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WILLMOTT, JAMES BRANSTON, dentiste et éducateur, né le 15 juin 1837 près de Milton, Haut-Canada, fils de William Willmott et d’Ann Coats ; le 15 septembre 1864, il épousa Margaret Taylor Bowes, sœur de Sarah Bowes et nièce de John George Bowes*, et ils eurent trois enfants, dont deux moururent en bas âge ; décédé le 14 juin 1915 à Toronto.

James Branston Willmott naquit de parents anglais dans une ferme près de Milton ; il avait deux frères. Il étudia les arts au Victoria College de Cobourg en 1854–1855, mais dut s’arrêter pour des raisons de santé. En 1858, il commença son apprentissage de dentiste au cabinet de William Case Adams à Toronto. L’année suivante, il ouvrit son propre bureau dans la rue King ; fervent méthodiste, il marqua cet événement en décidant de payer sa dîme. En 1860, il s’installa à Milton où, tout en exerçant le métier de dentiste – il voyait aussi des clients à Waterdown, Oakville et Dundas –, il tenait une pharmacie. En plus, il s’engagea dans les affaires locales : élu conseiller municipal, il fut juge de paix à compter de 1863. Il s’était mis à l’étude du droit en autodidacte et il passait beaucoup de temps, surtout à l’heure du dîner, à suivre des procès. Cette expérience lui fut utile, car il collabora étroitement à la conception de la loi de 1868 qui établit le Royal College of Dental Surgeons of Ontario et donna au conseil de ce collège le pouvoir de fonder une école [V. Barnabas W. Day*].

En 1870–1871, Willmott fréquenta le Philadelphia Dental College, où il obtint un doctorat en chirurgie dentaire. Il quitta ensuite Milton pour Toronto, où il se remit à exercer. Malgré un astigmatisme chronique qui serait corrigé seulement quand il aurait 38 ans, Willmott possédait manifestement de grandes aptitudes. Il fut élu secrétaire du conseil d’administration du Royal College of Dental Surgeons en 1870 et fut placé, avec Luke Teskey, à la direction de la School of Dentistry. Cette école, la première au Canada à donner une formation continue en art dentaire, accueillit 11 étudiants à son ouverture en novembre 1875. Vers ce moment, la New York State Dental Society décerna à Willmott une maîtrise en dentisterie ; en 1878, le Royal College of Dental Surgeons lui remettrait à son tour une maîtrise en chirurgie dentaire.

Administrateur et professeur exemplaire, Willmott dirigea l’école dès ses débuts. La durée du cours passa à deux sessions en 1876, puis à trois ; les critères d’admission étaient haussés régulièrement. Sur l’initiative de Willmott, l’école s’installa dans des locaux plus grands en 1878, en 1887, en 1896 et en 1909. Un des principaux objectifs de Willmott, l’affiliation à la University of Toronto, fut atteint en 1888. Le premier doctorat en art dentaire conféré par une université de l’Empire britannique fut remis dans cette école le 2 avril 1889. En 1892, l’école fut réorganisée : le conseil en assuma la gestion et, l’année suivante, Willmott fut nommé officiellement doyen. Avec son appui, l’école négocia en 1907–1908 en vue de devenir une faculté universitaire, mais l’université rejeta la proposition. Willmott allait enseigner jusqu’à sa mort en 1915.

Durant 40 ans, Willmott exerça son influence à toutes les étapes du développement de l’art dentaire en Ontario ; il inspirait le respect au delà des frontières. C’était un homme modeste, mais il était difficile de lui damer le pion dans un débat. Il fut le premier, en 1903, à être élu président de la Canadian Dental Association. En 1909, l’Ontario Dental Association donna en son honneur un remarquable vitrail à la nouvelle School of Dentistry. Pour sa principale contribution, à savoir son inlassable travail dans le domaine de la formation des dentistes, Willmott reçut en 1914 un doctorat en droit de la University of Toronto ; il était le premier dentiste canadien à recevoir un tel honneur. À sa mort, un de ses anciens étudiants, Charles Nelson Johnson, doyen du Chicago College of Dental Surgery, déclara : « [Willmott] a eu une importance inestimable dans l’organisation de l’art dentaire au Canada. J’ignore en quelle contrée la profession [...] a une dette plus grande envers un seul individu que la profession au Canada envers le docteur Willmott. » En organisant la formation en art dentaire, Willmott contribua à transformer des artisans itinérants qui n’étaient soumis à aucune réglementation en un groupe professionnel doté d’un statut universitaire reconnu et d’une réputation internationale.

James Branston Willmott avait été un fervent libéral dans sa jeunesse. À part l’art dentaire, les œuvres de l’Église étaient son principal domaine d’intérêt. En 1872, après s’être installé à Toronto, il se joignit à l’église Metropolitan, où il exerça au fil du temps la plupart des fonctions laïques. En 1915, lorsqu’il mourut au Toronto Général Hospital, il était toujours doyen de l’école d’art dentaire et secrétaire de l’Ontario Dental Board. Le fils et associé de Willmott, Walter Earl, suivrait les traces de son père et servirait la profession à divers titres pendant plus de 50 ans.

Anne Carlyle Dale

James Branston Willmott a publié deux articles, « The Royal College of Dental Surgeons of Ontario » et « History of dental education in Ontario » dans Hya Yaka (Toronto), 4 (1906–1907), no 1 : 1–4 et 6 (1908–1909), no 1 : 6–8.

Dental Museum, Univ. of Toronto, Faculty of dentistry, J. B. Willmott, livres de comptes quotidiens, 1859–1864 ; témoignage présenté à Willmott quand il a quitté Milton pour aller exercer à Toronto, Milton, Ontario, 11 juill. 1871 ; publicité imprimée, Milton, [Ontario], sept. 1860 ; carte d’affaires, Toronto, s.d.— Univ. of Toronto Library, Faculty of Dentistry Library, Biog. file.— « Banquet to Dr. J. B. Willmott », Dominion Dental Journal (Toronto), 21 (1909) : 195–229.— « Biographical sketch of the life of Dean James Branston Willmott, 1837–1915 », Oral Health (Toronto), 14 (1924) : 227–232.— Canada Journal of Dental Science (Toronto), 4 (1878–1879) : 90.— Canadian album (Cochrane et Hopkins), 1 : 67.— Cyclopædia of Canadian biog. (Rose et Charlesworth), 2.— Dominion Dental Journal, 1 (1889) : 18, 133s. ; 11 (1899) : ls. ; 27 (1915) : 419 ; 38 (1926) : 144–150.— D. W. Gullett, A history of dentistry in Canada (Toronto, 1971).— Hya Yaka, 2 (1904–1905), no 1 : 8–11.— Polk’s dental register and directory of the United States and Canada [...] (Detroit), 1900–1901 : 707 ; 1906 : 989.— W. E. Willmott, « History of dentistry in Ontario », Dominion Dental Journal, 39 (1927) : 167–170.

Bibliographie générale

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Anne Carlyle Dale, « WILLMOTT, JAMES BRANSTON », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/willmott_james_branston_14F.html.

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Auteur de l'article:   Anne Carlyle Dale
Titre de l'article:   WILLMOTT, JAMES BRANSTON
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   21 novembre 2014