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Titre original :  Nova Scotia Archives - Gideon White Family Papers - Exhibit

Provenance : Lien

WHITE, GIDEON, juge de paix, marchand, fonctionnaire, homme politique, officier de milice et juge, né en mars 1753 à Plymouth, Massachusetts, fils du capitaine Gideon White, yeoman, et de Joanna Howland, tous deux descendants des Pèlerins, et cousin d’Edward Winslow* ; le 17 avril 1787, il épousa à Shelburne, Nouvelle-Écosse, Déborah Whitworth, fille du docteur Miles Whitworth, de Boston, et ils eurent neuf enfants qui atteignirent tous l’âge adulte ; décédé le 30 septembre 1833 à Shelburne.

En juin 1775, dix jours après la bataille de Bunker Hill, Gideon White faisait à Simeon Perlons*, de Liverpool, en Nouvelle-Écosse, le récit de cet engagement auquel il avait assisté. Négociant de Plymouth, il venait d’arriver de Boston, effectuant un voyage d’affaires dans les ports de la Nouvelle-Écosse, dont Port Roseway (Shelburne). On ne sait pas où il alla au cours des mois qui suivirent ; il n’est donc pas certain qu’il soit le Gideon White qui prit part à l’évacuation de Boston en mars 1776. Toutefois, l’été suivant, White se trouvait de nouveau en Nouvelle-Écosse. En septembre, un corsaire américain le captura au large de Barrington et l’emmena au Massachusetts. White fut emprisonné puis mis en résidence surveillée à Plymouth ; en octobre 1777, il revint en Nouvelle-Écosse et passa l’hiver de 1777–1778 à Liverpool. En septembre 1779, il était à New York, puis il fit du commerce dans les Caraïbes pendant un an en tant que capitaine du schooner Apollo. Par la suite, White devint marchand à Charleston, en Caroline du Sud, où il servit aussi comme capitaine dans la milice locale avant de retourner à New York en juillet 1782. À ce moment-là, à titre de capitaine du Duke of Cumberland’s Régiment, il se rendit en Jamaïque pour recruter des soldats, mais comme la fin des hostilités approchait, on n’avait plus besoin de recrues ; il revint donc à New York à la fin de l’automne pour attendre l’évacuation.

À ce moment-là, des réfugiés de New York formèrent une association qui avait pour but d’organiser un établissement à Port Roseway. Parce qu’il était un de ceux qui connaissaient bien la destination choisie, White put fournir des conseils et des renseignements utiles. Il devint membre des Port Roseway Associates, comme on les appelait, mais sa mauvaise santé l’empêcha de les accompagner lorsqu’ils partirent pour la Nouvelle-Écosse au printemps de 1783. Cet été-là, White retourna plutôt en Jamaïque afin d’aider à rassembler son régiment dispersé et à le ramener en Nouvelle-Écosse où les hommes devaient recevoir des terres. Il arriva à Halifax en février 1784 et, au printemps, s’en alla à Shelburne avec quelques hommes de son régiment. Les soldats du Duke of Cumberland’s Régiment reçurent des terres dans la région de la baie de Chedabucto, mais White ne prit jamais possession des 850 acres qui lui furent octroyées.

La lettre de recommandation que White présenta à John Wentworth*, inspecteur général des forêts du roi, porta fruit, puisque le gouverneur John Parr* le nomma juge de paix du comté de Halifax en mai 1784. Joseph Tinkham, de Liverpool, ancien associé d’affaires de White, lui expédia une charpente de maison à Shelburne où White avait reçu un terrain de 50 acres et un lot de ville. Au sujet de l’avenir de Shelburne, White semble s’être montré plutôt optimiste : « C’est sacrément dur, bien que dans les prochaines années ce sera très acceptable [...] Et le commerce sera bientôt actif. On fait aussi maintenant la pêche à la baleine et à la morue. » En dépit du sol rocailleux de la région, White réussit à tirer un revenu d’un surplus de produits agricoles, avec l’aide de huit familles noires qui étaient ses fermiers. Il fit aussi du commerce, sur une petite échelle, et il employa Ward Chipman, du Nouveau-Brunswick, pour recouvrer ses créances. Toutefois, la principale source de capital sur laquelle White put compter fut la demi-solde qu’il reçut jusqu’à sa mort, à titre d’officier britannique.

Une fois établi sur sa terre, White obtint de nombreuses nominations. À titre d’ancien capitaine, il remplit les fonctions de greffier adjoint de la Cour de vice-amirauté. Il occupa la charge de juge de paix du comté de Shelburne durant plusieurs années, ainsi que celle de custos rotulorum. En 1790, il fut élu député du canton de Barrington à la chambre d’Assemblée et le demeura jusqu’à ce que John Sargent lui succède en 1793 ; sa carrière politique fut toutefois peu importante. Il chercha à obtenir le poste d’intendant adjoint du commerce maritime et réussit finalement en avril 1795. Au cours des années suivantes, il fut chargé de saisir les navires, vaisseaux et marchandises sujets à confiscation, en plus d’être douanier des comtés de Shelburne et de Queens, receveur des douanes et protonotaire adjoint. Il fut aussi shérif, major du 22nd (Shelburne) Battalion of Militia, commissaire des ponts et de la voirie et juge de la Cour inférieure des plaids communs.

Toute sa vie, White maintint des liens constants avec sa famille et ses amis du Massachusetts, et il visita cet état en 1787 et en 1791. À titre d’exécuteur testamentaire de son beau-frère, White passa près d’une année en Angleterre où il tenta de régler la succession de telle façon que son propre fils, Nathaniel Whitworth, ait les moyens de fréquenter Harvard. White eut toujours du mépris pour la colonie rebelle, mais il est possible que l’hostilité qu’il ressentait à son égard ait diminué quelque peu au moment de la mort de sa mère en 1811, puisqu’il proposa alors de s’installer aux États-Unis afin d’être près de sa sœur. Mais sa vieille loyauté refit surface immédiatement après la guerre de 1812 : dans une lettre à son fils revenu depuis peu des États-Unis, il demandait : « Est-ce que les Yankees nous regardent avec bienveillance, nous les Néo-écossais britanniques ? Ils ont échappé à la verge qui, je l’espérais, les blesserait au vif – mais c’est ainsi ! » En 1821, ses vieux amis lui rendirent hommage en le faisant membre honoraire de la Pilgrim Society, qui réunissait des descendants du premier enfant blanc né en Nouvelle-Angleterre. Cette société succédait à l’Old Colony Club dont son frère aîné, Cornelius, avait été un membre fondateur.

À titre de fonctionnaire dévoué, Gideon White apporta une contribution importante à Shelburne. Il persévéra malgré les conditions difficiles de la fin des années 1780 qui marquèrent le déclin rapide de la ville. Même après le grand incendie de 1792, au cours duquel il subit de lourdes pertes, White resta à Shelburne, alors que plusieurs autres perdirent espoir et partirent. Sa plus grande contribution à l’histoire de la Nouvelle-Écosse est sans doute la collection de papiers personnels qu’il laissa ; il y décrit ses succès en agriculture et ses tentatives d’établir une école, raconte les efforts des habitants de Shelburne pour combattre l’incendie de la ville et expose les conditions générales, sociales et culturelles de son époque.

Mary M. Harvey

APC, MG 9, B9-14, vol. 1 : 3–22.— PANS, MG 1, 947–960 ; RG 1, 169 ; 172 ; 223 ; 444 ; 446.— PRO, CO 137/84.— Perkins, Diary, 1766–80 (Innis).— « Records of the Old Colony Club », Mass. Hist. Soc., Proc. (Boston), 2e sér., 3 (1886–1887) : 382–444.— A calendar of the White collection of manuscripts in the Public Archives of Nova Scotia, Margaret Ells, compil. (Halifax, 1940).— Jones, Loyalists of Mass.— Loyalists in N.S. (Gilroy).— Mayflower families through five generations : descendants of the Pilgrims who landed at Plymouth, Mass., December 1620, L. M. Kellogg, édit. (1 vol. paru, Plymouth, Mass., 1975–  ).— [Thomas et Samual White], Ancestral chronological record of the William White family, from 1607–8 to 1895 (Concord, [N.H.], 1895).

Bibliographie générale

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Mary M. Harvey, « WHITE, GIDEON », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/white_gideon_6F.html.

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Auteur de l'article:   Mary M. Harvey
Titre de l'article:   WHITE, GIDEON
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   21 novembre 2014