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WELLER, WILLIAM, entrepreneur et fonctionnaire, né le 13 mai 1799 dans le Vermont, décédé le 21 septembre 1863 à Cobourg, Haut-Canada.

William Weller quitta le nord de l’état de New York avec son père pour aller s’installer dans le Haut-Canada. En 1829, il acheta de Jonathan Ogden, avec un de ses associés, Hiram Norton, de Prescott, le service de diligences d’York (Toronto) à Kingston. Pendant l’été de 1830, Weller effectuait deux voyages par semaine entre York et Carrying Place sur la baie de Quinte, où l’on pouvait prendre un vapeur pour Prescott. En 1830, il racheta la part de Norton, et, durant l’hiver de cette même année, il travailla avec H. Dickinson de Montréal et de nouveau avec Norton pour établir un service d’York à Montréal cinq fois par semaine. En 1832, Weller acheta de George Playter le service de diligences allant d’ York par la rue Yonge jusqu’ à Holland Landing au nord, et, en 1835, il avait établi un service d’hiver entre Toronto et Hamilton avec un embranchement de Dundas à Niagara. La même année, il établit un service de trois voyages par semaine entre Cobourg, Port Hope et Peterborough, et, en 1844, il commença à mettre en service le vapeur Forester sur le lac Rice. En 1837, Weller était reconnu comme le roi des transports par terre, dont les diligences aux vives couleurs de la Royal Mail Line allaient de Niagara à Montréal. De son quartier général à Cobourg, il gérait également des ateliers de réparation et une manufacture de voitures.

D’après des comptes rendus de voyageurs et les pétitions des colons de la région, la condition des routes du Haut-Canada pendant la première moitié du xixe siècle était effroyable. Les grossiers chemins de rondins construits grâce à des corvées par les membres de la communauté étaient rarement nivelés ou drainés et souvent pleins de trous ; quant aux ponts, il arrivait qu’ils soient emportés par les crues du printemps ou détruits par le feu. On faisait une utilisation considérable des voies d’eau puisque les routes étaient souvent impraticables, sauf pendant les périodes sèches d’été et pendant l’hiver où on pouvait voyager en traîneau. Le voyage d’York à Montréal prenait entre cinq et six jours, et lorsque Weller en personne fit faire ce voyage au gouverneur général Sydenham [Thomson*] en 35 heures et 40 minutes en février 1840, son exploit lui attira de nombreux éloges et Weller gagna £1 000 en paris. Ses succès en affaires lui permirent en 1850 de réduire de $20 à $16 le tarif du voyage Toronto-Montréal. Weller avait des revenus réguliers provenant de contrats de service postal qu’il remplissait toute l’année pour la majeure partie, et quelques-uns en hiver seulement. Entre 1838 et 1852, il avait 12 contrats annuels de livraison de courrier entre Kingston et Montréal qui lui rapportaient £2 625 par an.

Weller fut membre du Bureau de police de Cobourg de 1837 à 1844, puis à nouveau en 1847, et en fut le président en 1838, puis en 1843 et en 1844. À cause de l’intérêt qu’il portait à l’amélioration des routes, il devint, en 1847, un actionnaire de la Cobourg and Port Hope Road Company et président de la Cobourg and Rice Lake Plank Road and Ferry Company. Pendant les années 40 et 50, Cobourg et Port Hope se faisaient concurrence comme débouchés portuaires pour le commerce des cantons à l’intérieur des terres, et les routes et les chemins de fer étaient des facteurs déterminants. En tant que maire de Cobourg en 1850, 1851 et 1863, et en tant que conseiller municipal de 1852 à 1855, puis à nouveau en 1857, Weller participa de près aux efforts de Cobourg pour affirmer sa suprématie. La ville devait accumuler une dette de $800 000 en 1860 alors que ses dettes en 1845 s’élevaient à $2 000. Le conseil municipal emprunta $12 000 en 1848 pour construire l’hôtel de ville Victoria Hall ; en 1850, il acheta la route de Port Hope à Rice Lake pour $14 400, réservant $6 000 à son amélioration, et la Cobourg Harbour Company pour $40 000, consacrant $24 000 à la finition du port ; entre 1852 et 1858, Weller acheta des parts et fit des prêts à la Cobourg and Peterborough Railway Company pour un montant total de $671 775. À la suite de problèmes de construction, le chemin de fer fut abandonné en 1860.

L’utilisation sans cesse croissante des chemins de fer fit tomber en désuétude les services de diligences avant la fin des années 50. Weller était membre du conseil d’administration de deux compagnies de chemin de fer à la fin des années 40 et au début des années 50. Il avait acheté une concession de terrain de 65 acres dans le canton de Hamilton et possédait des lotissements de valeur à Cobourg, dont l’un fut vendu au chemin de fer du Grand Tronc.

William Weller était un personnage pittoresque, robuste, généreux et de bon caractère, plein d’humour et d’entrain. Il semble avoir eu 22 enfants, 11 de sa première femme, Mercy Willcox (Wilcox), qui mourut en 1843, et 11 de sa seconde épouse, Margaret McKechin (Mackechnie). Son plus jeune enfant, John Laing Weller*, fut ingénieur en charge des travaux d’amélioration au canal de Welland qui commencèrent en 1900.

Madelein Muntz

L’auteur a utilisé, pour la rédaction de cette biographie, un album ayant appartenu à Madelein Marcia Weller, bru de William Weller.

APC, RG 1, L3, 538a, bundle 3, no 37 ; RG 11, sér. 2, 411, file 153.— United Counties of Northumberland and Durham Surrogate Court (Cobourg, Ont.), will of William Weller, 22 févr. 1864.— Canada, prov. du, Legislative Assembly, Journals, 1846, 1, app.F ; Statutes, 1846, c.80 ; 1847, c.87, c.94 ; 1852, c.40 ; 1852–1853, c.242.— Thomas Fowler, Journal of a tour through British North America to the falls of Niagara [...] (Aberdeen, Écosse, 1832).— H.-C., Statutes, 1834, c.28 ; 1836, c.19 ; 1837, c.74.— [A. B. Murphy] Jameson, Winter studies and summer rambles in Canada, J. J. Talman et E. M. Murray, édit. (Toronto, 1943).— Town of York, 1815–1834 (Firth).— Valley of the Trent (Guillet).— Christian Guardian, 12 juin 1830.— Church, 26 déc. 1850.— Cobourg Star (Cobourg, Ont.), 11 janv. 1831, 22 janv. 1840, 23 août 1843.— Globe, 23 sept. 1863.— Heritage Kingston, J. D. Stewart et I. E. Wilson, édit. ([Kingston, Ont., 1973]).— Craig, Upper Canada.— E. C. Guillet, Cobourg, 1798–1948 (Oshawa, Ont., 1948) ; The lives and times of the Patriots : an account of the rebellion in Upper Canada, 1837–1838, and the Patriot agitation in the United States, 1837–1842 (Toronto, 1838 ; réimpr., 1968) ; The pioneer farmer and backwoodsman (2 vol., Toronto, 1963).— Middleton, Municipality of Toronto, I : 225.— D. E. Wattie, Cobourg, 1784–1867 (thèse de {{m.a}}., University of Toronto, 1949).— Howard Pammett, The steamboat era on the Trent-Otonabee waterway : 1830–1950, OH, LVI (1964) : 67–104.

Bibliographie générale

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Madelein Muntz, « WELLER, WILLIAM », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/weller_william_9F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   22 septembre 2014