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PANNETON, CHARLES-MARIE (baptisé Charles-Marie-Xavier), pianiste et professeur de musique, baptisé le 15 juin 1845 à Montréal, fils de Charles-Heliodore Panneton, homme d’affaires, et de Zoë Durondu, décédé célibataire le 3 janvier 1890 à Montréal.

Charles-Marie Panneton fit ses études au collège de Joliette où sa famille avait déménagé quand il était enfant. Comme il faisait preuve de talent pour la musique, on l’envoya à Montréal pour y suivre des leçons particulières de Paul Letondal, un des principaux professeurs de musique de la ville. En 1864, son père l’envoya étudier au conservatoire de Leipzig, Saxe, mais, après seulement trois jours dans cette ville, il décida de rentrer, désorienté par la langue étrangère. Son retour précipité suscita ce commentaire sarcastique de la revue montréalaise ; les Beaux-Arts : « Si jamais ce jeune homme travail le piano avec autant d’ardeur et d’activité qu’il en a mis à exécuter son voyage d’aller et retour, nous lui prédisons une destinée brillante, une réputation colossale et une habileté sans pareil dans les deux Amériques. » L’année suivante, Panneton partit pour Paris qu’il trouva plus agréable que Leipzig. Il y demeura jusqu’en 1874 et étudia avec Antoine-François Marmontel au Conservatoire royal de musique et de déclamation, avec Camille Stamaty (qui comptait parmi ses élèves Camille Saint-Saëns et Louis Gottschalk) et avec un professeur de théorie musicale. Il fréquentait les concerts et l’Opéra et fut mêlé à l’agitation des pro et des antiwagnériens, débat qui faisait rage à ce moment-là ; il prit position en faveur du compositeur, mais avec modération. Le jeune pianiste avait aussi ses entrées dans les salons du compositeur Gioacchino Rossini, du peintre Charles Durand, dit Carolus-Duran, et du violoniste L’Ancien. À l’époque de la guerre franco-prussienne, il abandonna sa maison de Chaville, dans la banlieue parisienne, et se rendit à La Ferté-Bernard, Sarthe. Il contracta une pleurésie et, rentré à Paris, constata qu’on avait utilisé ses meubles et son piano comme bois de chauffage pendant le siège.

De retour à Montréal en 1874, Panneton enseigna la musique ; sa santé précaire l’obligea cependant à se soustraire à l’hiver canadien et, à l’automne de 1877, il partit pour Denver, Colorado. Là, il fut organiste, pianiste, professeur, et, en 1879, il devint pendant quelques mois organiste à l’église catholique. Au printemps de 1881, il rentrait à Montréal. Panneton était frêle et il n’eut toujours qu’un nombre limité d’élèves, parmi lesquels le pianiste Jean-Baptiste Denys et Joseph Saucier*, qui allait devenir un baryton remarquable. Au cours de la maladie qui devait l’emporter, Panneton se retira à l’Hôpital Général de Montréal.

Les amis musiciens de Panneton, notamment Dominique Ducharme, Arthur Lavigne et Romain-Octave Pelletier, admiraient son instruction poussée et le goût sûr qu’il avait acquis à Paris. Il avait une connaissance approfondie des littératures classique et contemporaine ; c’était aussi un peintre amateur doué et un conteur spirituel qui avait un faible pour les calembours et les bons mots. Sa modestie et peut-être l’état de sa santé l’empêchèrent de donner des concerts. S’il jouait à l’occasion pour ses amis, c’était afin d’exprimer son admiration pour une œuvre plutôt que pour mettre sa virtuosité en valeur. On louait le toucher précis et la pureté de style de son jeu. On rapporte que Panneton a composé des romances, des mazurkas et d’autres morceaux de piano en plus d’un hymne patriotique intitulé Rallions-nous, dont les Paroles étaient de Benjamin Sulte*, à l’occasion de la Saint-Jean-Baptiste en 1874 ; aucune de ces pièces ne semble cependant avoir été publiée.

Helmut Kallmann

Charles-Marie Panneton est l’auteur de deux articles parus dans la Rev. canadienne : « De la musique religieuse », 13 (1876) : 812–821 ; 14 (1877) : 407–414 ; « le Colorado en 1880, suivi de quelques réflexions sur les États-Unis en général », 17 (1881) : 344–354, 458–466, 522–531, 587–595.

ANQ-M, État civil, Catholiques, Notre-Dame de Montréal, 15 juin 1845.— Le National (Montréal), 18 janv. 1890.— La Presse, 4 janv. 1890.— Rocky Mountain News (Denver, Colo.), 6 avril, 24 juin, 3, 17, 31 août, 14 déc. 1879.— Dictionnaire biographique des musiciens canadiens (2e éd., Lachine, Québec, 1935).— P.-B. Migneault, « Feu Charles Marie Panneton », Le Canada artistique (Montréal), 1 (1890) : 34s.— « Nos musiciens », L’Art musical (Montréal), 2 (1898) : 271.— [« Nouvelle du départ de Panneton pour le Colorado »], Le Canada musical (Montréal), 4 (1877) : 109.— « Nouvelles artistiques canadiennes », Le Canada musical, 7 (1881) : 181.— « Originalité d’un futur artiste », Les Beaux-Arts (Montréal), 2 (1864) : 70.

Bibliographie générale

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Helmut Kallmann, « PANNETON, CHARLES-MARIE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 17 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/panneton_charles_marie_11F.html.

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Auteur de l'article:   Helmut Kallmann
Titre de l'article:   PANNETON, CHARLES-MARIE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   17 septembre 2014