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TESTARD DE MONTIGNY, JEAN-BAPTISTE-PHILIPPE, officier dans les troupes de la Marine, né le 15 juin 1724 à Montréal, fils de Jacques Testard* de Montigny et de Marie-Anne de La Porte de Louvigny ; il épousa, le 27 octobre 1748 à Montréal, Marie-Charlotte Trottier Desrivières, et ils eurent neuf enfants ; décédé le 3 novembre 1786 à Blois, France.

Afin d’apprendre les langues et les coutumes des Indiens, Jean-Baptiste-Philippe Testard de Montigny alla probablement à Michillimakinac (Mackinaw City, Michigan) avec son père, commandant de ce poste de 1730 à 1732. En 1736, il devint cadet à la garnison du fort Saint-Frédéric (près de Crown Point, New York). Son père mourut l’année suivante et sa mère se retrouva avec cinq filles à charge pendant que Montigny continuait de servir d’éclaireur dans les régions limitrophes du Canada et de la colonie de New York. Le jeune soldat acquit une connaissance approfondie des forêts et apprit à diriger des bandes de soldats et d’Indiens au cours d’expéditions de reconnaissance. On apprécia l’enthousiasme et la compétence de Montigny qui fut récompensé en conséquence : le 1er avril 1742, on le nommait provisoirement enseigne en second et, le 31 mai 1743, il le devenait en titre.

Lors de la guerre de la Succession d’Autriche, Montigny servit sous les ordres de Paul Marin* de La Malgue pendant l’attaque réussie contre le poste fortifié de Saratoga (Schuylerville, New York) en novembre 1745. Ayant reçu par la suite un commandement indépendant, il mena plus de 30 raids contre les établissements frontaliers de New York et du Connecticut. Au début de 1748, il fut promu enseigne dans la compagnie de Louis Herbin. Montigny demeura au fort Saint-Frédéric jusqu’en 1751. Le 1er avril 1753, il fut nommé lieutenant ; le gouverneur Duquesne le signalait comme un « Officier qui est actif et qui a un zele admirable ».

Quand s’accrurent les tensions entre la France et la Grande-Bretagne à propos de la domination de la région de l’Ohio, Montigny fut affecté au transport des provisions à destination des postes de l’Ouest. Entre 1753 et 1755, il mena un grand nombre de convois de ravitaillement à Détroit, au fort des Miamis (probablement à Fort Wayne, Indiana, ou tout près) et au fort Niagara (près de Youngstown, New York). Au moment où les hostilités éclatèrent, Montigny prit la tête d’un contingent d’Indiens pour aller participer à la défense du fort Duquesne (Pittsburgh, Pennsylvanie) contre les troupes du major général Edward Braddock et, en cette qualité, il aida à la victoire sensationnelle du 9 juillet 1755. Après la bataille, il collabora à la récupération du matériel d’artillerie abandonné par les Britanniques ; il aida aussi à retrouverle corps de son commandant, Daniel-Hyacinthe-Marie Liénard* de Beaujeu, tué pendant les premiers échanges de coups de feu.

Au début de 1756, Montigny était commandant en second sous les ordres de Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry lors de l’audacieux coup de main exécuté par voie de terre sur le fort Bull (à l’est du lac Oneida, New York). Montigny conduisit personnellement la charge contre les portes du fort ; après un vif combat, le poste britannique fut occupé puis détruit, et les Français se retirèrent en passant à travers bois. De retour à Montréal, Montigny mit sur pied une troupe de 62 hommes qui transportèrent, dans 12 canots, du ravitaillement en vue de l’attaque de Montcalm* contre le fort Chouaguen (ou Oswego ; aujourd’hui Oswego, New York). À la suite de la capture de ce poste en août, Montigny et ses hommes continuèrent sur Détroit et le fort des Miamis où il fit part aux Indiens de l’Ouest de la déclaration de guerre entre la Grande-Bretagne et la France et les exhorta à combattre pour le roi de France.

Promu capitaine le 1er mai 1757, Montigny passa l’année à escorter du ravitaillement à Détroit. Après un autre voyage à cet endroit au début de l’été de 1758, il prit la tête de 500 soldats pour renforcer le fort Niagara que menaçait une activité accrue des Britanniques dans l’Ouest. Pendant les quelques mois qui suivirent, il mena 600 autres hommes au fort Niagara et, le le, juin 1759, on l’envoya, accompagné d’une troupe, capturer le fort Pitt que les Britanniques avaient construit pour remplacer le fort Duquesne, détruit l’année précédente. Cependant, peu après son départ du fort Niagara, les Britanniques, sous les ordres du général de brigade John Prideaux et du commandant en second sir William Johnson, assiégèrent inopinément le fort. Rappelé en hâte, Montigny se joignit à François-Marie Le Marchand* de Lignery, Louis Legardeur de Repentigny, Joseph Marin de La Malgue et leurs hommes pour les repousser. Le 24, en vue du fort, ils tombèrent dans une embuscade que Johnson avait soigneusement préparée. Leur troupe fut taillée en pièces ; Montigny, qui subit trois blessures – il eut, notamment, une main fracassée –, fut capturé. Vendu par les Indiens aux Britanniques, il passa les deux années suivantes prisonnier en Nouvelle-Angleterre. À la suite de son échange, il se trouvait apparemment à Paris au début de 1762. La même année, on l’envoya en renfort, sur la frégate Zéphir commandée par François-Louis Poulin* de Courval, à la garnison qui avait pris St John’s, Terre-Neuve, en juin, sous les ordres de Charles-Henri-Louis d’Arsac de Ternay. Cependant, les navires britanniques interceptèrent le Zéphir, et Montigny fut emprisonné quelque temps en Angleterre avant de retourner à Saint-Malo en novembre.

Pour couronner la longue et brillante carrière militaire de Montigny, on le décora de la croix de Saint-Louis en août 1762. À la fin de la guerre de Sept Ans, séduit par la pension qu’avait promise le duc de Choiseul, Montigny décida de rester en France plutôt que de vivre sous la domination britannique dans son Canada natal. Après être retourné au Canada pour vendre ses biens et chercher sa famille, il débarqua à Calais le 19 novembre 1764 et se retira à Blois où il vécut jusqu’à sa mort.

David A. Armour

AN, Col., D2C, 41, p.185 ; 48 (copies aux APC).— APC, MG 18, H7.— Bougainville, Journal (A.-E. Gosselin), ANQ Rapport, 1923–1924, 213s., 216, 363–367.— [G.-J. Chaussegros de Léry], Journal de Joseph-Gaspard Chaussegros de Léry, lieutenant des troupes, 1754–1755, ANQ Rapport, 1927–1928, 361s., 371, 381 ; Les journaux de campagnes de Joseph-Gaspard Chaussegros de Léry, A. [-E.] Gosselin, édit., ANQ Rapport, 1926–1927, 350, 354s., 358s., 364, 374, 376, 380, 391.— NYCD (O’Callaghan et Fernow), X.— Papiers Contrecœur (Grenier), 49, 60, 67–69, 73, 75, 348, 390, 400, 417.— [J.-G.-C. Plantavit de Margon, chevalier de La Pause], Continuation du journal de la campagne, 1759, ANQ Rapport, 1933–1934, 120 ; Mémoire et observations sur mon voyage en Canada, ANQ Rapport, 1931–1932, 23, 26, 29s. ; Les « mémoires » du chevalier de La Pause, ANQ Rapport, 19321933, 308310.— Æ. Fauteux, Les chevaliers de Saint-Louis, 191.— Massicotte, Répertoire des engagements pour l’Ouest, ANQ Rapport, 19311932, 326329, 333, 339, 342, 348s., 351s., 356, 358363 ; 19321933, 250.Tanguay, Dictionnaire, VII : 283s.— Gilbert Hagerty, Massacre at Fort Bull, the de Léry expedition against Oneida Carry, 1756 (Providence, R.I., 1971).— F. H. Severance, An old frontier of France : the Niagara region and adjacent lakes under French control (2 vol., New York, 1917).

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David A. Armour, « TESTARD DE MONTIGNY, JEAN-BAPTISTE-PHILIPPE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/testard_de_montigny_jean_baptiste_philippe_4F.html.

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Auteur de l'article:   David A. Armour
Titre de l'article:   TESTARD DE MONTIGNY, JEAN-BAPTISTE-PHILIPPE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   20 septembre 2014