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WELLS, WILLIAM BENJAMIN, avocat, journaliste, homme politique, auteur et juge, né le 3 octobre 1809 dans le comté d’Augusta, Haut-Canada, second fils de William Wells et de Sarah Clough ; le 23 février 1843, il épousa Mary Julia Hogan, et ils eurent quatre fils et cinq filles ; décédé le 8 avril 1881 à Toronto.

William Benjamin Wells était le fils d’un loyaliste qui avait émigré du New Hampshire au Canada en 1787. Il fit des études à l’Augusta Grammar School, sous la direction de John Béthune*, de même qu’aux États-Unis et au Bas-Canada avant de faire son droit dans l’étude de Marshall Spring Bidwell*, à Kingston, Haut-Canada. Inscrit au barreau en 1833, Wells commença d’exercer à Prescott, en association avec Read Burritt. À la même époque, il entreprit une carrière de journaliste réformiste et d’auteur. Pendant quelque temps, avant la rébellion de 1837, il dirigea le Vanguard, de Prescott, et écrivit des articles politiques dans d’autres journaux du Haut-Canada, de Montréal et de New York. Comme il l’écrivait en 1837, la fortune de son père lui permettait d’être libre de toute influence politique. En 1834, et de nouveau en 1836, il avait été élu député de Grenville à la chambre d’Assemblée du Haut-Canada. Il participa activement aux travaux de l’Assemblée et ses opinions politiques, d’abord tout à fait modérées, se révélèrent de plus en plus extrêmes après les élections de 1836.

Pour protester contre la conduite de sir Francis Bond Head* lors de ces élections, Wells refusa d’occuper son siège et il partit pour l’Angleterre en novembre afin de rencontrer le ministre des Colonies, lord Glenelg, pour lui présenter ses objections aux actes de Head et expliquer les exigences des réformistes. Il projetait de se joindre à Robert Baldwin* et au docteur Charles Duncombe*, tous deux partis avant lui, mais il découvrit à son arrivée que ceux-ci avaient déjà quitté l’Angleterre. Wells y demeura cependant presque une année, au cours de laquelle il écrivit et publia Canadiana : containing sketches of Upper Canada, and the crisis in its political affairs. Bien que le livre contînt des inexactitudes et fût outrancier à l’égard de Head et de tories éminents comme John Strachan*, il offrait une présentation claire et bien exposée du programme radical des réformistes de l’époque. Il préconisait des mesures comme le gouvernement responsable, un conseil législatif élu, le contrôle des revenus provinciaux par l’Assemblée, l’abolition des « réserves » du clergé, la séparation de l’Église et de l’État, l’annulation de la charte de la Canada Company, la révision de la charte du King’s College de Toronto, l’abolition du droit d’aînesse, l’adoption du scrutin secret, la réforme du régime de concession des terres et une répartition plus équitable des emplois dans la fonction publique. Le livre se terminait sur la menace d’une rébellion armée et d’une « séparation forcée » des colonies de l’Amérique du Nord britannique, si tous les autres moyens de réforme devaient échouer. Le livre ne semble pas avoir eu un impact tant soit peu remarquable au Haut-Canada mais il reçut une certaine attention des journalistes et des hommes politiques en Angleterre.

Après son retour au Canada, Wells ne prit part ni à l’élaboration des plans ni à la mise en œuvre de la rébellion de 1837. Lorsqu’il apprit la nouvelle du soulèvement à Toronto le 5 et le 7 décembre [V. William Lyon Mackenzie*], il était à Bytown (Ottawa) pour affaires. Il revint à Prescott, mais, croyant qu’un mandat d’arrêt avait été lancé contre lui, il traversa la rivière à destination d’Ogdensburg, New York, le 16 décembre 1837, avec son frère plus âgé, Horace Clough Wells. Au début de 1838, il était en relation avec d’autres réfugiés dans l’état de New York, dont William Lyon Mackenzie et David Gibson*, et, pendant quelque temps, il appuya le mouvement des Patriotes en faveur de la libération du Haut-Canada par l’invasion armée. Il était parmi les Patriotes qui effectuèrent un raid sur l’île Hickory le 22 février 1838, mais on ne s’entend pas sur le rôle qu’il joua lors de cet événement. Un témoin soutint que Wells était du nombre des assaillants et que celui-ci avait été aperçu en compagnie du chef du raid, Rensselaer Van Rensselaer, « ivre au lit avec ses vêtements et ses bottes ». Wells écrivit au Brockville Recorder, en mars 1838, déclarant que ce compte rendu était faux et il produisit plus tard les déclarations écrites sous serment de deux hommes présents au raid pour démontrer qu’il avait eu l’intention, à l’île Hickory, de dissuader les Patriotes d’attaquer le Haut-Canada. De toute façon, les soupçons qu’on entretenait au sujet de ses actes entraînèrent son expulsion de l’Assemblée, le 27 février 1838, par un vote de 30 contre un.

Wells demeura à Ogdensburg parce qu’il croyait être arrêté s’il revenait au Haut-Canada, mais, en réalité, aucune accusation publique ne fut jamais portée contre lui. Quand il l’apprit du bureau du Conseil exécutif, en novembre 1838, en réponse à des requêtes de sa part, Wells retourna à la pratique du droit à Prescott. Il n’occupa plus jamais un emploi électif et, lorsqu’il tenta de reprendre la vie publique en 1847, il ne réussit même pas à être nommé candidat du parti réformiste dans Grenville ; on lui préféra son ancien associé, l’avocat Read Burritt, qui fut député de 1847 à 1851. Dans les années 1840, Wells joua toutefois le rôle de confident et de conseiller politique de Robert Baldwin sur les questions de favoritisme, dans le comté de Grenville. Le gouvernement réformiste de Baldwin et de Louis-Hippolyte La Fontaine* le récompensa en le créant, le 11 janvier 1851, premier juge au tribunal du comté de Kent. Il déménagea aussitôt avec sa famille à Chatham, chef-lieu du comté, où il vécut jusqu’ à sa retraite de la magistrature en 1878. Sa carrière de magistrat, bien que sans histoire, lui valut la réputation d’avoir un jugement sûr. Dans une lettre écrite à Mackenzie en 1859, Wells affirma avoir présidé à 30 000 causes et avoir parcouru 15 000 milles dans l’acquittement de ses fonctions. Il ne perdit jamais l’intérêt qu’il avait eu dans sa jeunesse pour la littérature et le journalisme, et il continua d’écrire des articles sur le droit et le sport dans des périodiques canadiens et américains. Il eut droit à une pension de la province depuis la date de sa retraite, le 2 octobre 1878, jusqu’à sa mort en 1881.

J. K. Johnson

William Benjamin Wells est l’auteur de : Canadiana : containing sketches of Upper Canada, and the crisis in its political affairs (Londres, 1837). Ruth McKenzie, d’Ottawa, possède un manuscrit de I. B. Wells intitulé « A short sketch of the history of Wm. Wells and his family » (1875). En ce qui concerne les autres ouvrages de Wells, V. Morgan, Bibliotheca Canadensis.

AO, MU 1 806, W. B. Wells à W. L. Mackenzie, 30 janv. 1838 ; MU 1 813, 20 mars, 13, 30 juill. 1850, 22 nov. 1851 ; MU 1 814, 4 janv. 1852 ; MU 1 815, 12 déc. 1859.— APC, MG 24, C10 ; MG 26, A, 508 ; 510 ; 514 ; MG 29, D61, 18 ; RG 1, E3, 97 ; RG 68, General index, 1841–1867 : 135.— MTL, Robert Baldwin papers.— H.-C., House of Assembly, Journal, 1835–1838.— Brockville Recorder (Brockville, Ontario), 1er févr., 8, 22 mars, 5 avril 1838.— Armstrong, Handbook of Upper Canadian chronology.— Dominion annual register, 1880–1881.— W. S. Wallace, « The periodical literature of Upper Canada », CHR, 12 (1931) : 4–22.

Bibliographie générale

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J. K. Johnson, « WELLS, WILLIAM BENJAMIN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 17 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/wells_william_benjamin_11F.html.

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Auteur de l'article:   J. K. Johnson
Titre de l'article:   WELLS, WILLIAM BENJAMIN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   17 avril 2014