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WINGFIELD, ALEXANDER HAMILTON, mécanicien, fonctionnaire et poète, né le 1er août 1828 à Blantyre, Écosse ; il épousa Margaret Malcolmson, et ils eurent deux fils et deux filles ; décédé le 8 août 1896 à Hamilton, Ontario.

Alexander Hamilton Wingfield n’avait que six semaines quand ses parents l’emmenèrent à Glasgow. Dès l’âge de dix ans, il travailla dans une filature de coton ; il est peu probable qu’il ait reçu beaucoup d’instruction. En 1847, il émigra à Auburn, dans l’état de New York, où il vécut trois ans avant de s’installer à Hamilton, dans le Haut-Canada. Wingfield travailla comme mécanicien dans la salle des chaudières pour la Great Western Railway Company durant 18 ans. Il devint ensuite agent des douanes dans le port de Hamilton.

Wingfield fut un poète populaire à Hamilton. Ses écrits traitaient d’incidents de la vie de tous les jours, des gens, de son amour pour l’Écosse et de sa fierté d’être Canadien. En 1873, il publia Poems and songs, in Scotch and English, recueil de poèmes de 255 pages qu’il dédia à Joseph Price, directeur général de la Great Western. Publiés à Hamilton, les 1 500 exemplaires du livre s’envolèrent en moins de trois semaines. Capable d’improviser en vers, Wingfield était un artiste en demande dans les banquets ou les réunions comme celles de la Victoria Lodge du conseil suprême de l’Independant Order of Foresters, dont il était membre.

En poésie, Wingfield s’inspirait des « lais sans prétention » de son bien-aimé Robert Burns. Certains morceaux, comme There is no royal road to heaven, ont un ton égalitaire, quoique chrétien. Il composa aussi des poèmes moralisateurs : Ne’ er talk lightly o’ a women ou It’s best to ha’e ceevility, et des élégies sentimentales sur la mort des enfants : Crape on the door. Un bon exemple de sa fierté d’être Écossais et Canadien est offert par The land that’s truly free :

Y a-t-il un Écossais qui n’a pas chaud au cœur
                        Lorsqu’il songe à son pays ?
                        Il est toutefois un autre pays
                        Qui est pour moi tout aussi cher –
                        Le Canada, unique terre
                        Dont les fils sont vraiment libres.

Ses œuvres exprimaient aussi ce qu’il ressentait à l’égard de Hamilton et de ses institutions, notamment le 13th Battalion Volunteer Militia Infantry.

Dans sa préface à Poems and Songs, Alexander Hamilton Wingfield déclare : « C’est l’ère non seulement de l’invention mécanique, censée être la véritable antithèse de la poésie, mais – pis encore – de la critique, dont les terreurs font taire les poètes timorés. » Et il pose la question : « Mais la poésie peut-elle naître au milieu du bruyant cliquetis du métier à tisser, du ronronnement des roues, du tintement des marteaux, des sifflements stridents et du vrombissement de la locomotive ? » Pourtant, en publiant ses poèmes dans les journaux locaux – ce qu’il lui arrivait souvent de faire –, Wingfield trouvait une solution heureuse à ses problèmes. « Et c’est ainsi que, dans le résultat et le triomphe conjoints de deux forces prétendument antipoétiques, celles de la mécanique et de la critique réunies – la presse écrite – le poète trouve, sinon des ailes avec lesquelles s’envoler, du moins le médium [grâce auquel] il peut facilement tenir le coup. » Comme les écrits de son compatriote écossais-canadien et contemporain Evan MacColl, les poèmes de Wingfield témoignent d’une poésie écossaise transplantée en sol canadien.

John Ferns

En plus de Poems and songs, in Scotch and English (Hamilton, Ontario, 1873), Alexander Hamilton Wingfield a publié The centennial : an international poem (Toronto, 1878), et les paroles pour deux œuvres de musiciens locaux : Fair Canada : patriotic song (Ottawa, 1873), mise en musique par George Frederick De Vine, et Under the snow (not lost but gone before) (Toronto, 1878), dont la musique est de Robert Steele Ambrose*. La dernière chanson est reproduite dans The Canadian musical heritage, Elaine Keillor et al., édit. (9 vol. parus, Ottawa, 1983-  ), 3 : 175–177.

AO, RG 22, sér. 205, nº 4329.— HPL, Clipping file, Hamilton biog., Alexander Wingfield (poet) (1828–1896) ; Katharine Greenfield, « Some authors of Victorian Hamilton » (copie dactylographiée, 1968) ; Picture coll., Hamilton portraits, A. H. Wingfield ; Scrapbooks, R. Butler, « Saturday musings » ; J. Tinsley, « Old Hamiltonians ».— Hamilton Spectator, 10 août 1896.— DHB.— C. C. James, A bibliography of Canadian poetry (English) (Toronto, 1899).— Watters, Checklist of Canadian literature (1972).

Bibliographie générale

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John Ferns, « WINGFIELD, ALEXANDER HAMILTON », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/wingfield_alexander_hamilton_12F.html.

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Auteur de l'article:   John Ferns
Titre de l'article:   WINGFIELD, ALEXANDER HAMILTON
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   22 novembre 2014