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PRICE, sir WILLIAM, homme d’affaires, industriel, officier et homme politique, né le 30 août 1867 à Talcahuano, Chili, fils de Henry Ferrier Price, homme d’affaires, et de Florence Rogerson ; le 25 janvier 1894, il épousa à Québec Amelia Blanche Smith, et ils eurent quatre fils et deux filles ; décédé le 2 octobre 1924 à Kénogami (Jonquière, Québec), et inhumé le 13 octobre 1924 au cimetière de l’église anglicane St James, au même endroit.

William Price passe sa petite enfance au Chili, où son père – lui-même fils de feu William Price*, qui a été un important marchand de bois à Québec – fait le commerce de bétail. Ses parents l’envoient au Canada vers l’âge de cinq ans. Il entreprend ses études au Bishop’s College de Lennoxville, dans la province de Québec, et les poursuit à la St Mark’s School de Windsor, en Angleterre. Ses camarades de classe le surnomment Chile Price. En 1885, William entreprend une carrière dans le commerce du bois au sein de la Price Brothers and Company de Québec, entreprise de son oncle, Evan John Price*.

De 1885 à 1899, William participe aux décisions administratives de la firme, qui possède déjà d’immenses concessions forestières dans plusieurs régions de la province. Au cours des trois dernières décennies du xixe siècle, la compagnie a investi dans de nombreuses scieries, situées à Cap-Chat et Matane, en Gaspésie, à Saint-Firmin (Baie-Sainte-Catherine) et Sault-au-Cochon (Forestville), sur la Côte-Nord, à Montmagny, Cap-Saint-Ignace et Trois-Saumons (Saint-Jean-Port-Joli), sur la Côte-du-Sud, à Trois-Pistoles, Saint-Germain-de-Rimouski (Rimouski), Saint-Octave-de-Métis (Grand-Métis) et Le Bic, dans le Bas-Saint-Laurent, à Chicoutimi et Grande-Baie (La Baie), au Saguenay, et à Saint-Romuald, près de Lévis.

Evan John Price décède en août 1899. Comme le stipule son testament, son neveu William lui succède à la direction de la Price Brothers and Company qui, à cause du déclin de la construction navale et des exportations forestières au port de Québec, se trouve depuis les années 1880 dans un cycle économique déficitaire. Même si elles sont évaluées entre 500 000 $ et un million de dollars en juillet 1900, les ressources financières de l’entreprise se déstabilisent au point que la compagnie se retrouve au bord de la faillite. Cette même année, la Banque de Montréal, sa principale créancière, se fait représenter par un administrateur extérieur, Robert Ritchie, qui aide Price à redresser les affaires de sa firme.

En ce début de siècle, un virage important s’esquisse à la Price Brothers. Tout en conservant des intérêts dans l’industrie du sciage, Price se tourne vers un nouveau secteur : celui des pâtes et papiers. En 1901, il crée la Montmagny Light and Pulp Company et achète la Compagnie de pulpe de Jonquière. Pourvue de quatre défibreurs et de quatre presse-pâte, la première peut produire près de 18 tonnes de pâte par jour destinée à approvisionner la seconde, qui se spécialise dans la fabrication de carton et qui a été fondée en 1899 par des marchands et des cultivateurs de Jonquière. En 1902, Price fonde à Saint-Germain-de-Rimouski, en association avec Oswald Austin Porritt, directeur de la scierie déjà établie à cet endroit, une nouvelle société par actions, la Price-Porritt Pulp and Paper Company. Dotée d’un capital de 250 000 $, l’entreprise, qui existera jusqu’en 1927, transforme le bois en pâte mécanique et en carton grâce à des ressources hydroélectriques qu’elle compte exploiter elle-même. Price s’attarde ensuite à la restructuration de la Price Brothers qui, en 1904, est constituée juridiquement. Avec un capital-actions de 2 millions de dollars, la Price Brothers and Company Limited, dont le siège social se trouve à Québec, devient la société mère de la Compagnie de pulpe de Jonquière, de la Montmagny Light and Pulp Company et de la Price-Porritt Pulp and Paper Company. William Price, Henry Edward Price, Robert Ritchie, Gustavus George Stuart et Andrew Thomson*, de Québec, Edward George Price et Ion Hamilton Benn, de Londres, Granger Farwell, de Chicago, et William S. Hofstra, de New York, forment son premier conseil d’administration.

Même si Price continue d’exploiter des entreprises ailleurs dans la province, la majeure partie de ses activités industrielles se déroule désormais au Saguenay. Jusqu’en 1902, Chicoutimi constitue son principal lieu d’action dans cette région ; en raison de quelques mésaventures, l’homme d’affaires déplace par la suite ses activités vers Jonquière. Un premier litige juridique survient en 1900 au sujet de la propriété des quais situés dans le bassin de la rivière Saguenay, à Chicoutimi. Construits et entretenus par la Price Brothers depuis une trentaine d’années, ces quais, considérés comme un lot de grève appartenant à la couronne, sont vendus par le gouvernement provincial à la Compagnie de pulpe de Chicoutimi [V. Julien-Édouard-Alfred Dubuc*]. Quatre années plus tard, les démêlés se poursuivent avec la vente de la scierie sise à Chicoutimi, qui est aussitôt démolie par les acheteurs. En outre, le monopole de la famille Price sur l’industrie forestière dans la région [V. Evan John Price ; William Price] est de plus en plus décrié par une partie de l’élite locale de Chicoutimi [V. Joseph-Dominique Guay]. Les heurts se produisent surtout au moment où les projets de la construction de l’aqueduc et de l’électrification de Chicoutimi provoquent des affrontements au conseil municipal, soit vers 1906. Price – qui ferait opposition au progrès, selon ses détracteurs – n’approuve pas ces initiatives locales qui risquent de faire augmenter substantiellement les taxes municipales.

Les affaires vont toutefois bien. En 1905, au moment de l’émission d’une série d’obligations de un million de dollars par son principal fiduciaire, la Banque de Montréal, l’actif total de la Price Brothers est évalué à 4 317 500 $. Depuis le début du nouveau siècle, l’entreprise a cumulé des profits estimés à plus de 1,2 million de dollars. La famille Price possède la plus grande partie des actions : 83,8 % en 1907, 83,3 % en 1908 et 87 % en 1909. De cet actif familial, William détient à lui seul 79,2 % en 1907, 78,7 % en 1908 et 79,5 % en 1909.

L’usine de la Compagnie de pulpe de Jonquière est particulièrement prospère. Équipée de six défibreurs, elle délaisse graduellement la production de carton de pâte mécanique pour fabriquer plutôt du papier à partir de pâte chimique. Au moyen d’une glissoire hydraulique d’une longueur de trois milles, la pâte, le carton et le papier sont acheminés vers la rivière Saguenay. L’usine s’alimente à sa propre centrale hydroélectrique, qui dessert également le village de Jonquière. En 1911, elle produira une quantité presque égale de pâte et de produits forestiers manufacturés : 8 000 tonnes de pâte mécanique, 2 600 tonnes de pâte au bisulfite, 6 000 tonnes de carton et 4 000 tonnes de papier. Elle restera en activité jusqu’à la fin des années 1950.

En 1910, la Price Brothers and Company Limited devient la Price Brothers Limited et fait passer son fonds social à 5 millions de dollars. Elle se spécialise de plus en plus dans la production du papier, marché que le gouvernement de sir Lomer Gouin souhaite stimuler en interdisant, cette année-là, l’exportation du bois à pâte coupé sur les terres de la couronne. En 1911, la Price Brothers entreprend la construction d’une nouvelle usine à papier, dont l’établissement entraîne l’année suivante la création de Kénogami, municipalité de village dont la population est alors estimée à près de 4 000 habitants. L’industrie, alimentée en électricité par une centrale d’une capacité de près de 33 000 chevaux-vapeur, produit 150 tonnes de papier par jour dès sa mise en exploitation en décembre 1912.

À la fin de l’exercice financier de 1911–1912, la Price Brothers, même après avoir investi 2,5 millions de dollars dans les infrastructures, estime ses profits à quelque 460 000 $. Son actif est évalué à 15 millions de dollars et 85,5 % des 6 millions de dollars d’obligations de première hypothèque ont déjà été émis sur le marché financier. Price continue d’occuper la présidence du conseil de direction.

L’entrée du Canada en guerre vient cependant bouleverser l’existence de Price. Ardent patriote et impérialiste, il compte déjà plusieurs années de service dans la vie militaire : il est officier au sein du 8th Regiment (Royal Rifles) et a levé deux compagnies au moment de la guerre des Boers. Promu lieutenant-colonel, il est nommé, par Samuel Hughes, ministre de la Milice et de la Défense, responsable de l’organisation entière du camp de Valcartier, près de Québec. Les travaux d’aménagement commencent le 10 août 1914 : électrification du camp, construction d’un aqueduc, de divers bâtiments et d’une voie ferrée d’évitement. Le 25 août, 20 000 militaires sont déjà arrivés au camp, effectif qui, deux semaines plus tard, compte 32 665 hommes. À titre de directeur général de l’embarquement des troupes et du matériel militaire, Price doit composer avec du personnel inexpérimenté. Ordres d’embarquement non suivis, congestion au port de Québec, navires peu appropriés au chargement des canons et des camions, notamment, rendent la situation chaotique. Le 5 octobre, avec le départ du dernier des 31 navires, le cauchemar de Price se termine. Ses efforts lui valent d’être fait chevalier le 1er janvier 1915.

Price contribue ensuite personnellement à recruter et à équiper le 171e bataillon d’infanterie, avec qui il arrive au camp militaire de Witley, en Angleterre, le 12 janvier 1917. À la fin du mois, après le démantèlement de son unité, il devient capitaine du 4e bataillon du Corps canadien de construction ferroviaire d’outre-mer et traverse en France. Ses responsabilités militaires sont de nature strictement administrative. En mars 1917, il est muté au 87e bataillon d’infanterie (Canadian Grenadier Guards) comme officier d’intendance rattaché à la 4e division. Fatigué, il obtient sa libération en juillet 1917. Il est renvoyé en Angleterre au mois de septembre, puis revient au Canada.

Ce long intermède militaire dans la vie de Price ne nuit toutefois pas à la destinée de la Price Brothers, dont l’actif, en 1919, est évalué à 19,5 millions de dollars (augmentation de 1,4 million de dollars par rapport à l’année précédente) et dont le fonds social se chiffre à 10 millions de dollars. L’usine de Kénogami produit quotidiennement 212 tonnes de papier, 90 tonnes de pâte chimique et 178 tonnes de pâte mécanique tandis que celle de Jonquière fabrique chaque jour 34,55 tonnes de papier et 69 tonnes de pâte mécanique. L’usine de Saint-Germain-de-Rimouski produit annuellement 10 000 tonnes de pâte mécanique ; les scieries que possède alors la Price Bothers (à Batiscan, Montmagny, Cap-Saint-Ignace, Saint-Germain-de-Rimouski, Matane et Lac-au-Saumon) fabriquent quant à elles 30 millions de pieds de bois, 80 000 traverses de chemin de fer et quelques milliards de bardeaux de cèdre par an.

Après avoir connu, dans la décennie de 1910, une période de consolidation, la Price Brothers entame une phase d’expansion. En 1920, elle porte son fonds social à 60 millions de dollars. Ses projets sont gigantesques : construire à La Grande Décharge du lac Saint-Jean une centrale hydroélectrique qui alimentera en énergie une nouvelle usine de pâtes et papiers qu’elle compte ériger sur des terrains qui deviendront, en 1925, la ville de Riverbend (Alma). C’est ainsi que Price devient en 1920 actionnaire minoritaire (au quart de la valeur) de la Quebec Development Company Limited [V. Benjamin Alexander Scott], compagnie créée en 1913 et dont l’actionnaire majoritaire est James Buchanan Duke, président de l’American Tobacco Company [V. sir Mortimer Barnett Davis]. Déjà propriétaire des droits à l’île Maligne, Duke laisse à Price le soin d’obtenir du gouvernement de Louis-Alexandre Taschereau* (devenu depuis peu premier ministre de la province) les permis nécessaires pour, entre autres, maintenir l’eau à une hauteur maximale et exploiter les ressources hydroélectriques. Un arrêté en conseil daté du 7 décembre 1922 entérine cette première étape.

Price consent à se départir de 2 850 actions de la Quebec Development Company Limited au profit de Duke, à racheter par la suite 5 950 actions de la même compagnie et à payer une somme de 855 000 $. En contrepartie, la Quebec Development Company Limited doit émettre une première série d’obligations de 4 millions de dollars et entreprendre la construction de la centrale hydroélectrique dont elle assumera 75 % des coûts, tandis que la Price Brothers en paiera 25 %. Elle s’engage aussi à alimenter en énergie hydroélectrique les papeteries de la Price Brothers au Saguenay pendant une vingtaine d’années. Entrepris en 1923, les travaux nécessitent l’émission, l’année suivante, d’une deuxième série d’obligations évaluées à 12 millions de dollars. Les actionnaires adoptent la raison sociale Duke-Price Power Company Limited, qui obtient ses lettres patentes en juillet 1924 avec un capital autorisé de 1,5 million de dollars. L’usine de Riverbend entrera en production et la centrale hydroélectrique de l’île Maligne commencera à transmettre ses premiers kilowatts en 1925, après la mort de Price. La même année, la Duke-Price Power, pour écouler l’énergie produite par cette dernière, fusionnera avec l’Aluminium Company of America et sa filiale canadienne, l’Aluminium Company of Canada Limited, qui l’achèteront en 1926. Cela constituera le premier revers de fortune de l’empire Price, qui verra ainsi sa part du partenariat considérablement diminuée.

Parallèlement à ses activités au sein de la Price Brothers, Price a pleinement participé, au début du xxe siècle, à l’effort de relance économique de la ville de Québec. En 1903, il est élu président de la Chambre de commerce de Québec. Depuis la fin des années 1890, les plans de liaisons ferroviaires sont à l’ordre du jour dans le but de créer, dans la vieille capitale, un terminus d’envergure nationale. Au projet de la Compagnie du chemin le Grand Nord, en voie de réalisation [V. Richard Reid Dobell*], s’en ajoutent deux autres : ceux de la Quebec and James Bay Railway Company et de la Trans-Canada Railway Company. Price fait partie du conseil d’administration des deux firmes. En concurrence avec le Grand Tronc et le Canadian Northern Railway, les projets de la bourgeoisie de la ville de Québec ont malheureusement peu de poids politique. Les gouvernements de sir Wilfrid Laurier* et de Simon-Napoléon Parent* s’en désintéressent. Pour Laurier, ils entrent en concurrence avec son intention de construire une nouvelle liaison transcontinentale qui privilégie un autre tracé. Quant à Parent, il tergiverse de telle sorte qu’aucun tronçon n’est encore construit en 1906. Les projets seront récupérés par le groupe du Canadian Northern Railway.

Dès 1900, Price a fait partie du conseil d’administration de la Banque Union du Canada [V. Andrew Thomson], dont l’immeuble, rénové et agrandi en 1897, accueille les bureaux de la Price Brothers. Au moment où il en devient, en 1908, le vice-président, la banque présente un bilan financier positif : au cours de cette année, elle a ouvert huit nouvelles succursales en Saskatchewan, une en Ontario et une en Colombie-Britannique, et elle verse à ses actionnaires un dividende de 7 % qui équivaut à près de 222 500 $. Les conseils d’administration de la Compagnie des steamers de Québec, de la Guaranteed Pure Milk Company of Quebec Limited, de la Compagnie du pont de Québec, de la Compagnie de chemin de fer, d’éclairage et de force motrice de Québec, de l’hôpital Jeffery Hale et de la Prudential Trust Company Limited comptent également Price parmi leurs membres.

Au début du xxe siècle, Price a de plus entamé une carrière d’homme politique. Aux élections générales fédérales de 1904, Price tente en vain de se faire élire comme conservateur dans la circonscription de Rimouski. Quatre années plus tard, Price tente sa chance dans Québec-Ouest. Son adversaire libéral, William Power, est député dans cette circonscription depuis le décès, en 1902, de Dobell, à qui il a succédé. Depuis la première victoire de Laurier en 1896, la circonscription de Québec-Ouest est représentée par le Parti libéral. La campagne électorale est chaudement disputée. À l’instar de Rodolphe Forget*, Price est identifié aux trusts et aux hommes d’affaires millionnaires. Ses adversaires lui reprochent de ne pas utiliser les infrastructures portuaires de Québec, qu’il promet pourtant de développer s’il est élu. Price dénonce quant à lui l’inertie politique de Power en particulier et des libéraux fédéraux en général qui, malgré leurs nombreuses années au pouvoir dans la circonscription, ne sont parvenus à aménager ni un port moderne ni un terminus ferroviaire d’envergure nationale. Price remporte l’élection avec dix voix de majorité, après un dépouillement judiciaire. Ses rares interventions à la Chambre des communes portent sur des sujets maritimes (construction d’un bâtiment au port de Vancouver), militaires (agrandissement du Royal Military College of Canada) et ferroviaires (administration du chemin de fer Intercolonial). Venant de quelqu’un qui désirait remettre Québec sur la voie du progrès et de la prospérité, la performance est peu éclatante.

Aux élections générales fédérales de 1911, Price se présente dans la même circonscription contre le même adversaire. Encore une fois, les libéraux accusent Price d’être un millionnaire qui se désintéresse du développement économique de la vieille capitale. Price se défend en invoquant son influence réduite à titre de député dans l’opposition. Par ailleurs, il croit que la réciprocité commerciale avec les États-Unis nuirait considérablement aux fermiers, industriels et ouvriers. Le marché intérieur, développé par l’application de la Politique nationale [V. sir Samuel Leonard Tilley*], doit à son avis être préservé, de même que les liens économiques avec la mère patrie anglaise. La prospérité épouse selon lui un axe ouest-est plutôt que nord-sud. Cette profession de foi, canadienne et impériale, ne suffit pas pour lui assurer la victoire. Power remporte les élections avec 91 voix de majorité. Ainsi s’est terminée la vie politique active de Price.

Sir William Price meurt le 2 octobre 1924, emporté par un glissement de terrain dans la rivière aux Sables. Il se trouvait alors, avec deux ingénieurs, dans le parc à bois de l’usine de Kénogami, afin d’examiner un gouffre qui s’y était formé à la suite d’un éboulement. On retrouve son corps une semaine plus tard. Ses fils John Herbert et Arthur Clifford, dans la jeune vingtaine, lui succèdent à la direction de la Price Brothers. Bien qu’ils soient responsables de la construction, en 1929–1930, du premier gratte-ciel de la vieille capitale, ils ne connaissent pas les mêmes succès financiers que leur père. Durant la crise des années 1930, la Price Brothers est acculée à la faillite et les membres de la famille fondatrice en perdent le contrôle. Au début du xxie siècle, quelques descendants de Price habitent encore la région de Québec et y possèdent une auberge et deux musées, ainsi que des intérêts dans le secteur des pâtes et papiers et du bois de construction. Bon sang ne saurait mentir. En 2002, quelques traces de ce passé révolu subsistent : l’édifice Price, dans le quartier historique de la vieille capitale, la résidence des Price, rue Grande Allée à Québec, le monument élevé pour William Price, grand-père de sir William Price, à Chicoutimi. D’autres fragments d’histoire ont cependant disparu au fil du temps. Parmi eux figure la coupe Price, décernée en 1911 aux gagnants de deux courses, l’une de voiliers, l’autre de bateaux motorisés. À l’image de leur créateur, le second William Price, ces épreuves s’inscrivaient à la fois dans la tradition du xixe siècle et dans la modernité du xxe.

Jean Benoit

On trouve de nombreux renseignements sur les activités d’homme d’affaires de sir William Price dans la Gazette officielle de Québec, en particulier pour les années 1899–1900, 1902, 1910, 1912, 1919–1920, 1923–1924, et dans le Pulp and Paper Magazine of Canada (Gardenvale, Québec), surtout de 1905 à 1913 et en 1924. La source la plus importante demeure toutefois le fonds de la compagnie Price Brothers (P666) aux ANQ-SLSJ dont les ANQ-Q ont une copie sur microfilm. On consultera particulièrement : S1, SS2, 1.5–1.8 ; SS3, 20.7 ; SS7, SSS1, 36.4–36.16 ; S11, SS1, 283.1 ; SS2, 284 ; S14, SS1, SSS1, 288.3, 288.18.

ANQ-Q, CE301-S61, 25 janv. 1894.— BAC, RG 150, Acc. 1992–93/166.— Le Devoir, 3–4 oct. 1924, 28 avril 1926.— Le Progrès du Golfe (Rimouski, Québec), 7, 14, 21, 28 oct., 4 nov. 1904.— Quebec Chronicle, 28, 30 sept., 7–8, 13, 16, 18–19, 22–24, 27 oct. 1908, 30 août, 6, 11, 16, 18, 21–22 sept. 1911.— La Semaine commerciale (Québec), 9 juill. 1897, 1er févr., 30 août 1901, 23 janv., 20 mars, 24 avril, 8 mai 1903, 9, 30 mars 1906, 27 nov. 1908, 1er janv., 3, 9 avril, 8 mai, 11 juin, 2 juill. 1909.— Le Soleil, 6, 13, 20, 30 oct., 2 nov. 1908, 20, 22 sept. 1911, 10–11, 16, 25, 28 août 1914, 15, 18 févr., 19 avril 1919, 21 juin 1998, 4 oct. 2001.— Annuaire, Québec et Lévis, 1900–1901, 1906–1907.— Jules Bélanger et al., Histoire de la Gaspésie (Montréal, 1981).— Canada, Chambre des communes, Débats, 1909–1911.— Canadian directory of parl. (Johnson).— Canadian men and women of the time (Morgan ; 1912).— J.-P. Charland et Jacques Saint-Pierre, les Pâtes et Papiers au Québec, 1880–1980 : technologies, travail et travailleurs (Québec, 1990).— Cyclopædia of Canadian biog. (Rose et Charlesworth), 3.— J.-C. Fortin et Antonio Lechasseur, Histoire du Bas-Saint-Laurent (Québec, 1993).— Camil Girard et Normand Perron, Histoire du Saguenay–Lac-Saint-Jean (Québec, 1989).— Histoire de la Côte-du-Sud, sous la dir. d’Alain Laberge (Québec, 1993).— Histoire de la Côte-Nord, sous la dir. de Pierre Frenette (Québec, 1996).— Histoire de Lévis-Lotbinière, sous la dir. de Roch Samson (Québec, 1996).— Nicholson, CEC.— Pierre Poulin, « Déclin portuaire et Industrialisation : l’évolution de la bourgeoisie d’affaires de Québec à la fin du xixe siècle et au début du xxe siècle » (mémoire de m.a., univ. Laval, 1985).— Prominent people of the province of Quebec, 1923–24 (Montréal, s.d.).— Québec, Statuts, 1900, c.73.— Bérard Riverin, « la Pulperie de Jonquière (1898–1902) », Saguenayensia (Chicoutimi, Québec), 17 (1975) : 94–100.— Mason Wade, les Canadiens français, de 1760 à nos jours, Adrien Venne et Francis Dufau-Labeyrie, trad. (2e éd., 2 vol., Ottawa, 1966), 1 : 652.

Bibliographie générale

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Jean Benoit, « PRICE, sir WILLIAM », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 15, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 29 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/price_william_15F.html.

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Auteur de l'article:   Jean Benoit
Titre de l'article:   PRICE, sir WILLIAM
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 15
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2005
Année de la révision:   2005
Date de consultation:   29 août 2014