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WILSON, JAMES CROCKET, instituteur, manufacturier et homme politique, né le 19 juillet 1841 à ou près de Rasharkin (Irlande du Nord), fils de Samuel Wilson et d’Elizabeth Crocket ; le 6 novembre 1865, il épousa à l’église presbytérienne de Beauharnois, Bas-Canada, Jeanie Kilgour ; décédé le 8 octobre 1899 à Montréal et inhumé le 10 à l’église presbytérienne Crescent Street.

James Crocket Wilson est encore bébé lorsque ses parents immigrent en 1842 à Montréal, où il grandit. Malgré le peu de ressources financières de son père, menuisier au service du Grand Tronc, il réussit à s’instruire grâce à l’aide d’un ami. Après ses études à la McGill Normal School, il enseigne à Beauharnois à compter de 1859. Cependant, l’enseignement ne répond pas à ses attentes. Plutôt attiré par les affaires, Wilson commence à travailler en 1862 à titre de commis dans une librairie de Belleville, au Haut-Canada, puis dans une agence de presse à Toronto. C’est toutefois en 1863 qu’il fait sa véritable entrée dans le monde des affaires. Un éditeur de New York, T. W. Strong, l’engage au poste de commis. Wilson montre de telles qualités d’efficacité et d’initiative qu’on lui confie des responsabilités accrues au sein de l’entreprise. Toutefois, en 1867, puisque sa femme a le mal du pays, il revient à Montréal où il obtient un emploi de caissier et de teneur de livres pour la manufacture de papier Angus, Logan and Company.

En 1870, se croyant suffisamment expérimenté et impatient de posséder sa propre affaire, Wilson, nanti d’un capital modeste mais bien épaulé par ses employés, met sur pied une manufacture de sacs de papier à Montréal. L’entreprise connaît un tel succès que, pour s’assurer un approvisionnement régulier et moins coûteux, il décide de construire une papeterie. C’est pourquoi en 1879 il bat la campagne autour de Montréal, à la recherche d’un emplacement. Le petit village de Lachute lui semble un endroit tout indiqué en raison de sa situation à la fois sur la rivière du Nord, source d’énergie hydraulique, et sur la ligne du chemin de fer de Québec, Montréal, Ottawa et Occidental. Wilson en arrive rapidement à une entente avec les autorités locales qui, comme il est courant de le faire à l’époque, lui accordent une exemption de taxes pour une période de 20 ans à condition qu’il implante sa manufacture au lieu dit, dans les délais prévus et conformément aux plans et devis contenus dans sa requête.

Exploitée à partir du début d’avril 1881, la papeterie de Wilson occupe, deux ans plus tard, le premier rang au Canada dans le secteur de la fabrication du papier manille. L’entreprise connaît ensuite une croissance rapide. L’installation d’une deuxième machine en 1885 se révèle vite insuffisante. L’usine initiale est considérablement agrandie entre 1891 et 1893, puis dotée d’une troisième machine en 1894, ce qui fait de l’entreprise l’une des plus importantes au Canada dans ce secteur d’activité. Vers 1896, la J. C. Wilson and Company a la maîtrise de toute la force hydraulique de la rivière du Nord à la hauteur de la manufacture de Lachute, ce qui permettra de mettre en marche une quatrième machine en 1900. Entre-temps, Wilson a transféré sa production de sacs de papier à Lachute en 1890 et, afin de s’assurer un approvisionnement supplémentaire de matières premières, il a racheté en 1893 l’usine de pâte que MM. Delisle (probablement les fils d’Alexandre-Maurice Delisle*), de Sainte-Cunégonde (alors annexée à Montréal), avaient établie à Saint-Jérôme. À la fin du xixe siècle, la compagnie de Wilson exploite l’une des plus grosses entreprises de fabrication de papier au Canada, laquelle possède, outre les usines de Lachute et de Saint-Jérôme, une fabrique et un entrepôt à Montréal, ainsi qu’une succursale à Londres.

Sur le plan social, Wilson adopte le comportement des bourgeois de son temps. Membre du Bureau de commerce de Montréal, il fait partie d’une loge maçonnique et se montre un presbytérien actif ; il prête aussi son concours à des organismes culturels et à de nombreuses œuvres philanthropiques. Il est, entre autres, membre à vie du conseil d’administration du Montréal General Hospital. Wilson tâte également de la politique. Après avoir été conseiller municipal à Montréal en 1880, puis réélu sans opposition en 1883, il représente la circonscription d’Argenteuil sous la bannière conservatrice à la chambre des Communes, à Ottawa, de 1887 à 1891. Riche, il n’hésite pas à manifester sa réussite matérielle par des signes visibles, par exemple cette résidence d’été cossue, juchée sur une hauteur derrière ses installations de Lachute, d’où il peut admirer les Laurentides tout en ayant la ville à ses pieds. Enfin, comme tout bourgeois de l’époque, Wilson croit fermement dans les vertus de la famille. À sa mort, il laisse cinq enfants, dont trois fils prêts à prendre sa relève.

James Crocket Wilson doit être rangé parmi les hommes entreprenants qui composent la bourgeoisie montante de la fin du xixe siècle au Québec. À l’instar de celle des Jean-Baptiste Rolland* et Thomas Henry Ayers, qui sont aussi dans la région des Laurentides à cette époque, sa vie est l’« histoire d’une réussite ».

Serge Laurin

ANQ-M, CE1-120, 10 oct. 1899 ; État civil, Presbytériens, Beauharnois, 6 nov. 1865.— L’Événement, 10 oct. 1899.— Monetary Times, 13 oct. 1899.— Montréal Daily Star, 9 oct. 1899.— Watchman and Ottawa Valley Advocate (Lachute, Québec), 1879–1899.— Canadian directory of parl. (Johnson).— Canadian men and women of the time (Morgan ; 1898).— Cyclopædia of Canadian biog. (Rose et Charlesworth), 2 : 149–150.— J. Desjardins, Guide parl.— É.-J.[-A.] Auclair, Saint-Jérôme de Terrebonne (Saint-Jérôme, Québec, 1934), 105–106, 342–345.— Hélène Champoux et Mario Nadon, Saint-Jérôme, en mots et en images ; 150 ans de fierté, 1834–1984 ; album souvenir (Saint-Jérôme, 1984).— J.-C. Lamothe, Histoire de la corporation de la cité de Montréal depuis son origine jusqu’à nos jours [...] (Montréal, 1903), 816–817.— G. R. Rigby, A history of Lachute [...] (Lachute, 1964).— Cyrus Thomas, History of the counties of Argenteuil, Que., and Prescott, Ont., from the earliest settlement to the present (Montréal, 1896 ; réimpr., Belleville, Ontario, 1981).

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Serge Laurin, « WILSON, JAMES CROCKET », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 31 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/wilson_james_crocket_12F.html.

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Auteur de l'article:   Serge Laurin
Titre de l'article:   WILSON, JAMES CROCKET
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   31 juillet 2014