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RUDOLF, WILLIAM, marchand, juge de paix, fonctionnaire, officier de milice et homme politique, né le 6 juin 1791 à Lunenburg, Nouvelle-Écosse, fils de John Christopher Rudolf et d’Elizabeth Koch (Cook) ; le 23 septembre 1824, il épousa Catherine Stevens, de Halifax, puis le 7 novembre 1833, à Lower La Have, Nouvelle-Écosse, Anna Matilda Oxner, et ils eurent six enfants ; décédé le 1er janvier 1859 à Lunenburg.

Descendant apparemment de la famille von Rudolf, de la Thuringe (République démocratique allemande), William Rudolf appartenait à l’une des familles de l’élite de Lunenburg ; son grand-père, Leonard Christopher Rudolf, fut parmi les « protestants étrangers » qui fondèrent cet établissement en 1753. Pendant de nombreuses années, l’entreprise de Rudolf, la William Rudolf and Company, dont le magasin était situé rue Montague, entretint des relations commerciales fructueuses avec les Antilles. De 1819 jusqu’à sa mort, Rudolf fut juge de paix et, à plusieurs reprises, il exerça les fonctions de maître de poste et de registrateur ; il fut aussi lieutenant-colonel du 1er bataillon de milice du comté de Lunenburg.

Rudolf représenta la circonscription de Lunenburg à la chambre d’Assemblée de 1826 à 1838, puis accéda au Conseil législatif dès sa création en 1838 et en resta membre jusqu’à sa mort. Ardent défenseur des intérêts de l’Église d’Angleterre tout en n’étant qu’un tory modéré, Rudolf se distingua par ses prises de position en 1848 et 1849, lesquelles permirent aux réformistes d’implanter le gouvernement responsable, sans pour autant créer une impasse constitutionnelle.

Lorsque le gouvernement réformiste de James Boyle Uniacke prit le pouvoir en 1848, il pourvut à cinq sièges au Conseil législatif en nommant ses propres partisans. Même alors, le conseil ne comptait que 9 réformistes contre 12 tories, bien qu’en réalité la majorité de ces derniers se soit trouvée réduite à une seule voix en raison de l’absence prolongée de Robert Molleson Cutler, pour cause de maladie, et de l’inhabilité du président Simon Bradstreet Robie à voter, sauf en cas d’égalité des voix. Quand Rudolf prit son siège en 1848, une fois la session commencée, il constata que le conseil avait déjà proposé des amendements à la première des principales mesures du gouvernement réformiste, soit le projet de loi concernant les juges, lequel permettait essentiellement de destituer un juge de la Cour suprême au moyen d’une adresse conjointe du Conseil législatif et de l’Assemblée. Après que celle-ci eut refusé les modifications proposées, le conseil décida par 10 voix contre 9 de retirer ses amendements ; ce dénouement fut rendu possible par le vote de Rudolf. De la même façon, le projet de loi concernant la liste civile, qui transférait les revenus imprévus de la couronne à l’Assemblée en retour d’un engagement garantissant le traitement de certains des principaux fonctionnaires, ainsi que le projet de loi ministériel, véritable clef de voûte du nouveau régime, qui exigeait que les deux titulaires responsables des finances, le secrétaire aux Finances et le receveur général, siègent au Conseil exécutif, furent approuvés par le Conseil législatif grâce au seul vote de Rudolf.

Lorsque Rudolf se présenta au conseil en 1849, la session était déjà engagée ; il ne put donc assister aux événements du 14 février, la journée la plus mouvementée de l’histoire du Conseil législatif de la Nouvelle-Écosse. Le secrétaire d’État aux Colonies, lord Grey, ayant demandé au Parlement de reconsidérer le projet de loi ministériel, les tories profitèrent de l’absence de Rudolf et du nouveau conseiller réformiste William McKeen, retardé par une forte tempête de neige, pour réclamer l’adoption immédiate d’une proposition visant à retirer l’approbation du conseil au projet de loi. Seule l’intervention du nouveau président réformiste, Michael Tobin, qui vota comme un simple conseiller, pratique du lord chancelier à la Chambre des lords non adoptée jusque-là par la Nouvelle-Écosse, donna lieu à une égalité des voix, provoquant la défaite de la motion tory. Plus tard au cours de la session, Rudolf se joignit aux réformistes afin d’assurer l’appui du Conseil législatif au projet de loi.

Bien que l’Acadian Recorder ait laissé entendre que William Rudolf allait vraisemblablement se joindre aux réformistes, celui-ci ne fit rien pour lui donner raison. En fait, sur les questions n’ayant aucun rapport avec l’instauration du gouvernement responsable, il agit le plus souvent comme il en avait l’habitude. C’est ainsi qu’en 1849 il se joignit à ses collègues tories pour défaire un projet de loi privé, qui aurait mis sur le même pied tous les collèges confessionnels en supprimant la subvention annuelle dont bénéficiait le King’s College. Même si Rudolf appuya les projets de loi réformistes que les tories, y compris l’évêque anglican John Inglis* à titre de conseiller, combattaient avec acharnement, il échappa malgré tout à la critique des journaux d’allégeance tory et à celle des autres conseillers tories. Étant donné que Rudolf n’a rien fait d’autre de bien important au cours des 32 années où il siégea comme député et conseiller, et qu’il est rarement intervenu dans les débats, son unique titre à la renommée demeure sa déclaration empreinte de bon sens selon laquelle « la pression de l’opinion publique [...] ne peut être longtemps contenue par une barrière aussi faible » qu’une majorité d’une voix au Conseil législatif.

J. Murray Beck

PANS, Biog., Rudolf family, genealogy (mfm) ; MG 3, 295–299.— N.-É., Legislative Council, Journal and proc., 31 mars, 4, 6 avril 1848, 14 févr., 5 mars 1849.— Acadian Recorder, 25 sept. 1824, 9 nov. 1833, 1848–1849.— Morning Chronicle (Halifax), 1848–1849.— Novascotian, 1848–1849.— Directory of N.S. MLAs (par erreur, la biographie de William Rudolf paraît sous le nom de son père, [John] Christopher Rudolf).— Beck, Government of N.S., 103–104 ; Joseph Howe, 2.— W. P. Bell, The « foreign Protestants » and the settlement of Nova Scotia [...] (Toronto, 1961), 411–412.— M. B. DesBrisay, History of the county of Lunenburg (2e éd., Toronto, 1895), 113.

Bibliographie générale

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J. Murray Beck, « RUDOLF, WILLIAM », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/rudolf_william_8F.html.

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Auteur de l'article:   J. Murray Beck
Titre de l'article:   RUDOLF, WILLIAM
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
Date de consultation:   19 décembre 2014