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STAYEGHTHA (Stiahta, Tey-yagh-taw, Ustaiechta, Roundhead), chef de guerre wyandot, né au milieu du xviiie siècle ; décédé en 1813 dans la région de la rivière de Detroit.

Au début du xixe siècle, il y avait, sur le cours supérieur de la rivière Scioto, un village wyandot appelé Roundhead’s Town (Roundhead, Ohio). Toutefois, à l’époque où Roundhead est le plus souvent mentionné dans les sources historiques, il vivait dans la région de la rivière de Detroit. Il participa vraisemblablement aux guerres du début des années 1790 contre les Américains, puisqu’il était présent au traité de Greenville, en 1795. Il y était venu des environs de Detroit avec un parti de Wyandots, de Chaouanons, d’Iroquois des Six-Nations et de Loups (Delawares). Bien qu’il s’y présentât à la fin de juillet, au moment où les délibérations étaient presque terminées, il signa l’accord par lequel les Indiens vaincus cédaient presque tout ce qui est aujourd’hui l’Ohio et une partie de l’Indiana. En septembre 1800, il apposa son nom sur un traité par lequel quelque 2 500 acres de terre du côté canadien de la rivière de Detroit étaient abandonnées à la couronne britannique.

Très tôt, Roundhead fut en étroites relations avec Prophet [Tenskwatawa*] et avec Tecumseh, au sein du mouvement qu’ils organisèrent pour préserver la culture et les terres indiennes de tout nouvel empiétement de la part des Blancs. En 1807, il fut, avec Tecumseh, Blue Jacket [Weyapiersenwah] et Panther, l’un des émissaires envoyés à Greenville par un conseil indien pour assurer le gouverneur de l’Ohio que Prophet ne cherchait rien d’autre que la paix. Deux ans plus tard, Roundhead participa, semble-t-il, probablement sous la direction de Prophet, à l’exécution du chef wyandot Leatherlips, accusé de sorcellerie.

À la veille de la guerre de 1812, Roundhead était le chef d’un groupe de quelque 60 Wyandots qui vivaient sur la rivière Canard (près de Windsor, Ontario). Il devint l’un des chefs indiens les plus actifs au combat dans la région frontière de Detroit, croyant sans doute, à l’instar de Tecumseh, que l’alliance avec les Britanniques représentait la seule chance de préserver les terres indiennes contre l’envahissement du peuplement américain. En août 1812, il fut l’un de ceux qui dirigèrent les Indiens lors de l’engagement de Maguaga (Wyandotte, Michigan), et il joua un rôle de premier plan dans la prise de Detroit. Une anecdote, publiée pour la première fois en 1818, veut qu’en cette dernière occasion Tecumseh ait remis à Roundhead l’écharpe cramoisie que lui avait donnée Brock, en disant que cet honneur devait revenir à un guerrier plus ancien et plus capable que lui.

En septembre 1812, Roundhead prit part à l’expédition malheureuse du major Adam C. Muir contre le fort Wayne (Fort Wayne, Indiana). En janvier 1813, Tecumseh étant absent, Roundhead et Myeerah commandaient une armée de 500 à 600 Indiens lors de la victoire des farces britanniques et indiennes sur les Américains à Frenchtown (Monroe, Michigan). Roundhead poursuivit son activité tout au long du printemps de 1813. En compagnie de Tecumseh, il commanda près de 1 200 Indiens au siège du fort Meigs (près de Perrysburg, Ohio), en avril et en mai, siège au cours duquel son frère Jean-Baptiste fut tué. Au moment où le général américain William Henry Harrison se préparait à envahir le Haut-Canada, en septembre, il disait de Roundhead qu’il était « entièrement [dévoué] aux intérêts britanniques ». À la fin du mois suivant, sans donner aucun détail, le major général Henry Procter* affirmait : « la cause indienne et la nôtre ont subi une lourde perte par la mort de Roundhead ».

Reginald Horsman

PRO, CO 42/152 : 6669.— Canada, Indian treaties and surrenders [...] [16801906] (3 vol., Ottawa, 18911912 ; réimpr., Toronto, 1971), 1 : 13, 30s.— É.-U., Congress, American state papers (Lowrie et al.), class 2, [1] : 578.— Indian affairs : laws and treaties, C. J. Kappler, compil. ([2e éd.], 2 vol., Washington, 1904), 2 : 44.— Messages and letters of William Henry Harrison, Logan Esarey, édit. (2 vol., Indianapolis, Ind., 1922), 2 : 537.— Mich. Pioneer Coll., 15 (1889) : 151154 ; 25 (1894) : 431.— Norton, Journal (Klinck et Talman), 300s., 314s.— « Policy and practice of the United States and Great Britain in their treatment of Indians », North American Rev. (Boston), 24 (janv.-avril 1827) : 422, 424.— [John] Richardson, Richardson’s War of 1812 ; with notes and a life of the author, A. C. Casselman, édit. (Toronto, 1902 ; réimpr., 1974), 134s., 296, 299.— Select British docs. of War of 1812 (Wood), 2 : 8, 323, 423.— Handbook of American Indians (Hodge), 2 : 397.— Benjamin Drake, Life of Tecumseh, and of his brother, the Prophet [...] (Cincinnati, Ohio, 1850), 9497, 118.— B. J. Lossing, The pictorial field-book of the War of 1812 [...] (New York, 1868), 291.— Erminie Wheeler-Voegelin, An ethnohistorical report on the Wyandot, Potawatomi, Ottawa, and Chippewa of northwest Ohio (New York, 1974), 248.— Ludwig Kosche, « Relics of Brock : an investigation », Archivaria (Ottawa), no 9 (hiver 19791980) : 33103.

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Reginald Horsman, « STAYEGHTHA », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 16 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/stayeghtha_5F.html.

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Auteur de l'article:   Reginald Horsman
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Titre de la publication:   FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   16 septembre 2014