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Titre original :  Legislative Assembly of New Brunswick

Provenance : Lien

SIMONDS, RICHARD, homme d’affaires, homme politique, juge de paix, juge et fonctionnaire, né le 24 avril 1789 à Portland (Saint-Jean, Nouveau-Brunswick), fils de James Simonds* et de Hannah Peabody ; le 18 août 1813, il épousa Ann Charters, et ils eurent sept fils et une fille, puis le 18 mai 1829 à Annapolis Royal, Nouvelle-Écosse, Margaret Walker, veuve du lieutenant John Newton de la marine royale ; décédé le 2 mai 1836 à Saint-Jean.

Richard Simonds naquit dans l’une des principales familles de propriétaires terriens et commerçants du Nouveau-Brunswick. Après avoir fréquenté l’école à Portland, il augmenta encore ses chances de succès dans la vie en s’associant en 1810 à son oncle maternel, Francis Peabody, qui était marchand et constructeur de navires à Miramichi. De 1819 à 1824, il dirigea parallèlement sa propre entreprise commerciale, approvisionnant les fermiers-bûcherons et acquérant par la même occasion de nombreux titres de propriété et des hypothèques sur des fermes. Élu à la chambre d’Assemblée aux élections générales de 1816 grâce tout probablement à l’influence de son oncle, qui n’avait pas d’enfants, il devenait ainsi, à 27 ans seulement, l’un des deux députés de la circonscription de Northumberland. Il semble toutefois avoir acquis sa propre influence dans cette circonscription dynamique, agitée et tentaculaire qui couvrait alors plus du tiers de la province. Il fut réélu en 1819, 1820 et 1827. Il devint en outre juge de paix et juge de la Cour inférieure des plaids communs.

En 1820, le frère aîné de Simonds, Charles*, le rejoignit à la chambre d’Assemblée en se faisant élire député de la circonscription du comté et de la ville de Saint-Jean. Les deux frères, dont les carrières politiques devaient être étroitement liées, devinrent le centre d’une coterie de relations d’affaires, de parents par alliance et de cousins qui préconisait une société plus ouverte. Défenseurs indépendants du parlementarisme, ils marchaient sur les traces de leur père, James, qui, pendant la dernière décennie du xviiie siècle, avait appuyé Amos Botsford* et James Glenie* dont le parti revendiquait pour l’Assemblée le pouvoir d’affectation des fonds publics et avait imposé des restrictions au lieutenant-gouverneur et au Conseil du Nouveau-Brunswick. En 1821, ils soutinrent un projet de loi qui visait à autoriser les pasteurs non conformistes à célébrer des mariages ; adopté avec deux voix de majorité, ce projet fut rejeté par le conseil. En 1825, le vote de Charles et de Richard Simonds fut décisif dans le rejet d’un projet de loi fortement appuyé par le lieutenant-gouverneur sir Howard Douglas* et ayant pour objet la prévision de fonds pour les tribunaux itinérants.

Au début de 1824, Simonds liquida ses affaires à Miramichi, après avoir manifesté son intention d’aller vivre à Saint-Jean. Ce projet de déménagement avait probablement un lien avec l’administration des vastes terres de son père, propriétés de grande valeur dont il devait en grande partie hériter conjointement avec Charles en 1831. Toutefois, sa visée était peut-être politique aussi bien qu’économique, puisqu’il ne s’installa pas à Saint-Jean mais à Fredericton, où il semble être demeuré la plupart du temps de 1825 à 1828.

En février 1828, à la première session consécutive aux élections de 1827, Simonds fut élu président de l’Assemblée. C’était une position convoitée et prestigieuse car, suivant la coutume de la chambre des Communes britannique et des Parlements des colonies d’Amérique, l’Assemblée conférait à son président une grande autorité sur ses débats. En décembre, après avoir présidé l’Assemblée pendant une seule session, il démissionna de son siège pour prendre la succession de John Robinson* en tant que trésorier de la province, poste dont l’attribution était laissée à la discrétion du lieutenant-gouverneur. Son frère Charles fut alors élu à l’unanimité pour le remplacer à la présidence.

Il y avait, à cette époque, une coïncidence heureuse entre les intérêts des frères Simonds et ceux du lieutenant-gouverneur Douglas. Administrateur dynamique et efficace, Douglas s’était efforcé, depuis son arrivée en 1824, de mettre fin à la coutume qu’avait prise la chambre d’entraver les initiatives de l’exécutif et, pour ce faire, il mettait en œuvre tout son magnétisme dans le but de se lier d’amitié avec les députés. En 1828, il savait parfaitement que travailler avec les frères Simonds présentait des avantages politiques et il avait une bonne idée des qualités d’administrateur de Richard. En effet, avant de devenir président, ce dernier avait participé à plusieurs projets auxquels lui-même s’intéressait. Il avait notamment été l’un des commissaires chargés de distribuer les fonds recueillis pour les victimes de l’incendie qui dévasta la région de la Miramichi, surveillant de la construction de la « grande » route (qui longeait la rivière Nerepis) entre Fredericton et Saint-Jean et secrétaire de la New-Brunswick Agricultural and Emigrant Society. Tout comme le lieutenant-gouverneur, Richard s’intéressait au développement économique et à l’administration des fonds de la province. Pendant qu’il était président de l’Assemblée, il détint le poste rémunéré de secrétaire-trésorier de la New-Brunswick Agricultural and Emigrant Society, prépara son rapport et entreprit la collecte de données destinées à un compte rendu sur les pêcheries ; il fit aussi partie de la commission chargée de la construction de la résidence du gouverneur.

L’alliance avec les frères Simonds ne fut cependant pas aussi féconde que Douglas l’avait espéré. Malgré leur appui, il fut incapable, avant son départ en mars 1829, de résoudre les conflits qui opposaient la métropole et la province à propos de la liste civile, des terres de la couronne et des appointements versés aux employés des douanes. Et cela à cause de la lenteur des autorités britanniques, d’une part, et d’autre part parce que le commissaire des Terres de la couronne, Thomas Baillie*, avait trop d’influence au ministère des Colonies. Par contre, en assurant le King’s College de Fredericton d’un financement permanent, il régla le problème crucial qui se posait depuis que le gouvernement britannique avait inclus dans la charte de ce collège des clauses intransigeantes qui, bien que légales, étaient contraires à l’esprit de celles qu’avait établies l’Assemblée en promettant une subvention à l’établissement en 1823. Les frères Simonds appartenaient à l’Église d’Angleterre, mais ils étaient tolérants envers les autres dénominations et s’opposaient à l’exclusivisme anglican. Il est donc paradoxal que, malgré l’opposition de nombreux députés desquels ils étaient généralement solidaires, ils aient encouragé en 1829 l’adoption d’une loi favorable au maintien d’une institution somme toute purement anglicane. Il est évident qu’étant membre du conseil depuis janvier 1829 Richard Simonds participa à l’alignement politique qui imposa à la province un collège fort impopulaire et qu’il en bénéficia. À l’époque, il était, semble-t-il, complètement subjugué par la personnalité de Douglas, dont il louangeait le moindre geste en des termes qui conviennent plus à un courtisan qu’à un parlementaire indépendant.

À la session parlementaire suivante, en 1830, pendant que William Black* administrait la province, l’Assemblée inclut dans le projet de loi de finances un article qui donnait aux juges de paix juridiction sur les causes de contrebande. Cette clause visait à accélérer la confiscation des importations illégales et à resserrer la perception des douanes, mais elle avait aussi pour effet de priver de leurs émoluments les juges de la Cour suprême. Le conseil refusa de l’adopter et le Parlement fut prorogé le 8 mars sans qu’on ait pris des mesures au sujet du revenu. Simonds, qui était parti en congé à Saint-Jean, revint en hâte à Fredericton, où il réussit, à l’autre session convoquée quelques jours plus tard sur la question, à persuader le conseil d’accepter le projet de loi.

En 1831, après les élections qui suivirent la mort de George IV, Charles Simonds tenta vainement de conserver la présidence de la chambre. Thomas Baillie commençait alors à dominer la scène politique ; s’il ne parvenait pas toujours à s’imposer à l’Assemblée, il y arrivait au conseil. Après l’abolition de l’ancien conseil, à la fin de 1832, on nomma Richard Simonds au nouveau Conseil législatif où, jusqu’à la fin de sa vie et à l’instar de George Shore* et de William Black, il allait voter immanquablement contre les politiques de Baillie.

L’entrée de Richard Simonds à la Trésorerie, en décembre 1828, avait rehaussé le niveau d’activité et d’organisation de ce service. Comme le bureau du vérificateur de la province fut réorganisé à peu près au même moment, l’administration des fonds mis à la disposition de l’Assemblée devint beaucoup plus ordonnée. Le trésorier était essentiellement un employé de l’Assemblée chargé de percevoir les revenus, de tenir les comptes, d’administrer les deniers publics et de verser les sommes autorisées selon les ordres du lieutenant-gouverneur. Simonds s’installa à Saint-Jean pour être en mesure de s’acquitter personnellement de ses devoirs de percepteur dans cette ville et, en 1832, il résista avec succès à un ordre du lieutenant-gouverneur sir Archibald Campbell lui enjoignant de revenir à Fredericton. Il était chargé de superviser le travail d’un groupe de sous-receveurs répartis un à un dans les ports de mer et autres points d’entrée de la province. En tant que principal fonctionnaire aux finances, il donnait généralement des avis sur la constitution juridique des banques et des compagnies d’assurances et il aidait à faire des arrangements pour le placement des fonds publics ou pour l’investissement des capitaux de compagnie dans la dette provinciale. Il demeura trésorier jusqu’à sa mort.

Parmi les présidents de l’Assemblée du Nouveau-Brunswick, les frères Simonds furent les premiers à ne pas appartenir au cercle des fonctionnaires loyalistes. Ils avaient de profondes racines dans le monde des affaires, mais par leur mariage et ceux de leurs sœurs ils finirent par avoir de nombreuses relations au sein de l’élite. Les antécédents familiaux, les intérêts personnels, la richesse, tout contribua à leur ascension aux postes de commande. Ils semblent avoir toujours agi de concert en politique, au point que la carrière de Richard, bien que remarquable en soi, paraît à bien des égards n’avoir été qu’un prélude à celle de son frère aîné, lequel, pour sa part, fut en mesure de continuer ce qu’ils avaient commencé ensemble.

Richard Simonds mourut à Saint-Jean « à la suite d’une brève maladie », à l’âge de 47 ans.

D. Murray Young

APC, MG 11, [CO 188] New Brunswick A, 43 : 142, 149–150 ; MG 23, D1, 5 : 217–218 ; MG 24, A3, R. Simonds à Douglas, mars 1829 ; L6, 1, material on Miramichi fire, 1825 ; 3, N.B. Agricultural and Emigrant Soc., minute-book, no 1 (1825–1830).— APNB, MC 1156 ; RG 4, RS24, particulièrement S36-M3.7, S37-Z11.1–6, S42-M3 ; RG 7, RS71, 1831, James Simonds.— Musée du N.-B., Gilbert family records, vol. 4 ; D. R. Jack papers, folder 1 (copie dactylographiée) ; Richard Simonds, account-book.— Northumberland Land Registry Office (Newcastle, N.-B.), Registry books, 1810–1823, particulièrement 9 : 54–60 (mfm aux APNB).— UNBL, MG H11.— N.-B., House of Assembly, Journal, 1816–1832 ; Legislative Council, Journal, [1786–1830], vol. 2, 1829–1830 ; 1831–1836.— Mercury, 23 déc. 1828.— Royal Gazette (Fredericton), 10 févr. 1824, 22 avril 1828, 11 mai 1836.— Hill, Old Burying Ground.— F. A. Firth, « King’s College, Fredericton, 1829–1859 », The University of New Brunswick memorial volume [...], A. G. Bailey, édit. (Fredericton, 1950), 22–32.— D. M. Young, « The politics of higher education in the Maritimes in the 1820’s : the New Brunswick experience » (communication faite devant l’Atlantic Studies Conference, Halifax, avril 1980).— J. McG. Baxter, « Francis Peabody, the founder of Chatham », Miramichi Natural Hist. Assoc., Proc. (Chatham, N.-B.), no 6 (1911) : 35–53.

Bibliographie générale

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D. Murray Young, « SIMONDS, RICHARD », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/simonds_richard_7F.html.

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Auteur de l'article:   D. Murray Young
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1988
Année de la révision:   1988
Date de consultation:   23 juillet 2014