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PURVIS, GEORGE, fermier et syndicaliste agricole, né en 1842 en Écosse ; décédé après 1894.

On ne sait rien de George Purvis avant son arrivée en Amérique du Nord britannique en 1867. Peu après cette date, une société anglaise l’engagea pour surveiller ses entreprises forestières et agricoles dans la vallée de l’Outaouais. Les gens de Portage-du-Fort, au Québec, puis d’Arnprior, en Ontario, où Purvis s’occupa de questions communautaires, le considéraient comme un homme d’affaires important et un fermier progressiste.

En 1881, attiré par les perspectives qui s’ouvraient dans les Prairies, Purvis alla s’établir près de Brandon, au Manitoba, avec son épouse Hannah et leurs deux fils. Il n’arrivait cependant pas au bon moment pour commencer à y cultiver la terre, car le coût élevé des instruments aratoires et des fournitures, combiné à l’éloignement des marchés, rendait la vie difficile au Manitoba. Quand la perte des récoltes de 1883 et l’effondrement des prix déjà faibles des produits agricoles créa une situation intolérable pour les fermiers de la province, Purvis se joignit à d’autres pour fonder une association qui protesterait contre la politique fédérale sur les chemins de fer, les terres et les tarifs douaniers, politique qui, selon la plupart des gens, était à la source des problèmes des colons.

Élu secrétaire provincial de la Manitoba and North West Farmers’ Union en décembre 1883, Purvis s’y fit remarquer par sa modération et son bon sens – qualités qui manquaient particulièrement aux autres chefs syndicaux. L’association, qui était devenue à peu de chose près un prolongement extra-parlementaire du parti libéral provincial, s’écroula cependant quatre mois plus tard, et Purvis, qui était conservateur, fut l’un de ses rares dirigeants à survivre à la débâcle. Peu après, il adhéra à la Manitoba and North-West Farmers’ Co-operative and Protective Union, coopérative de mise en marché des céréales fondée à Manitou en décembre 1883. Élu secrétaire provincial de cet organisme en juin 1884, il en devint en peu de temps la figure la plus en vue.

Sous la direction de Purvis, le syndicat agricole vendit le blé produit par ses membres et acheta directement des fabricants de la ficelle d’engerbage en vrac. Purvis négocia également avec la Compagnie du chemin de fer canadien du Pacifique afin de fixer des normes sur le grain qui soient acceptables pour les fermiers de l’Ouest. Sur la scène politique, il pressa le gouvernement fédéral de modifier son programme de développement national afin que celui-ci profite à l’Ouest.

Sa vigoureuse défense des agriculteurs valut à Purvis des attaques. On l’accusa d’être favorable à l’annexion du Canada aux États-Unis, mais cette accusation, qui s’avéra sans fondement, eut peu d’effet à l’époque. Les critiques que l’on fit sur son administration du programme de commercialisation des céréales furent cependant plus sérieuses. En juin 1884, Purvis s’était entendu avec la firme Mitchell and Mitchell pour qu’elle achète le blé des fermiers, tout en ne sachant apparemment pas que les capitaux de la Mitchell and Mitchell provenaient de la Compagnie du chemin de fer canadien du Pacifique. L’année suivante, la compagnie ferroviaire retira son appui, et la Mitchell and Mitchell mit fin à son entente avec le syndicat. N’ayant plus d’argent, le syndicat décida que Purvis devait lui-même s’occuper de la mise en marché du blé et constituer un capital à même les profits de l’entreprise. En décembre 1885, on l’accusa d’avoir conclu avec la Compagnie du chemin de fer canadien du Pacifique une entente secrète dont il profiterait aux dépens des fermiers. Bien que le syndicat l’ait appuyé et que la vérification des livres comptables ait prouvé plus tard que tout était en ordre, Purvis démissionna du conseil exécutif du syndicat en janvier 1886.

La presse provinciale interpréta la démission de George Purvis comme un aveu de culpabilité et le calomnia. En juillet 1886, son humiliation était complète. Depuis deux ans, il avait négligé sa propre ferme pour se dévouer à la cause des agriculteurs, et il éprouvait maintenant des difficultés financières personnelles. Il voulut prendre un nouveau départ et alla s’installer avec sa famille à Minto (Dakota du Nord). En 1894, il y vendit sa ferme. On ne sait pas ce qu’il advint de lui ensuite.

Brian R. McCutcheon

AN, MG 26, A : 46150, 191785.— PAM, MG 10, E14.— Statement of the claims of the province of Manitoba and the North-West Territories ; to the constitutional right of a province under the British North America Act, 1867 ([Winnipeg, 1885]).— Commercial (Winnipeg), 17 juin, 7 oct. 1884.— Daily Free Press (Winnipeg), 27 nov., 6, 28 déc. 1883, 6 juin, 9, 25 juill., 28 août, 1er sept., 13 oct. 1884, 19 mars, 18, 21 déc. 1885, 5, 8, 20 janv. 1886.— Manitou Mercury (Manitou, Manitoba), 9 juill. 1886.— Stonewall News and Rockwood County Advertiser (Stonewall, Manitoba), 16 janv. 1886.— Morton, Manitoba (1957).— J. A. D. Stuart, The Prairie W.A.S.P. ; a history of the rural municipality of Oakland, Manitoba (Winnipeg, 1969).— D. F. Warner, The idea of continental union ; agitation for the annexation of Canada to the United States, 1849–1893 ([Lexington, Ky.], 1960) ; « The Farmers’ Alliance and the Farmers’ Union : an American-Canadian parallelism », Agricultural Hist. ([Baltimore, Md.]), 23 (janv. 1949) : 9–19.

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Brian R. McCutcheon, « PURVIS, GEORGE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/purvis_george_12F.html.

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Auteur de l'article:   Brian R. McCutcheon
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   19 septembre 2014