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TOWNSEND, WILLIAM H., marchand, banquier, armateur et homme politique, né à New York en 1812, fils de William et Lucinda Townsend, époux de Sarah Gardner dont il eut deux enfants, décédé à Yarmouth, N.-É., le 14 octobre 1873.

Round Hill, dans le comté d’Annapolis, n’avait rien pour séduire un jeune homme ambitieux comme William Townsend ; aussi, lorsque ses parents, plus optimistes que lui, quittèrent New York pour ce hameau perdu, William, à l’instar des héros de romans, déserta le foyer paternel en 1828. Il élut domicile à Yarmouth, deuxième port de la Nouvelle-Écosse, naguère bourdonnant d’activité commerciale. Il s’initia au métier de charron et, six ans après son arrivée, il ouvrit son premier commerce de quincaillerie et de fournitures pour les navires.

Entre 1837 et 1870, Townsend fut tantôt membre du conseil d’administration, tantôt actionnaire des sociétés suivantes : Yarmouth Marine Insurance Company, Acadian Insurance Companarmouth Commercial Insurance Company, Atlantic Insurance Company et Pacific Insurance Company. Pendant la même période Townsend s’engagea de plus en plus dans l’entreprise hasardeuse du transport maritime ; en 1855, il devint l’un des administrateurs de la Yarmouth Steam Navigation Company qui lança le premier bateau à vapeur ayant son port d’attache à Yarmouth. Townsend devint, en 1865, le premier président de la Bank of Yarmouth et occupa les mêmes fonctions à l’Exchange Bank of Yarmouth en 1869. Son commerce de quincaillerie et de nouveautés lui permit, grâce à sa stabilité, d’affronter les risques financiers que comportaient ses entreprises commerciales.

Il eut un avant-goût de la politique quand il occupa le poste de préfet dans l’éphémère canton de Yarmouth. Cette expérience aiguisa son appétit. Après avoir exercé ses fonctions pendant un an, il fut défait en 1858. Il se présenta, cette fois, comme candidat à l’Assemblée, sous l’étiquette conservatrice, et siégea parmi les députés de l’opposition alors que le gouvernement de Joseph Howe et de William Young* était au pouvoir. Sa défaite en 1863 ne réussit pas à l’écarter de la lutte importante qui s’engageait autour du projet de la confédération. Le candidat qui l’avait battu abandonna son siège en signe de protestation contre la politique de Charles Tupper* et en 1866, Townsend fut réélu, après avoir promis de ne pas appuyer la position de son parti dans la question de la confédération.

Le discours qu’il prononça dans les rangs de l’opposition eut naturellement pour sujet le tort que causerait à Yarmouth l’union projetée. Il s’insurgeait à l’idée de voir le commerce prendre la route de l’ouest de même qu’à l’idée d’augmenter les tarifs douaniers pour payer les dettes du Canada ; il rejetait la thèse selon laquelle tous les ports, sauf Saint-Jean, N.-B., tireraient profit du chemin de fer Intercolonial. Contrairement à la plupart des adversaires notoires de la Confédération, il s’opposait non seulement au projet mis de l’avant à Québec, mais à toute union quelle qu’elle fût. À Yarmouth les esprits étaient tellement échauffés que l’annexion aux États-Unis paraissait plus acceptable, et Townsend en avertit la chambre. Malgré les divergences d’opinions qui le séparaient de son parti, il n’appuya pas les libéraux de William Annand*, mais demeura un tory dissident qui s’était écarté de la ligne de son parti sur la question la plus brûlante de l’époque.

Townsend fut réélu aux élections de 1867, comme adversaire de la Confédération, mais en décembre 1868 il avait acquis la conviction de l’inutilité de sa résistance face à l’organisation politique de John A. Macdonald* et de Charles Tupper. Il écrivit à Howe, le pressant d’accepter un poste au gouvernement fédéral ; il lui fit aussi part de ses hésitations à rester dans l’opposition. Les deux hommes, fatigués et usés, devaient d’ailleurs mourir à quelques mois d’intervalle. Sa santé défaillante obligea Townsend à démissionner en 1872 ; il mourut moins d’un an après.

Townsend reste un personnage historique de peu d’importance, même s’il fut en rapport avec les grands hommes qui appartiennent à une époque légendaire de la Nouvelle-Écosse. C’était un député assez peu loquace, semblable en cela à plusieurs autres députés de la Nouvelle-Écosse ; il s’acquittait de son devoir de membre des comités parlementaires, soumettait les demandes de ses électeurs, distribuait les faveurs politiques et laissait à d’autres les envolées oratoires. Sans les remous suscités par la Confédération, son nom n’aurait jamais franchi les cadres de son milieu familial et social. Pour s’être fait le porte-parole des armateurs et des marchands et pour avoir été l’un des 19 qui, en 1866, s’opposèrent au projet d’union de Tupper, Townsend revêt néanmoins une certaine importance.

Mary Ellen Dubé Clancey

PANS, Joseph Howe papers ; William H. Townsend papers ; Yarmouth genealogy, 17611913, G. S. Brown, compil.— Halifax Chronicle-Herald, 21 mars 1959.— Tribune (Yarmouth), 18631864, 18661867.— Vanguard (Yarmouth), 2 août 1967.— Yarmouth Herald, 1859, 18631867, 18721873.— Debates and proceedings of the House of Assembly of Nova Scotia, 18551861, 18641867.— Directory of N.S. MLAs (Fergusson).— G. S. Brown, Yarmouth, Nova Scotia : a sequel to Campbell’s history (Boston, 1888).— J. R. Campbell, A history of the county of Yarmouth, Nova Scotia (Saint-Jean, N.-B., 1876).— J. M. Lawson, Yarmouth past and present : a book of reminiscences (Yarmouth, N.-É., 1902).— K. G. Pryke, Nova Scotia and confederation, 18641870 (thèse de ph.d., Duke University, 1962).

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Mary Ellen Dubé Clancey, « TOWNSEND, WILLIAM H », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/townsend_william_h_10F.html.

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Auteur de l'article:   Mary Ellen Dubé Clancey
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   1 novembre 2014