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STEAD, HAY STRAFFORD, artiste, commis à la Hudson’s Bay Company et journaliste, né le 26 octobre 1871 dans le Lancashire, Angleterre, un des cinq enfants de George Strafford Stead et d’une prénommée Rachel Agnes ; il épousa Emily Bertha Earle, et ils n'eurent pas d’enfants ; décédé le 19 février 1924 à Montréal et inhumé dans cette ville.

Venu au Canada avec ses parents quand il était enfant, Hay Strafford Stead arriva à Winnipeg vraisemblablement en 1889 avec son père, fonctionnaire au Parlement provincial. Peut-être à peu près au même moment, il fit des travaux agricoles dans le district manitobain de Gilbert Plains. Dès août 1892, il vivait à Winnipeg et était commis au bureau général de la Hudson’s Bay Company. Il quitterait cet emploi en août 1905. À peu près de 1906 jusqu’en 1922, il travaillerait au Manitoba Free Press, au Winnipeg Saturday Post, au Winnipeg Telegram et à la Winnipeg Tribune, et ce en qualité de journaliste, de chroniqueur, d’éditorialiste, de rédacteur d’articles vedettes, d’illustrateur ou de caricaturiste de la page éditoriale. Il collaborerait à d’autres publications, notamment un hebdomadaire winnipeguois sur les arts et spectacles, le Town Topics, et un mensuel publié à Regina, le Trail.

Dans la carrière de Stead, la pratique et la promotion des arts avaient précédé le journalisme : son côté artiste s’était manifesté pendant qu’il était commis à la Hudson’s Bay Company. Tout au long de sa vie professionnelle, il prit part à des sociétés culturelles, littéraires et artistiques, à des programmes de formation artistique et à des expositions publiques d’art, soit en enseignant, en lisant des communications, en commentant des expositions ou en prêtant ses talents.

Membre de l’Art and Literature Society, Stead présenta un exposé à l’une des réunions de cet organisme à Winnipeg en 1895. La même année, George Bryce*, spécialiste de l’histoire locale, naturaliste et éducateur, l’envoya dans la campagne manitobaine dessiner des fleurs sauvages pour son manuel intitulé Our Canadian prairies. L’année suivante, Stead peignit des décors pour la Winnipeg Operatic and Dramatic Society. En octobre 1903, il exposa au Parkin’s Studio avec d’autres membres de la Manitoba Society of Artists. Parmi ses œuvres se trouvait une aquarelle représentant un bateau de pêche sur une mer agitée ; un critique du Free Press la trouva « particulièrement fidèle à la nature car les vagues sembl[aient] bouger tandis qu’on les regard[ait] ». Fondée au cours de l’année 1902, la Manitoba Society of Artists n’adopta des statuts et règlements qu’en décembre 1903. Stead, membre fondateur, en fut le premier président. Il présenta, à la première exposition officielle de la société, un portrait à l’huile intitulé A Selkirk native et de petits paysages à l’aquarelle. Un critique remarqua In the Turtle Mountains ; un autre employa, pour décrire la manière de Stead, les mots « soignée » et « adroite ». Stead lui-même avait la compétence nécessaire pour jouer le rôle de critique : il le fit à l’occasion d’une exposition prêtée à la section des beaux-arts de la Winnipeg Industrial Exhibition en 1904.

Au moment de son décès, on rappellerait que Stead avait été un « brillant caricaturiste ». Selon une nécrologie, son talent pour la caricature l’avait mené au journalisme, mais en fait, peut-être était-ce le caractère public de ses activités artistiques qui avait attiré l’attention du Free Press. Dès 1905, ce journal lui commanda des aquarelles qui seraient reproduites en couverture d’un livret publié chaque année à l’occasion de Noël. En 1907 et en 1908, Stead exécuta de nombreuses illustrations et caricatures pour le Free Press ; par la suite, il travaillerait de plus en plus comme chroniqueur. Ses caricatures politiques sur les élections manitobaines de 1907 reflétaient l’esprit des éditoriaux écrits contre le premier ministre de la province, Rodmond Palen Roblin* ; peut-être, d’ailleurs, quelques-uns de ces articles étaient-ils de la plume de Stead. En outre, ce dernier publia des caricatures d’éminents fonctionnaires, hommes d’affaires et membres des professions libérales dans un collectif produit par la Newspaper Cartoonists’ Association of Manitoba et intitulé Manitobans as we see ’em, 1908 and 1909. Placé dans les premières pages aux côtés de ceux des autres membres de l’association, son autoportrait montre un homme digne à l’air introspectif, avec un haut col dur. En 1911, Stead présenta à la Western Art Association un exposé sur la caricature, qu'il définissait comme « un dessin où est estampillée la personnalité du modèle ».

En 1912, Stead enseigna l’illustration en noir et blanc à la Free Art School, qui était parrainée par la Western Art Association et la Manitoba Society of Arts and Crafts. La même année, l’Industrial Bureau le nomma à son nouveau comité des beaux-arts, qui organisait des expositions locales et prêtées pour les foires annuelles du bureau. De plus, le comité contribua à l’établissement du Winnipeg Museum of Fine Arts en 1912 et de la Winnipeg School of Art l’année suivante. Stead fit partie du comité de gestion de cette école et fut membre du jury au concours tenu par elle en 1914.

Stead fut temporairement conservateur du musée, qui ouvrit ses portes en juin 1914. L’exposition d’accueil, produite par la Western Art Association, mettait en vedette des artistes de l’Ouest canadien qui ne montraient « aucune molle nostalgie de l’atmosphère des vieux pays ». L’apport de Stead comprenait des huiles et aquarelles représentant, dans un style puissant, des scènes de chasse au bison et des paysages des Prairies, par exemple Near Pembina highway, Prairie sunset, The slough trail et Buffalo at Wainwright, Alta. Ses aquarelles intitulées The prairie et The canoe firent partie de l’exposition de l’Art Union of Canada en janvier 1915. Après cette année-là, Stead s’éclipsa de la communauté artistique locale. Tout au plus fit-il paraître, à l’occasion, des illustrations et des caricatures dans le Telegram, où il était surtout chroniqueur. Son travail de caricaturiste des pages éditoriales semble l’avoir éloigné des sociétés artistiques ou, plus probablement, l’avoir diminué à leurs yeux. En 1922, il fut président du Winnipeg Press Club. On peut encore voir, sur un mur de la salle de réunion, une caricature faite par lui et rappelant sa collaboration à ce cercle. L’année suivante, il s’installa à Montréal, où il fut réviseur de messages télégraphiques pour le Star. Il mourut dans cette ville au terme de quatre mois de maladie.

Personnage important du milieu artistique des Prairies canadiennes à l’époque où celui-ci était dans sa phase d’organisation, Hay Strafford Stead montra une sensibilité d’homme de l’Ouest, à la fois en tant que journaliste et artiste. Ses articles dans le Trail abordaient avec sérieux, et sous divers angles, des questions liées à l’environnement, à l’économie et à la politique de cette région. Ses caricatures portaient sur des sujets d’intérêt régional – par exemple, il s’y moquait des Torontois dans l’Ouest. Quant à ses tableaux, ils rendaient compte de phénomènes observables dans les Prairies.

Marcia Stentz

Ce qui subsiste de l’œuvre artistique de Hay Stafford Stead est constitué principalement de dessins humoristiques signés par lui. La collection de la Winnipeg Art Gallery comprend des aquarelles représentant des bisons dans la prairie en été datées de 1914 et un paysage peint à l’huile sans titre et non daté. Des dessins non datés du vieux fort Prince of Wales (Churchill, Manitoba) et du deuxième fort, ainsi que des esquisses originales de dessins humoristiques, datant peut-être des années 1920, sont conservés aux PAM .

Stead est l’auteur de trois articles parus dans le mensuel Trail (Regina) : « The story of halfbreed scrip », 2 (1910) : 303–311 ; « The outlet to Hudson Bay », 2 : 505–510 ; « The science of city growth », 3 (1911) : 25–33.

PAM, HBCA, D.38/53 : f.229 ; D.38/57 : ff.396d–397.— Manitoba Free Press, 13 oct. 1903, 11 nov. 1911, 16 févr., 11, 28 déc. 1912, 16 août 1913, 6 avril 1914, 15 nov. 1918, 20 févr. 1924.— Winnipeg Free Press, 19 févr. 1972.— Winnipeg Telegram, 13 oct., 13 nov. 1903, 22 juill. 1904, 20 juin, 30 juill. 1914, 29 sept. 1917, 18 nov. 1919.— Winnipeg Town Topics, 10 oct., 19 déc. 1903, 6 janv., 10 nov. 1906.— Winnipeg Tribune, 2 juill., 15 oct., 5 nov. 1895, 3 févr. 1896, 14 oct., 17 déc. 1903, 16 juill. 1914, 19 févr. 1924.— Marilyn Baker, The Winnipeg School of Art : the early years ([Winnipeg], 1984).— V. G. Berry, Vistas of promise, Manitoba, 1874–1919 : November 1st, 1987–January 17th, 1988 (catalogue d'exposition, Winnipeg Art Gallery, 1987).— George Bryce, Our Canadian prairies : being a description of the most notable plants of Manitoba [...] (Toronto, [1895]).— Manitobans as we see 'em, 1908 and 1909 (Winnipeg, 1909)

Bibliographie générale

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Marcia Stentz, « STEAD, HAY STRAFFORD », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 15, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/stead_hay_strafford_15F.html.

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Auteur de l'article:   Marcia Stentz
Titre de l'article:   STEAD, HAY STRAFFORD
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 15
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2005
Année de la révision:   2005
Date de consultation:   21 août 2014