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SEDGWICK, ROBERT, puritain, marchand, soldat et colon ; il dirigea la conquête de l’Acadie par les Anglais en 1654 ; né en 1611 à Woburn, dans le Bedfordshire, en Angleterre, fils de William Sedgwick et d’Elizabeth Howe, mort le 24 mai 1656.

Les convictions profondément puritaines de Sedgwick le menèrent en Nouvelle-Angleterre à l’âge de 24 ans, après une courte carrière comme marchand à Londres, où il faisait partie d’une des compagnies de milice. Il résida au Massachusetts de 1636 à 1653, occupa diverses charges politiques, aida à organiser la milice et devint major général de la colonie en 1652. En tant que marchand, il fut l’un des pionniers de l’industrie de la pêche en Nouvelle-Angleterre et plaça des fonds dans diverses entreprises locales.

En 1653–1654, Sedgwick visita l’Angleterre qui était alors en guerre avec la Hollande. New Haven ayant supplié Cromwell de réduire sa rivale, la Nouvelle-Hollande, Sedgwick fut envoyé en Nouvelle-Angleterre pour y organiser une expédition contre la colonie hollandaise, mais il apprit en arrivant à Boston que la paix avait été conclue. Étant donné que la commission de général de la flotte et commandant en chef de tout le littoral de la Nouvelle-Angleterre, que Cromwell lui avait attribuée le 8 février 1653/1654, l’autorisait à user de représailles contre les navires de commerce français parce que des corsaires français, armes par les princes Rupert et Charles avaient attaqué des vaisseaux anglais, il résolut d’user de ces pouvoirs pour assurer à la Nouvelle-Angleterre et au Protectorat les riches ressources qu’offrait l’Acadie pour l’industrie de la pêche et le commerce des fourrures.

Charles de Sainttienne de La Tour était alors maître de l’Acadie, mais ses moyens de défense étaient faibles. Il n’avait survécu à son rival Charles de Menou d’Aulnay que pour subir les assauts du créancier de d’Aulnay, le marchand Emmanuel Le Borgne, de La Rochelle. Sedgwick quitte Boston le 4 juillet 1654 avec 170 hommes sur trois navires et une caiche. Il met dix jours à atteindre la rivière Saint-Jean, où il trouve La Tour retranché dans son fort. Trois jours plus tard, La Tour et ses 70 combattants se rendent aux Anglais. Le 31 juillet, l’expédition part à destination de Port-Royal où Sedgwick, bien qu’il soit tombé dans une embuscade, remporte la victoire et prend le fort. Il se rend ensuite à Pentagouet, sur la Penobscot, réduit la place le 2 septembre et pille les forts, s’emparant d’un butin d’une valeur d’environ £10 000. Il rentre à Boston avant la mi-septembre et la cour générale du Massachusetts décide que le 20 septembre sera jour d’action de grâce. On nomme son gendre, le major John Leverett, gouverneur militaire de l’Acadie et Sedgwick part pour l’Angleterre accompagné de La Tour.

Cromwell accueillit chaleureusement Sedgwick parce que la possession de l’Acadie lui fournissait un atout de plus dans ses négociations avec la France. Le Protectorat consentit à reconnaître les titres de La Tour en Nouvelle-Écosse en vertu de la concession que lui avait accordée Sir William Alexander, comte de Stirling, pourvu qu’il remboursât à Sedgwick le coût de la conquête, soit près de £1 800. La Tour décida alors de vendre ses droits à Sir Thomas Temple et au colonel William Crowne, qui demeurèrent propriétaires de la Nouvelle-Écosse pendant 14 ans. On récompensa Sedgwick en lui confiant le commandement d’une expédition chargée d’aller aux Antilles seconder William Penn et Robert Venables dans leur lutte contre les Espagnols. Finalement, Cromwell le nomma commandant suprême des forces militaires à la Jamaïque, mais Sedgwick mourut le 24 mai 1656, peu après avoir reçu sa commission.

William I. Roberts, 3rd

Bodleian Library, Rawlinson mss, A16, f.52 ; A18, f.58.— Mass. Hist. Soc., Gay Papers.— Thomas Birch, A collection of the state papers of John Thurloe, Esq., secretary to the Council of State and the two protectors Oliver and Richard Cromwell [...] (7 vol., London, 1742).— Coll. de manuscrits relatifs à la Nouv.-France, I : 145–149 ; II : 358s.— Documentary history of Maine, IV ; VI ; VII ; X.— Maine Hist. Soc. Coll., 1st ser., V : 231.— Mémoires des commissaires, I : 56 ; IV : 499 ; Memorials of the English and French commissaries, I : 126, 525.— PRO, CSP, Col., 1574–1660.— Suffolk deeds, I : 20, 45.— Bernard Bailyn, The New England merchants in the seventeenth century (Cambridge, Mass., 1955).— DAB.— DNB, 1st Supp., III.— Oliver A. Roberts, History of the Military Company of the Massachusetts, now called the Ancient and Honorable Artillery Company of Massachusetts, 1637–1888 (4 vol., Boston, 1895–1901), I.— Henry D. Sedgwick, Robert Sedgwick, ColSoc. Mass. Pub., III (1895–97) : 156–173.

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William I. Roberts, 3rd, « SEDGWICK, ROBERT », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/sedgwick_robert_1F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   1966
Date de consultation:   22 septembre 2014