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PIUZE, LIVERIGHT (il reçut à sa naissance le nom de Traugott Leberecht Behzer), chirurgien et apothicaire, né le 5 février 1754 à Varsovie (Pologne) ; le 14 novembre 1786, il épousa à Sainte-Anne-de-la-Pocatière (La Pocatière, Québec) Marie-Anne Aubut, et ils eurent 14 enfants ; décédé le 22 avril 1813 à Rivière-Ouelle, Bas-Canada.

Liveright Piuze passa une partie de son enfance à Varsovie, puis séjourna à Dresde (République démocratique allemande) à la suite du déménagement de sa famille vers 1763. De 1767 à 1772, il y fit l’apprentissage des professions de chirurgien et d’apothicaire sous la direction d’un proche parent de son père. Ayant terminé ce stage, il décida d’aller chercher fortune dans les colonies britanniques et, le 18 septembre 1773, il arriva à Philadelphie après une longue traversée à bord du Britannia. Il mit sur pied en peu de temps une boutique d’apothicaire dans cette ville et acheta une petite plantation dans la région de la rivière Susquehanna, en Pennsylvanie. En décembre 1776, quelques mois après le déclenchement de la guerre d’Indépendance américaine, il servit dans les milices révolutionnaires et plus tard dans un hôpital de Philadelphie, à titre de chirurgien assistant. Sollicité par des amis, il laissa le service de l’année américaine et choisit de s’installer dans la vallée du Mississippi. Après plusieurs incidents au cours desquels il faillit perdre la vie, il fut capturé, en février 1779, par une tribu indienne de la vallée de la Delaware qui le remit entre les mains de Mason Bolton, lieutenant-colonel des forces armées britanniques au fort Niagara (près de Youngstown, New York). Ce dernier, soupçonnant Piuze d’être à la solde du Congrès continental, l’envoya à Montréal le 9 mai suivant pour qu’il soit mis sous les verrous. Emprisonné au fort Chambly jusqu’en avril 1780, il se rendit par la suite à Québec où il reçut un certificat de chirurgien du docteur Hugh Alexander Kennedy, inspecteur général des hôpitaux. Après avoir travaillé quelques mois en qualité de chirurgien sur des vaisseaux de la marine britannique qui naviguaient sur le Saint-Laurent, il obtint son congé le 19 janvier 1781 et décida de s’établir dans la province de Québec.

Piuze s’installa presque aussitôt à Rivière-Ouelle, village sans médecin depuis 1761, pour y pratiquer sa profession. Il sut gagner en peu de temps la confiance de la population locale et n’éprouva pas de difficulté à s’intégrer à la société rurale. Le 1er janvier 1786, quelques mois avant son mariage avec Marie-Anne Aubut, il renonça à la religion luthérienne pour adhérer au catholicisme, comme en témoigne l’acte d’abjuration passé devant Bernard-Claude Panet*, curé de la paroisse Notre-Dame-de-Liesse à Rivière-Ouelle. En 1789, sa compétence médicale fut reconnue par le Bureau des examinateurs en médecine de Québec qui lui décerna une licence pour exercer les professions de chirurgien et d’apothicaire. En plus de ses honoraires de médecin, Piuze s’assura de revenus additionnels grâce à l’achat et à la vente de propriétés situées à Rivière-Ouelle ; en 1788 et en 1793, il vendit deux maisons avec les terrains et les bâtiments pour la somme de £140 et de £228.

Du reste de la carrière de Piuze, on connaît peu de chose, si ce n’est qu’il poursuivit un dénommé Ignace Lassare, marchand et cabaretier, devant la Cour du banc du roi du district de Québec de 1806 à 1808. Ce dernier était accusé d’avoir pratiqué illégalement la médecine et d’avoir vendu des médicaments sans autorisation. Après avoir entendu des témoins attestant que l’inculpé avait soigné des patients à Kamouraska, à Rivière-Ouelle et à Sainte-Anne-de-la-Pocatière en 1806, la cour infligea à Lassare une amende de £20.

En 1814, un an après sa mort, Piuze fut remplacé dans ses fonctions par le docteur François Fortier. Plusieurs de ses enfants s’établirent dans la région de Rivière-Ouelle. Rémi, l’aîné, pratiqua le notariat à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, de 1808 à 1867, et Édouard-Ferdinand suivit les traces de son père en exerçant la médecine dans son village natal.

Jacques Morin

Une copie du récit autobiographique des aventures de Liveright Piuze, depuis son départ de Varsovie jusqu’à son arrivée à Québec en 1780, est conservée aux ANQ-Q sous la cote P1000-80-1666. Ce récit, traduit de l’anglais au français par J.-R. Piuze, a été reproduit dans BRH, 25 (1919) : 334–366.

AAQ, 42 CD, I : 46.— ANQ-Q, CE3-12, 14 nov. 1786 ; CN1-178, 16 sept. 1793, 2 juin 1794 ; CN1-256, 9 sept. 1788 ; CN3-11, 13 nov. 1786 ; T6-1, Cour du banc du roi, 26 sept., 16 oct., 1er nov. 1806, 3 févr. 1808.— BL, Add. {{mss}} 21789 : f.41 ; 21805 : f.128 ; 21843 : ff.48, 62 (copies aux APC).— La Gazette de Québec, 6 nov. 1788, 2 mai 1793.— Almanach de Québec, 1792 : 155.— Le Jeune, Dictionnaire, 2 : 446.— M.-J. et G. Ahern, Notes pour l’hist. de la médecine, 444s.— Georges Desjardins, Antoine Roy, dit Desjardins (1635–1684) et ses descendants ([Trois-Rivières, Québec], 1971), 217–237.— P.-H. Hudon, Rivière-Ouelle de la Bouteillerie ; 3 siècles de vie (Ottawa, 1972), 219.— Gabriel Nadeau, « L’ancêtre des Piuze », SGCF Mémoires, 6 (1954–1955) : 94.

Bibliographie générale

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Jacques Morin, « PIUZE, LIVERIGHT », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/piuze_liveright_5F.html.

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Auteur de l'article:   Jacques Morin
Titre de l'article:   PIUZE, LIVERIGHT
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   1 novembre 2014