28 avril 1808, N-O-33, 31 déc. 1811, N-O-34, 3 juill. 1816.— ANQ-Q, CE1-66, 1790–1792, 1794, 1798, 1800, 1804, 1806, 1810 ; CN1-26, 23 août 1808 ; CN1-49, 25 juin 1813, 25 déc. 1817 ; CN1-208, 14 mai 1831 ; CN1-212, 20 sept. 1823 ; CN1-230, 9 août 1806.— MAC-CD, Fonds Morisset, 2, dossier James Orkney.— « Les Dénombrements de Québec » (Plessis), ANQ Rapport, 1948–1949 : 23, 26–27.— Le Canadien, 25 janv. 1832.— Montreal Gazette, 26 mai, 6 août 1817.— La Gazette de Québec, 26 juill. 1787, 16 juin 1791, 5 déc. 1793, 13 févr. 1794, 3 août 1797, 21 mars, 18 juill. 1799, 21 mai 1812, 23 mai 1816, 1er janv. 1818, 25 janv. 1832.— « Les Presbytériens à Québec en 1802 », BRH, 42 (1936) : 728.— Quebec directory, 1790.— « Les Seigneuries des RR. PP. jésuites », BRH, 41 (1935) : 509.

Bibliographie générale

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René Villeneuve, « ORKNEY, JAMES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/orkney_james_6F.html.

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Auteur de l'article:   René Villeneuve
Titre de l'article:   ORKNEY, JAMES
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   24 avril 2014