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SILVER, MARY (baptisée Adélaïde), religieuse, hospitalière de Saint-Joseph, née à Haverhill en Nouvelle-Angleterre le 10 mars 1694, fille de Thomas Silver et de Mary Williams, décédée et inhumée à Montréal le 22 avril 1740.

Mary Silver vivait à Haverhill, en Nouvelle-Angleterre, avec sa mère, qui avait épousé en secondes noces Simon Wainwright. Mary avait 14 ans lorsque, à la fin de l’été de 1708, une troupe de la Nouvelle-France, sous le commandement de Jean-Baptiste Hertel de Rouville, attaqua le village de Haverhill. M. Wainwright, commandant du fort, fut tué et Mme Wainwright réussit à s’enfuir, mais Mary fut capturée et emmenée à Montréal. Le père de Charlevoix*, témoin oculaire de l’arrivée des prisonniers à Montréal, vers la mi-septembre, raconte que les captifs louèrent la bonté de leurs conquérants, en particulier celle de Simon Dupuy, « lequel avoit poussé l’humanité jusqu’a porter une bonne partie du chemin la Fille du lieutenant de Roy d’Hewrevil [Haverhill], qui ne pouvoit presque point marcher ».

La jeune fille dut être confiée, comme on le faisait habituellement, aux sœurs de la congrégation de Notre-Dame. Elle fut baptisée le dimanche 2 février 1710, par l’abbé Henri-Antoine Meriel et eut pour illustres parrain et marraine le marquis de Vaudreuil [Rigaud], gouverneur de la Nouvelle-France, et Marie-Charlotte Denys de La Ronde, épouse de Claude de Ramezay, gouverneur de l’île de Montréal.

Adélaïde Silver entra, à 17 ans, chez les Hospitalières de Saint-Joseph, à l’Hôtel-Dieu de Montréal, où elle prononça ses vœux en 1712. La correspondance entre Vaudreuil et Dudley, gouverneur du Massachusetts, nous indique les pressantes démarches qui furent faites pour obtenir le retour de Mary Silver en Nouvelle-Angleterre. De plus, sœur Gallard, dans une lettre adressée à la supérieure de l’Hôtel-Dieu de La Flèche le 22 octobre 1713, écrit : « Dans les pourparlers du traité de paix [traité d’Utrecht] Monsieur le Gouverneur vint lui [Mary Silver] offrir de la renvoyer à madame se mère qui l’en avait prié, en lui faisant parvenir l’argent pour les dépenses du voyage. Elle lui répondit avec un généreux courage [...] ».

Sœur Silver fut longtemps « catéchiste des malades anglais » qui venaient à l’Hôtel-Dieu de Montréal où elle mourut le 22 avril 1740.

Hélène Bernier

AHDM, Déclaration de nos anciennes Mères pour constater la profession religieuse et le décès des Sœurs.— Charlevoix, Histoire de la N.-F., II : 324327.— Coleman, New England captives, I : passim.— Correspondance de Vaudreuil, RAPQ, 194748 : 252.s.— Abbé E.-L. Couanier de Launay, Histoire des religieuses hospitalières de Saint-Joseph (2 vol. Paris 1887), II : 114.— Garneau, Histoire du Canada, II : 212.— Mondoux, LHôtel-Dieu de Montréal, 262, 266.

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Hélène Bernier, « SILVER, MARY », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 18 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/silver_mary_2F.html.

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Auteur de l'article:   Hélène Bernier
Titre de l'article:   SILVER, MARY
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1969
Année de la révision:   1969
Date de consultation:   18 décembre 2014