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SMITH, ALEXANDER, maçon, né en 1819 ou en 1820 à Nairn, Écosse ; il épousa une prénommée Isabella, et ils eurent au moins un fils et une fille ; décédé le 25 septembre 1892 à St John’s.

Alexander Smith arriva à St John’s en 1847, un an après qu’un incendie eut détruit une grande partie de la ville. Comme il avait appris le métier de maçon, il espérait profiter de la reconstruction massive alors en cours. Il établit sans tarder une entreprise de maçonnerie, et se concentra d’abord sur l’industrie de la construction ; il bâtit au bord de l’eau les établissements commerciaux des Stewart, Duder [V. Edwin Duder*] et autres marchands. Smith travailla aussi à la construction du pénitencier et de plusieurs phares de pierre dans diverses parties de Terre-Neuve. Cependant, pour éviter que sa subsistance ne dépende uniquement de la demande limitée de construction de bâtiments en pierre, il avait déjà commencé, en 1851, à tailler et à vendre des pierres tombales, commerce qu’il allait pratiquer jusqu’à la fin de sa vie. Il fonda donc la St John’s Marble Works et son marché ne tarda pas à s’étendre à toute l’île. Ses pierres étaient bien travaillées, mais n’étaient pas de conception vraiment originale. De toute évidence, Smith se contentait de copier les styles alors en vogue. Il disposait sûrement de modèles de sculpteurs britanniques dont il s’inspirait pour tailler ses monuments et graver les épitaphes. Dans de nombreux cas, son travail ne se distinguait pas de celui de ses concurrents.

Smith fabriqua aussi des dessus de table et des pièces de cheminée. Il se servait surtout de marbre qu’il importait des États-Unis et d’Italie. Même si la fabrication de pierres tombales assura sa subsistance, les travaux qu’il exécuta pour diverses églises de l’île furent ses réalisations les plus importantes. Il sculpta des fonts baptismaux de forme octogonale pour la Church of the Epiphany, église anglicane de Woody Point, dans la baie Bonne. Son travail le plus remarquable, cependant, est l’autel que lui commandèrent les Sisters of the Presentation of the Blessed Virgin Mary en 1883 pour commémorer le cinquantième anniversaire de leur arrivée à Terre-Neuve [V. Mlle Kirwan*, dite sœur Mary Bernard]. L’avant de cet autel comporte trois scènes finement sculptées qui dépeignent des facettes de l’histoire de cette congrégation à Terre-Neuve : le premier tableau illustre l’arrivée en bateau des religieuses dans le chenal du port de St John’s, le deuxième les présente en train de faire l’école à des enfants de la ville, et le dernier montre l’ensemble des bâtiments ecclésiastiques qui dominent l’horizon de St John’s. Apparemment, les religieuses avaient d’abord communiqué avec des maçons de Boston, mais n’en avaient trouvé aucun capable d’exécuter ce travail. C’est alors qu’elles en donnèrent la commande à Smith, qui se fit aider par son apprenti, John Whelan.

L’entreprise de Smith non seulement réalisa des travaux importants, mais s’occupa aussi de la formation d’autres sculpteurs qui se firent une réputation par la suite. James McIntyre, originaire d’Écosse lui aussi, travailla pour Smith de 1869 à 1879 et s’occupa de la succursale que celui-ci avait ouverte à Harbour Grace en 1862. Il aida Smith à réaliser des travaux comme l’autel de l’église d’Oderin, dans la baie de Plaisance, et se lança plus tard à son compte. Smith forma aussi dans ce métier son petit-fils, Charles F. Muir, qui prendrait sa relève après sa mort. Tout en continuant à fabriquer des pierres tombales, il exécuta à l’occasion des travaux de construction jusqu’à la fin de sa vie. Il s’occupa de la fabrication des garnitures en marbre pour le Waverley Hotel à St John’s, qui fut terminé à la fin de 1892.

À titre de membre de la loge Tasker, à St John’s, Alexander Smith participa très activement à la franc-maçonnerie. Il mourut en 1892 à l’âge de 72 ans. Dans une de ses notices nécrologiques, on disait de lui qu’il avait la « trempe caractéristique de l’Écossais bon, rude ; mais sous cette rudesse battait un cœur généreux, s’il en fût jamais dans le corps d’un homme ». Sa pierre tombale est un monument singulièrement banal, ce qui témoigne de l’aspect secondaire de cette activité en comparaison des travaux plus remarquables que Smith a réalisés pour des églises.

Gerald L. Pocius

Evening Herald (St John’s), 26 sept. 1892.— Evening Telegram (St John’s), 12 sept. 1883.— Times and General Commercial Gazette (St John’s), 8 nov. 1884, 1er oct. 1892.— Nfld. directory, 1864–1865 : 368.— Nfld. men (Mott), 241, 249.— G. L. Pocius, « The place of burial : spatial focus of contact of the living with the dead in eastern areas of the Avalon peninsula of Newfoundland » (thèse de {{m.a}}., Memorial Univ. of Nfld., St John’s, 1976) ; « Eighteenth- and nineteenth-century Newfoundland gravestones : self-sufficiency, economic specialization, and the creation of artifacts », Material Hist. Bull. (Ottawa), 12 (1981) : 1–16.

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Gerald L. Pocius, « SMITH, ALEXANDER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/smith_alexander_12F.html.

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Auteur de l'article:   Gerald L. Pocius
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   30 juillet 2014