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ROSS, DUNBAR, avocat et homme politique, né vers 1800 dans les îles britanniques, décédé le 16 mai 1865 à Québec.

Dunbar Ross immigra au Canada alors qu’il était encore jeune. Il fut admis au Barreau du Bas-Canada le 2 février 1834 et exerça sa profession à Québec ; il fut nommé conseiller de la reine en 1853. En novembre 1843, en pleine période de mécontentement dû au choix de Montréal comme capitale de la province du Canada, Ross écrivit un essai, The seat of government, dans lequel il se faisait le champion de Québec. L’ouvrage fut considéré à l’époque comme un modèle du genre. En 1844, sous le pseudonyme de Zeno, Ross publia une autre brochure très lue, The « crise » Metcalfe and the LaFontaine-Baldwin cabinet defended, dans laquelle il appuyait de tout cœur la décision du ministère de Louis-Hippolyte La Fontaine et de Robert Baldwin* de démissionner en décembre 1843 pour protester contre la politique du gouverneur sir Charles Theophilus Metcalfe*. Il accusait ce dernier de ne pas consulter le Conseil exécutif dans plusieurs cas de nominations officielles et d’usurper le droit de « patronage » du même conseil. Ces deux points, selon Ross, justifiaient la démission du ministère. Dans la conclusion de sa brochure, il demandait aux membres de la chambre d’étudier la constitutionnalité des gestes de Metcalfe et d’agir de manière à prévenir la répétition de gestes semblables de la part des gouverneurs. Son activité littéraire eut pour conséquence d’attirer sur lui très tôt l’attention tant du public canadien que du gouvernement.

Ross, qui était réformiste, fit son entrée dans la politique active le 1er mai 1850 en remportant le siège de la circonscription électorale de Mégantic, devenu vacant par suite de la démission de Dominick Daly. Ross représenta Mégantic à l’Assemblée législative jusqu’au 6 novembre 1851, alors qu’il fut défait par le conservateur John Greaves Clapham. Il contesta le résultat du scrutin, mais l’élection de Clapham fut confirmée. En 1851, Peter Boyle De Blaquière*, conseiller législatif et chancelier de l’University of Toronto, faisait la remarque, dans une lettre à lord Elgin [Bruce], qu’il eût aimé voir Ross choisi pour le poste de solliciteur général du Haut-Canada. Le gouvernement réformiste de Francis Hincks* et d’Augustin-Norbert Morin reconnut les talents de Ross en le nommant solliciteur général du Bas-Canada le 31 août 1853, bien qu’il ne fût pas alors membre de l’Assemblée. En 1854, Ross était réélu à l’Assemblée, cette fois comme représentant du comté de Beauce, en l’emportant sur F.-S.-A. Bélanger. Il continua de détenir le poste de solliciteur général dans les ministères d’Allan Napier MacNab et de Morin (1854–1855), de MacNab et d’Étienne-Paschal Taché (1855–1856), de Taché et de John Alexander Macdonald* (1856–1857). Les questions des écoles séparées, du choix de la capitale et de la double majorité furent toutes soulevées pendant cette période, et Ross, en 1856, réédita The seat of government, en y ajoutant des considérations sur « la composition et les fonctions du Conseil législatif et la question de la « double majorité » ». Pendant son mandat comme solliciteur général, Ross administra personnellement les affaires de la couronne, remplissant les devoirs de sa charge et se préoccupant de rassembler minutieusement toutes les données utiles. Bien qu’il se montrât arrogant et un peu brusque, il avait la réputation d’être indulgent et enclin au pardon dans les matières relatives à la justice criminelle.

En 1857, Ross refusa d’être nommé juge du district de Gaspé, et, en 1858, il fut réélu dans le comté de Beauce. Après 1860 cependant, son état de santé l’empêcha d’être pleinement actif tant en politique que dans l’exercice de sa profession. Aussi ne conserva-t-il son siège à l’Assemblée que jusqu’au 10 juin 1861. Il habitait Québec quand il mourut, le 16 mai 1865, après avoir souffert de paralysie pendant cinq ans.

Ross, dont on connaît peu les antécédents, réussit à s’installer sûrement dans son milieu professionnel et dans les cercles politiques, ce qui le conduisit à une longue carrière politique. Membre de gouvernements dirigés par des conservateurs, il n’abandonna jamais ses premiers principes réformistes. On a gardé le souvenir du talent littéraire, du sens politique et du dévouement au bien public de Dunbar Ross, de même que de sa droiture et de son sens de la justice.

Irene Bilas

Dunbar Ross, The seat of government (Québec, 1843 ; 2e éd., 1856), cet ouvrage a été traduit en français sous le titre de le Siège du gouvernement provincial (Québec, 1858) ; Zeno [Dunbar Ross], The « crise » Metcalfe and the Lafontaine-Baldwin cabinet defended ; letter of Zeno to the Legislative Assembly of Canada (Québec, 1844).

      Debates of the Legislative Assembly of United Canada (Gibbs et al.), III.— Le Journal de Québec, 17 mai 1865.— Morning Chronicle (Québec), 17 mai 1865.— Pilot (Montréal), 7 août 1850.— Quebec Daily Mercury, 17 mai 1865. Morgan, Bibliotheca Canadensis.— Political appointments, 1841–1865 (J.-O. Côté).— P.-G. Roy, Les avocats de la région de Québec, 383. Chapais, Hist. du Canada, V.— Cornell, Alignment of political groups. Dent, Last forty years, II : 278s.— Les disparus, BRH, XXXV (1929) : 178.— L’honorable Dunbar Ross, BRH, XLII (1936) : 89.

Bibliographie générale

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Irene Bilas, « ROSS, DUNBAR », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/ross_dunbar_9F.html.

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Auteur de l'article:   Irene Bilas
Titre de l'article:   ROSS, DUNBAR
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   20 décembre 2014