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SMITH, SAMUEL, officier, homme politique et administrateur colonial, né le 27 décembre 1756 à Hempstead, New York, fils de James Smith, immigrant écossais ; le 21 octobre 1799, il épousa à Newark (Niagara-on-the-Lake, Ontario) Jane Isabella Clarke, et ils eurent deux fils et neuf filles ; décédé le 20 octobre 1826 à York (Toronto).

Samuel Smith se joignit aux Queen’s Rangers à titre d’enseigne en 1777. Promu capitaine en 1780, il comptait au nombre des officiers qui, l’année suivante, capitulèrent à Yorktown, en Virginie. Après la guerre, Smith vécut quelque temps au Nouveau-Brunswick puis se rendit en Angleterre en 1784. Il obtint une commission de capitaine dans la deuxième unité des Queen’s Rangers le 20 décembre 1791, et Niagara (Niagara-on-the-Lake) constitua sa première affectation. En août 1794, il conduisit le détachement qu’on envoyait à York. Il commanda le régiment à compter de 1799 et fut fait lieutenant-colonel en 1801. Toutefois, il fut mis à la demi-solde au moment du licenciement des Queen’s Rangers, en novembre 1802.

Smith se retira alors sur la terre qu’il avait choisie en 1796 dans le canton d’Etobicoke, où d’autres membres démobilisés des Queen’s Rangers vinrent le rejoindre. Cet établissement allait demeurer isolé d’York pour encore 20 ans. Même s’il y possédait 1 000 acres de terre, Smith ne disposait pas des moyens qui lui auraient permis de réaliser les plans qu’il avait envisagés pour améliorer son domaine. Dans son isolement, sa situation était assez modeste pour que sa sœur Anne, reconnue comme étant une jolie femme, semble un parti médiocre à l’ambitieux Joseph Willcocks*. Durant plus de dix ans, Smith vécut à Etobicoke sans occuper de charge publique, puis, le 30 novembre 1813, il entra au Conseil exécutif, où il siégea jusqu’à l’année précédant sa mort.

Le 11 juin 1817, le lieutenant-gouverneur Francis Gore* ayant quitté le Haut-Canada, Smith fut assermenté administrateur de la province. Il était en effet le plus ancien conseiller à n’être ni catholique, comme James Baby, ni titulaire d’un autre poste, comme John McGill ou William Dummer Powell. Il exerça cette fonction jusqu’au 13 août 1818 puis de nouveau, en l’absence du lieutenant-gouverneur sir Peregrine Maitland*, du 8 mars au 30 juin 1820.

Pendant son mandat d’administrateur, Smith laissa dormir le problème posé par la concession de terres aux immigrants américains. Les instructions de Londres lui commandaient de leur faire prêter le serment d’allégeance (Gore avait soulevé une tempête en refusant cela), mais d’exiger sept ans de résidence avant de leur concéder des terres, et de déposséder ceux qui ne répondaient pas aux exigences. Au lieu de suivre cette voie, il écouta le Conseil exécutif qui lui recommandait, pour ne pas troubler la stabilité des titres fonciers, de ne pas soulever la question. Celle-ci ne fut d’ailleurs réglée que lorsque le Naturalization Act, en 1828, vint valider toutes les concessions datant de 1820 et d’avant. Son inaction s’avérait judicieuse, mais elle eut pour résultat que le conseil « dorm[it] sur un bureau encombré de demandes », ainsi que le disait Maitland.

Smith échoua dans ses relations avec l’Assemblée qui, ayant été prorogée par Gore le 7 avril 1817, n’était absolument pas disposée à la conciliation. Elle se querella avec le Conseil législatif parce que celui-ci avait amendé les projets de loi de finances et refusa de voter des crédits jusqu’à ce qu’elle puisse le faire au moyen d’une adresse directe à Smith, sans la participation du Conseil législatif. De plus, elle exigea une comptabilité des dépenses civiles et se prononça en faveur du rappel des crédits qu’elle avait consentis en 1816 lorsqu’elle découvrit que, des £2 500 votées, £800 avaient été versées à titre de pension à l’ancien juge en chef, Thomas Scott, et £400 en tant que salaire pour le président du Conseil législatif. Au bout de deux mois, le 1er avril 1818, Smith prorogea l’Assemblée car il désespérait de voir les deux chambres coopérer d’une quelconque manière.

Ce fut son inaptitude à mater Robert Gourlay* qui valut à Samuel Smith ses critiques les plus sévères. De l’avis de Gourlay, Smith, « à titre de président, [n’était] rien ». John Strachan* le trouvait « faible », « dépourvu d’énergie et de talents ». Pourtant c’était Smith qui, sans consulter Powell ni Strachan, avait décidé en avril 1818 qu’il fallait arrêter Gourlay si une loi l’autorisait. En outre, après que Gourlay eut été acquitté de plusieurs accusations de diffamation, Smith tenta encore de savoir si la convention tenue à York par Gourlay n’était pas illégale. Ce fut donc la loi, et non l’indécision, qui empêcha Smith de laisser libre cours à l’horreur que, en tant que tory, il éprouvait devant la sédition. Quand Maitland vint prendre en charge l’affaire Gourlay et tous les autres problèmes du gouvernement, il y eut des manifestations de soulagement dans la province. Sans doute Smith, de sa retraite d’Etobicoke, se sentit-il lui aussi soulagé d’un grand poids.

S. R. Mealing

Les notices biographiques de Samuel Smith qui paraissent dans Chadwick, Ontarian families, et D. B. Read, The lieutenant-governors of Upper Canada and Ontario, 1792–1899 (Toronto, 1900), ne sont pas très révélatrices. Les principales sources pour l’étude de sa carrière à titre d’administrateur sont sa correspondance officielle, que l’on trouve au PRO, CO 42, et les journaux de la législature. Des commentaires de ses contemporains se trouvent dans : Statistical account of U.C. (Gourlay), 2 ; Strachan, Letter book (Spragge) ; les William Dummer Powell papers (AO, MTL et APC) ; les Peter Russell papers (AO et MTL), et les Simcoe papers (décrit dans la bibliographie de la biographie de ce dernier, DBC, 5).  [s. r. m.]

Bibliographie générale

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S. R. Mealing, « SMITH, SAMUEL », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 31 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/smith_samuel_6F.html.

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Auteur de l'article:   S. R. Mealing
Titre de l'article:   SMITH, SAMUEL
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   31 juillet 2014