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WHITE, EDWARD, capitaine de phoquier, constructeur de navires, chef méthodiste laïque et homme politique, né le 9 octobre 1811 à Tickle Cove, dans la baie de Bonavista, Terre-Neuve, aîné des quatre enfants de William et Mary White ; en 1835, il épousa Anne Weir, de St John’s, et ils eurent huit enfants ; décédé à St John’s le 1er juin 1886.

Edward White appartenait à une famille de pêcheurs originaire du sud-ouest de l’Angleterre qui s’était établie à Terre-Neuve depuis trois générations. Dès l’âge de huit ans, il naviguait avec son père dans les eaux du nord de Terre-Neuve et du Labrador. Autodidacte, White se rendit pendant sa jeunesse à St John’s où il fit l’acquisition d’une petite flotte de schooners côtiers qui lui permit de se lancer dans le commerce avec le Labrador, le Canada et le Brésil. En 1850, parce qu’il avait un dossier de navigation vierge, il fut appelé à témoigner à Québec, à l’occasion d’une enquête de l’Assemblée législative de la province du Canada sur la navigation dans le périlleux détroit de Belle-Isle, et il fournit aux autorités canadiennes les cartes de ce secteur qu’il avait dressées lui-même.

On se souvient de White surtout comme patron de phoquier. Il fit son premier voyage dans les régions arctiques en 1838 et, durant les 45 années suivantes, il se livra à la chasse au phoque sur ses propres bateaux ou sur des navires dont il partageait la propriété avec la firme Job Brothers and Company de St John’s et Liverpool, Angleterre. L’un des premiers à utiliser de grands vapeurs en bois, White dirigea la construction du Nimrod (sur lequel Ernest Henry Shackleton accomplit son expédition dans l’Antarctique en 1907–1909), du Hector et du Neptune à Dundee, en Écosse, et il mena ces navires à la chasse au phoque. Entre 1866 et 1882, il rapporta à terre près de 300 000 phoques, prises dont la valeur atteignait presque le million de dollars. Comme patron de phoquier, si l’on en croit ses contemporains ainsi que les ballades traditionnelles des chasseurs de ce temps, il possédait une grande habileté, l’expérience d’une carrière qui remontait aux premiers temps de la chasse, une indomptable énergie et une discipline spartiate.

L’un des chefs laïques des méthodistes de St John’s, White fut nommé au Conseil législatif en 1861 par Hugh William Hoyles ; en 1882, sir William Vallance Whiteway* le nomma au Conseil exécutif où il représenta sous son gouvernement les méthodistes en tant que ministre sans portefeuille. Au cours des années 1860, White s’était fait un ardent défenseur de l’union avec les autres colonies de l’Amérique du Nord britannique dans une fédération, et, en 1867, il fit campagne en faveur de ce projet. En 1870, il fit adopter les premiers règlements sur la chasse au phoque ; il soutint qu’il fallait établir une date fixe pour l’ouverture de la chasse afin de s’assurer que les jeunes phoques avaient atteint une taille suffisante au moment de l’abattage ; à cette époque, il se prononça également pour l’interdiction de chasser le dimanche. Il préconisa des mesures visant à la mise en valeur de l’intérieur de l’île au moyen de la construction ferroviaire et de l’exploration minière ; il acquit lui-même des droits d’exploration sur un grand nombre de terrains et en rendit plusieurs productifs. White s’intéressait aussi à la culture expérimentale et, dans la ferme de 50 acres qu’il possédait à l’ouest de St John’s (où se trouve l’actuel parc Bowring), il tenta de faire pousser du céleri, des tomates, du maïs, des fraises et d’autres « produits exotiques ».

C. W. Andrews et G. M. Story

Arch. privées, G. M. Story (St John’s), Edward White family papers.— Canada, prov. du, Assemblée législative, App. to the journals, 1851, I, app.T.— Colonist (St John’s), 12 sept. 1888.— Evening Mercury, 12, 13 janv. 1883, 1er juin 1886.— Terra Nova Advocate and Political Observer (St John’s), 2 juin 1886.— Chafe’s sealing book (1923), 23, 31, 36, 41s., 48–56, 95, 97, 100, 102.— G. M. Story, George Street Church, 1873–1973 (St John’s, 1973), 18, 23, 50s., 53 ; « Hon. Edward White : a great sealing captain », Newfoundland Record (St John’s), 1 (1962), n3 : 21s.

Bibliographie générale

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C. W. Andrews et G. M. Story, « WHITE, EDWARD (1811-1886) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/white_edward_1811_1886_11F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   23 octobre 2014