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SOVEREENE (Souvereene, Sovereign), HENRY, fermier et bardeleur, reconnu coupable de meurtre, né vers 1788, probablement près de Schooley’s Mountain, comté de Morris, New Jersey, fils aîné de David Sovereen et d’Anne (Nancy) Culver ; il épousa Mary (Polly) Beemer (Beamer) ; pendu le 13 août 1832 à London, Haut-Canada.

Henry Sovereene immigra dans le Haut-Canada en 1799 en compagnie de nombreux membres des familles Sovereen et Culver. Formant un convoi d’une vingtaine de chariots, de 40 paires de bœufs, de 300 moutons et d’un grand nombre de chevaux et de vaches, le groupe parvint vers le mois de juillet à Long Point, où Jabez Collver* s’était installé quelques années auparavant. Dès 1802, la famille de David Sovereen vivait à Round Plains, dans le canton de Townsend. Henry était fermier dans le canton de Windham et probablement marié lorsque, en 1802, il acheta de son oncle un lot de 200 acres dans ce canton. Quatre ans plus tard, il en revendit une partie.

En août 1819, Sovereene fut reconnu coupable d’avoir « abattu un cheval consciemment, volontairement et avec préméditation », et il fut condamné à la pendaison par le juge William Campbell. Cependant, le lieutenant-gouverneur, sir Peregrine Maitland*, commua la peine et, dès 1821, Sovereene s’était remis à l’exploitation agricole dans le canton de Windham. Ayant vendu le reste de sa terre, il élut résidence dans la partie nord du lot 1, dans le rang 5, propriété d’Ephraim Serles, son oncle par alliance, qui vivait tout près. Bien qu’on l’ait décrit plus tard comme un homme industrieux et un bon soutien de famille – non seulement il était fermier mais il fabriquait aussi des bardeaux –, Sovereene s’adonnait depuis longtemps à la boisson. Il avait généralement de bons rapports avec ses voisins, dont beaucoup lui étaient apparentés. Quand il était sobre, il se montrait « plutôt affectueux avec sa femme et ses enfants », mais il pouvait être violent lorsqu’il buvait. Il lui était même arrivé de les menacer de mort.

Le 23 janvier 1832, avant l’aurore, Sovereene alla dire aux Serles que deux hommes au visage noirci avaient fait irruption chez lui. Il craignait pour sa famille, car les intrus l’avaient frappé au bras et à la poitrine avec un couteau. Dans sa maison, des voisins trouvèrent le corps de deux enfants ; un troisième devait mourir plus tard de ses blessures et une quatrième dormait, indemne. Dehors, on retrouva le corps de quatre autres enfants et le cadavre « parfaitement froid » de sa femme. Dès qu’un policier découvrit l’une des armes du crime (le couteau d’un des garçons de la famille), les soupçons se tournèrent vers Sovereene. On trouva aussi dans la poche de son gilet un canif taché de sang, avec lequel il se serait infligé ses propres blessures ; enfin, on découvrit, cachée entre la paille et les plumes d’un des lits de la maison, une autre arme ensanglantée et presque entièrement couverte de cheveux de différentes couleurs, qui était une marotte ou un maillet servant à fendre du bois pour fabriquer des bardeaux. Après son arrestation et une enquête, Sovereene fut transporté à la prison de London.

Avant les assises, London avait été ravagé par le choléra et la plupart des résidents avaient déserté. À l’ouverture des audiences, le jury d’accusation ne comptait que neuf membres et il fallut recruter les autres parmi les spectateurs. Sovereene fut jugé le 8 août 1832. Après des délibérations qui durèrent moins d’une heure, le jury le déclara coupable. Le juge James Buchanan Macaulay*, s’appuyant sur des preuves indirectes extrêmement fortes, le condamna à être pendu deux jours plus tard. L’exécution fut ensuite remise au 13 août.

Henry Sovereene, qui avait toujours fait preuve d’une extrême opiniâtreté, n’avait manifesté aucune émotion durant son procès et n’avait cessé d’affirmer calmement son innocence. Le jour de son exécution, il monta résolument à l’échafaud ; la peur du choléra étant toujours présente, l’événement attira une foule qui ne comptait que 300 personnes environ. Après sa mort, le corps de Sovereene fut remis aux médecins pour être disséqué. Selon la légende, il fut inhumé à l’Oakland Pioneer Cemetery. Il laissait les trois aînés de ses enfants, absents la nuit des meurtres, et Anna, âgée de trois ans, qui avait été trouvée indemne. Le motif des crimes ne fut jamais établi. Quand aux premières heures de ce matin de janvier Sovereene s’était présenté à la porte des Serles, il n’avait « montré aucun signe de folie » et il « était tout à fait sobre ».

Daniel J. Brock

Eva Brook Donly Museum (Simcoe, Ontario), Sovereign family file.— Dan Brock’s Hist. Almanack of London, D. [J.] Brock, compil. (London, Ontario), été 1975. Christian Guardian, 1er févr. 1832.

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Daniel J. Brock, « SOVEREENE, HENRY », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/sovereene_henry_6F.html.

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Auteur de l'article:   Daniel J. Brock
Titre de l'article:   SOVEREENE, HENRY
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   19 septembre 2014