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PERRÉ (Perri), HENRI, paysagiste et professeur d’art, né probablement en 1824 ou 1825 à Strasbourg, France, de parents français et prussiens, décédé célibataire le 17 juin 1890 à Toronto.

Henri Perré fit des études en art à Dresde (République démocratique allemande), puis il dut s’enfuir aux États-Unis après avoir pris part aux soulèvements de la Saxe en 1849. Ce sont principalement les anecdotes racontées par ses amis qui nous apprennent qu’il mena, dans les Carolines, à Cincinnati, Ohio, et à Chicago, l’existence d’un célibataire endurci et qu’il combattit ensuite dans l’armée des confédérés durant la guerre de Sécession. Après un bref séjour à Toronto en 1854, il vint s’établir dans cette ville en 1863. Décrit par ses amis canadiens comme un homme excentrique mais bien vu de tout le monde, Perré demeura une bonne partie du reste de sa vie à Toronto où il vécut dans le secteur du centre de la ville et, durant une certaine période, dans les locaux de l’Ontario Society of Artists.

Paysagiste avant tout, Perré peignit dans la vallée de la rivière Don et les environs de Toronto, mais il effectua également de nombreux voyages en train au cours desquels il dessina des croquis à Ancaster, Dundas et Preston, Ontario, en 1874 et 1881, à Bic et à Matapédia, Québec, en 1882, ainsi qu’à Muskoka et Owen Sound, Ontario. En 1877–1878, cependant, il se rendit à Philadelphie avec un artiste de ses amis, John Wesley Bridgman*, et il fit des peintures sur les bords des rivières Schuylkill et Shenandoah. Les titres de ses tableaux révèlent qu’il visita le Colorado et la Californie en 1878, au moment où Thomas Moran et d’autres artistes américains découvraient l’Ouest, et plusieurs toiles représentant la Colombie-Britannique permettent de croire qu’en partant de la Californie il se dirigea vers le nord pour y faire des croquis à l’époque où cette province n’était pas encore reliée au centre du Canada par un chemin de fer. Les paysages champêtres de Perré, généralement peints à l’huile ou à l’aquarelle, sont le plus souvent de taille modeste, à l’exception de Niagara Falls qui est un tableau de grandes dimensions. Le style réaliste de l’auteur s’apparente à celui des peintres de la Hudson River School et à celui d’autres paysagistes américains de l’époque. Bien que la production de Perré ait été abondante (environ 150 de ses œuvres furent présentées aux expositions de l’Ontario Society of Artists et de l’Académie royale canadienne des arts entre 1874 et 1889), on ne trouve qu’un petit nombre de ses toiles dans les collections publiques. Le morceau de réception qui lui valut d’entrer à l’Académie royale canadienne des arts, intitulé Landscape (Galerie nationale du Canada, Ottawa), et une aquarelle, Cliff and cove (Art Gallery of Ontario, Toronto), sont des paysages dont de tout petits personnages entourés d’arbres, de rochers et d’eau constituent les motifs centraux.

De 1876 à 1882, Perré enseigna l’art antique au moyen du dessin fait d’après des moulages de sculptures classiques à l’Ontario School of Art (l’actuel Ontario College of Art) de Toronto, donnant des cours aux premiers élèves de l’école, parmi lesquels se trouvait George Agnew Reid*. En outre, il influença probablement le jeune Homer Ransford Watson*, qu’il rencontra au studio de photographie de William Notman*, à Toronto. Il se peut que les deux hommes aient été des compagnons de travail, car le Dundas Road de Perré et The old Dundas Road (Galerie nationale du Canada) de Watson sont datés tous les deux de 1881. Perré fut élu membre de l’Ontario Society of Artists en 1874 ; il s’associa étroitement à des collègues de cette société, lesquels proposèrent sa candidature au titre de membre fondateur de l’Académie royale canadienne des arts en 1880. Ses œuvres furent exposées par ces deux sociétés ainsi que par l’Association des beaux-arts de Montréal et par la Toronto Industrial Exhibition. On vit également ses tableaux parmi les œuvres canadiennes qui furent montrées à l’Exposition internationale du centenaire de Philadelphie en 1876 et à la Colonial and Indian Exhibition, à Londres, en 1886.

J. Russell Harper

Canada, ministère de l’Agriculture, Colonial and Indian Exhibition of 1886 : a revelation of Canada’s progress and resources ; extracts from British and colonial journals (Ottawa, 1887).— Canadian Illustrated News, 10 juin 1871, 29 juin 1872.— Globe, 19 juin 1890.— L’Opinion publique, 27 juin, 18 juill. 1872.— Art Assoc. of Montreal, Catalogue of the annual spring exhibition of works by Canadian artists (Montréal), 1880–1883.— La Galerie nationale du Canada, Catalogue of paintings and sculpture, R. H. Hubbard, édit. (3 vol., Ottawa et Toronto, 1957–1960), III.— Harper, Early painters and engravers.— Royal Canadian Academy of Arts, Annual exhibition, 1880–1886.— Toronto Industrial Exhibition, Catalogue of the Art Department (Toronto), 1881–1890.— W. [G.] Colgate, Canadian art : its origin & development (Toronto, 1943 ; réimpr., 1967).— Harper, Painting in Canada.— Newton MacTavish, The fine arts in Canada (Toronto, 1925).— Edmund Morris, Art in Canada : the early painters ([Toronto, 1911]).— A. H. Robson, Canadian landscape painters (Toronto, 1932).— J. W. L. Forster, « The early artists of Ontario », Canadian Magazine, 5 (mai–oct. 1895) : 17–22.— « A guide to Canadian painters », M. E. Hughes, compil., Ontario Library Rev. (Toronto), 24 (1940) : 187–209, 281–296.

Bibliographie générale

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J. Russell Harper, « PERRÉ, HENRI », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/perre_henri_11F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   1 septembre 2014