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WENMAN (Winman), RICHARD, homme d’affaires et fonctionnaire, né en Angleterre, décédé dans sa soixante-dixième année à Halifax, Nouvelle-Écosse, le 28 septembre 1781.

Richard Wenman faisait partie du premier groupe de colons qui arriva à Halifax en juin 1749 à bord du Charlton ; il était accompagné de son épouse et de son fils, Amos. D’après la liste des immigrants, il avait été assistant du canonnier sur l’Advice de la marine royale. Le 27 juillet 1751, il épousa en secondes noces Ann Pyke (née Scroope), mère de John George Pyke*, qui était veuve depuis peu. Les Wenman dirigèrent ensemble l’orphelinat de Halifax. En plus de cette responsabilité et des devoirs civiques qui lui incombaient en tant que résidant, Wenman occupa un certain nombre de fonctions officielles et il lança diverses entreprises commerciales. Nommé juge de paix en 1762, il représenta le canton de Halifax à la chambre d’Assemblée de 1765 à 1770 et il devint capitaine dans la milice de Halifax en 1770. Il exploita une brasserie ainsi qu’une corderie établie en 1754 ; il obtint des contrats pour les fournitures de la prison et de l’asile des pauvres, et il fit le commerce des biens immobiliers dans la ville et la campagne.

Wenman possédait un grand nombre de terrains et, d’après l’évaluation faite en 1776, il était parmi les dix plus riches propriétaires de biens immeubles de Halifax. Il acquit ses terrains grâce à des concessions, des contrats privés, des adjudications et des hypothèques. Il fut au nombre des premiers concessionnaires de Lawrencetown en 1754 et, dix ans plus tard, il se fit concéder une terre de 500 acres (près de l’endroit où se trouve présentement Sackville) connue sous le nom de ferme Wenman Hall. Il donna à bail une grande partie des biens qu’il possédait en ville ; ces biens incluaient quelques terrains commerciaux avantageusement situés, notamment celui de Market House dont il fit l’acquisition en 1760 et pour lequel il versa près de £600 sur une période de 18 ans. L’une de ses maisons, attenante au terrain de l’orphelinat, servit de résidence provisoire au révérend Jacob Bailey* après sa fuite de Pownalborough (près de West Dresden, Maine), en 1779. Le révérend y appréciait particulièrement le jardin anglais planté d’aubépines, de saules et d’arbres fruitiers. Wenman possédait des esclaves, dont Cato, un domestique en livrée, que son maître estima suffisamment pour lui accorder sa liberté par testament, même s’il s’était enfui durant quelque temps en 1778.

Les entreprises de Wenman, variées et, semble-t-il, prospères, l’occupaient bien davantage que son rôle de gardien de l’orphelinat. Mais il s’était intéressé à l’établissement dès sa création en 1752 comme « œuvre de bienfaisance publique », et cet intérêt dura longtemps. Les fondateurs n’avaient pas prévu qu’il allait rester pendant 32 ans sous la dépendance du gouvernement britannique. Dans les années 1750, l’orphelinat était surtout considéré comme un instrument servant à former une main-d’œuvre dans une colonie dont la population était insuffisante. Le lieutenant-gouverneur Charles Lawrence* craignait, en outre, que sans un tel établissement les colons indigents seraient portés à vendre leurs enfants aux Acadiens qui, d’après lui, souhaitaient accueillir des personnes susceptibles d’être converties au papisme. Il y a lieu de croire, cependant, que l’orphelinat, jusqu’à sa fermeture dans les années 1780, et les locaux réservés aux enfants dans l’hospice jusqu’au milieu du xixe siècle servaient avant tout à prendre soin de la progéniture illégitime des militaires et des marins, dans une ville qui pourvoyait servilement aux besoins de la garnison. Lorsque le Board of Trade déplora le fait que les Wenman retenaient en salaire plus d’argent qu’ils n’en dépensaient pour subvenir aux besoins des enfants, Jonathan Belcher en profita pour réduire la dotation et le nombre des bénéficiaires : les £713 accordées pour 40 enfants en 1760 furent ramenées à £384 pour 25 enfants en 1762. Se montrant encore plus économe, le zélé gouverneur Francis Legge réduisit la dotation à £250 en 1774. L’orphelinat constituait néanmoins une bonne petite sinécure pour Wenman et une réserve de main-d’œuvre pour ses fabriques de cordages et de bière. Son épouse Ann se chargeait de la surveillance quotidienne à titre d’intendante – sous l’œil attentif du curateur, le révérend John Breynton – et elle vécut plus longtemps que l’établissement et son gardien, car elle ne mourut qu’en 1792. Dans l’intervalle, les filles de Wenman améliorèrent leur condition sociale par leur mariage : Susanna se maria avec Benjamin Green, fils, qui était trésorier provincial, et Elizabeth Susanna avec William Pringle, lieutenant dans le régiment des Royal Nova Scotia Volunteers.

Judith Fingard

Halifax County Court of Probate (Halifax), Book 2, pp.296s. (testament de Richard Wenman, 26 sept. 1781) ; Book 3, pp.89s. (testament d’Ann Wenman, 18 févr. 1792) (mfm aux PANS).em Halifax County Registry of Deeds (Halifax), 2, pp.371, 381, 391, 406 ; 3, p.62 ; 4, pp.28, 101, 119, 121–123 ; 5, pp.22, 140, 248 ; 9, pp.128, 130 ; 10, pp.89–91, 184 ; 11, p.215 ; 12, p.62 ; 15, pp.300s. ; 18, pp.46–50 (mfm aux PANS).— PANS, RG 1, 29, no 25 ; 30, no 18 ; 32, no 23 : 164, p.195 ; 168, p.41 ; 397 ; 411, no 7 ; 417.— PRO, CO 217/14, ff.186, 347 ; 217/16, f.237 ; 217/18, ff.63, 205–206, 216, 218–225 ; 217/19, ff.145, 151 ; 217/20, ff.26v.–27, 30 ; 217/50, ff.125–126 ; 218/4, ff.177v.–178 ; 218/5, f.49v. ; 218/6, ff.25v.–26, 72v., 96v., 186.— St Paul’s Anglican Church (Halifax), Registers of baptisms, burials, and marriages, 27 juill. 1751, 30 sept. 1781 (mfm aux PANS).— N.-É., House of Assembly, Journal, 1765–1768.— N.S. Archives, I, 507.— Halifax Gazette, 7 juill. 1753, 29 juin 1754.— Nova-Scotia Gazette and the Weekly Chronicle, 6 oct. 1778, 2 oct. 1781.— W. S. Barder, The frontier missionary : a memoir of the life of the Rev. Jacob Bailey [...] (Boston, 1853), 168–171.— Brebner, Neutral Yankees.— Relief Williams, Poor relief and medicine in Nova Scotia, 1749–1783, N.S. Hist. Soc., Coll., XXIV (1938) : 40–45.

Bibliographie générale

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Judith Fingard, « WENMAN, RICHARD », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/wenman_richard_4F.html.

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Auteur de l'article:   Judith Fingard
Titre de l'article:   WENMAN, RICHARD
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   23 août 2014