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SMYTH, JOHN (connu également sous le nom de sir John Smith), fermier, agent foncier et poète, né vers 1792 ; décédé le 1er septembre 1852 à la House of Industry de Toronto.

D’après ses dires, John Smyth « naquit et fut élevé dans la province du Canada » et travailla comme fermier jusqu’à 23 ans. Vers 1815, il abandonna ce travail pour devenir agent foncier à York (Toronto). Passionné de chemin de fer, il publia en 1837 une carte intitulée Map of Upper Canada, shewing the proposed routes of rail roads, for the purpose of extending the trade of the province. Les libraires torontois Henry Rowsell*, Robert Stanton* et James Lesslie* en vendirent des exemplaires. Huit ans plus tard, Smyth publia un court essai intitulé « Railway communication [...] », dans lequel il faisait une des premières propositions publiques réclamant la construction d’une voie ferrée entièrement canadienne. En prévision d’une guerre entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, écrivait-il, un embranchement de la voie devrait être construit « pour passer à l’arrière du lac Huron et aussi à l’arrière du lac Supérieur, à 20 milles à l’intérieur du comté du lac précité, [et] pour rejoindre le chemin de fer entre le lac Supérieur et Winnipeg, au principal poste de traite de la North West Company au nord-ouest ».

Smyth avait commencé à écrire en 1837 ou 1838, en réponse à un poème anonyme qu’il avait reçu par la poste. La découverte de son talent le surprit « autant que s’[il] avai[t] vu quelqu’un s’envoler vers la lune ». L’écrivain britannique Frederick Marryat* inclut un des premiers poèmes de Smyth, To the ladies of the city of Toronto, dans son ouvrage à grand tirage intitulé A diary in America [...], paru en 1839. Toutefois, c’est surtout par ses deux livres que Smyth se fit connaître. Le premier, Select poems, fut publié à Toronto en 1841. L’exemplaire qui se trouve à la Metropolitan Toronto Library porte cette inscription manuscrite : « Curiosité littéraire ». Le livre renferme plusieurs poèmes sur des sujets d’actualité, comme les cérémonies tenues à Toronto à l’occasion du mariage de la reine Victoria et les actes de vandalisme commis contre le monument de sir Isaac Brock*, à Queenston Heights. Dans un poème sur le transfert du siège du gouvernement de Toronto à Kingston, Smyth prédit que Toronto allait « fleurir et s’épanouir comme une rose », même si la ville perdait les revenus du gouvernement.

Des annonces parues dans des journaux contemporains couvrirent l’œuvre de Smyth de louanges dithyrambiques. L’une d’elles, publiée dans le Toronto Patriot du 14 mai 1841, proclamait : « Il est même au-dessus de tout éloge et de toute censure. Dans certains domaines de la littérature, sir John peut avoir été dépassé, mais nous n’hésitons pas à affirmer que pour l’exquise musicalité de sa versification, pour l’originalité particulière de ses idées et pour sa capacité de marier le sarcasme le plus caustique et le plus cinglant avec les plus pures inspirations de la charité chrétienne, jamais il ne devrait être surpassé ! »

Quatre ans plus tard, Smyth publia A small specimen of the genius of Canada West, and the wonders of the world. Dans la préface, il affirmait que ses écrits étaient spontanés et dénués d’efforts : « Je m’étonne fort de ce que je puisse traiter aussi bien et aussi élégamment tout sujet auquel je m’attaque. » Il signait ce livre d’essais et de poèmes d’une désignation de son cru : « Sir John Smyth, baronnet et membre du génie royal, poète canadien, LL.D., P. L. [poète lauréat] et moraliste ».

En réalité, Smyth était un objet de risée pour plusieurs de ses contemporains. Dans une lettre ouverte au gouverneur sir Charles Theophilus Metcalfe*, parue dans A small specimen, il niait catégoriquement les rumeurs selon lesquelles il était fou et affirmait que « pareils bruits malveillants à [son] sujet [étaient] tous faux, erronés et des plus diaboliques ». Une note, attribuée à Matthew Teefy, de Richmond Hill, disait que Smyth « n’[avait] jamais [été] un homme actif et intelligent, mais [qu’il] était faible et sot, adonné à la [poésie] et à l’amour, et [qu’il] devint la risée des jeunes mondains ». La notoriété de Smyth s’accrut encore après qu’il eut perdu l’usage de ses jambes : il se déplaçait alors dans une voiture qu’il faisait avancer tout en restant assis. À sa mort en 1852, il était pauvre et vivait de la charité publique.

On conserva longtemps le souvenir de l’excentrique John Smyth, même si sa poésie était dépourvue d’intérêt. Vingt ans plus tard, Henry Scadding* écrivait : « Sir John Smythe trouva dans les écrits publics une place pour ses œuvres, dont les irrégularités syntaxiques et la liberté de ponctuation prouvèrent que l’auteur [...] était un homme supra grammaticam, dont le génie dépassait les virgules. »

Beverly Fink Cline

John Smyth est l’auteur des publications suivantes conservées à la MTL : Map of Upper Canada, shewing the proposed routes of rail roads, for the purpose of extending the trade of the province (New York, 1837) ; To the ladies of the city of Toronto, dans Frederick Marryat, A diary in America, with remarks on its institutions (3 vol., Londres, 1839), 1 : 217 ; Select poems (Toronto, 1841) ; et A small specimen of the genius of Canada West, and the wonders of the world (Toronto, 1845), qui contient aussi « Railway communication [...] », 25–32. L’exemplaire de la MTL de Select poems, ayant appartenu à Matthew Teefy, renferme des annotations manuscrites sur Smyth ; l’exemplaire de A small specimen est le seul connu et probablement le seul qui existe encore, mais il lui manque les pages 13–24.

      British Colonist (Toronto), 5, 12 mai 1841.— Christian Guardian, 8 sept. 1852.— Toronto Patriot, 14 mai 1841.— Scadding, Toronto of old (Armstrong ; 1966), 118–119.

Bibliographie générale

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Beverly Fink Cline, « SMYTH, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 15 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/smyth_john_8F.html.

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Auteur de l'article:   Beverly Fink Cline
Titre de l'article:   SMYTH, JOHN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
Date de consultation:   15 septembre 2014